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Depuis deux ans, le manque de financement des infrastructures, surtout pour la gestion de l’eau, fait partie des demandes des municipalités envers Québec. Alors que la campagne électorale est bien entamée, est-ce que les engagements des partis sont à la hauteur des demandes dans nos régions?
Les craintes liées aux infrastructures d’eau font partie des enjeux qui touchent les électeurs, selon un sondage de l’Union des municipalités du Québec publié mercredi, 57 % des Québécois craignent que l’accès à l’eau potable devienne problématique au cours des dix prochaines années.
Pour l’UMQ, ce résultat confirme l’urgence d’agir pour préserver les infrastructures municipales qui assurent des services publics essentiels, comme l’eau potable.

La Ville de Trois-Rivières, à elle seule, a besoin de 500 M$ de travaux pour entretenir ses infrastructures de gestion des eaux. (Photo : 16 septembre 2026)
Photo : Radio-Canada / Martin Chabot
En Mauricie, Trois-Rivières, la plus grande ville, nécessite les plus grands investissements pour la mise à niveau de ses infrastructures. Selon un courriel du porte-parole de la municipalité, Mikaël Morissette, le budget municipal pourrait consacrer jusqu’à 500 M$ en 10 ans à la réfection de ses infrastructures d’eau.
Prochains projets de gestion des eaux de Trois-Rivières :
- Collecteur pluvial sur la rue du Père-Daniel : 37,5 M$
- Rénovation des réservoirs d'eau potable à Saint-Louis-de-France : 25 M$
- Séparation des réseaux d'égouts sur le boulevard Barkoff : 30 M$
- Connexion et transfert des eaux usées de Saint-Louis-de-France vers les étangs aérés de Sainte-Marthe-du-Cap : 35 M$
Le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, indique que plusieurs facteurs influencent ces besoins criants pour la région.
Chaque année, on monte en moyenne de 1000 personnes de plus qui s'ajoutent à la population. Ça veut dire plus de gens qui prennent de l'eau, donc c'est plus de tuyaux à amener pour amener l'eau. Même chose pour les eaux usées, donc ça, c'est fondamental. Il y a aussi l'âge de nos municipalités. On va fêter bientôt notre 400e, ça veut dire que notre réseau est vieux, explique-t-il.
Il indique que les changements climatiques pourraient également faire en sorte que les besoins deviennent encore plus grands au cours des prochaines années.

Les infrastructures d'eau potable et de gestion des eaux usées sont deux importantes dépenses de plusieurs municipalités en Mauricie et dans le Centre-du-Québec. (Photo : 16 septembre 2026)
Photo : Radio-Canada / Martin Chabot
Les gros coups de pluie, c'est sûr que, sur les eaux usées, ça a un effet immédiat, c'est très, très clair. Et la sécheresse dans certains cas. Rappelons que, notre source principale d'approvisionnement en eau potable, elle vient de la rivière Saint-Maurice, traitée bien entendu, mais il s'agirait que la rivière soit plus basse et on aurait de la turbidité, ajoute-t-il.
Il déplore le peu de place accordée jusqu’à maintenant par les partis politiques à ce dossier.
Ailleurs en Mauricie, dans les plus petites municipalités, les besoins sont grands aussi et il s’agit d’enjeux qui ont largement fait la manchette au cours des dernières années, on peut penser à la saga de l’eau potable à Shawinigan, ou encore de l’usine de traitement de l’eau de Saint-Tite.

L'Union des municipalités affirme que les citoyens sont très inquiets des enjeux d'eau potable dans leurs régions. (Photo : 16 septembre 2026)
Photo : Radio-Canada / Martin Chabot
Saint-Boniface a elle aussi eu sa part de problèmes de gestion de l’eau, avec une eau du robinet qui devient jaune et qui prend une odeur nauséabonde lorsque la consommation est élevée.
Un porte-parole de Saint-Boniface a indiqué par courriel que la Municipalité a choisi d’avancer les sommes nécessaires pour devancer une étude préliminaire, afin d’être prête à profiter notamment du programme PRIMEAU pour les travaux qui pourraient en découler.
Des besoins substantiels à Nicolet et Bécancour
Le maire de Bécancour, Pascal Blondin, souhaite que le gouvernement rehausse la part du Plan québécois des infrastructures qui va aux municipalités.
On parle aux alentours de 6 % du PQI, qui est accordé aux infrastructures municipales, alors qu'on sait que, de toutes les infrastructures au Québec, 60 % sont des infrastructures municipales. Donc, on veut évidemment que le pourcentage soit plus élevé, explique-t-il.
M. Blondin souhaite que le gouvernement s’implique davantage dans la construction des infrastructures municipales en eau.
Dans son plus récent plan triennal d’immobilisation, la Ville de Bécancour prévoit investir 44 M$ d’ici 2029 dans les infrastructures d’hygiène du milieu.
Projets d’envergure à Bécancour en hygiène du milieu :
- Entretien et réfection de conduites : 5,4 M$
- Maintien et travaux sur les réservoirs et suppresseurs : 9,8 M$
- Réfection conduite secteur Godefroy phase 1 : 2M$
- Entretien des étangs et postes de pompage : 3,15 M$
Si on pouvait s'approcher du 50 %, évidemment, là, que ça nous permettrait d'avancer les travaux rapidement. Parce que, on taxe les citoyens, puis une grande partie des taxes vont aller pour la réfection de nos infrastructures, mais on est quand même limités dans ce qu'on ce qu'on peut demander à nos citoyens, ajoute-t-il.
La Ville de Nicolet a elle aussi dressé sa liste d’épicerie pour les élections. Dans sa liste, la municipalité souhaite la construction d’un nouveau réservoir d’eau, une facture de 15 M$, et la modernisation de sa centrale de traitement de l’eau, chiffrée à 2,7 M$.

La Ville de Nicolet a une réserve d'eau potable de 2000 mètres cubes, une capacité qu'elle souhaite augmenter puisqu'elle alimente les villages avoisinants.
Photo : Radio-Canada / Daniel Ricard
La municipalité a espoir que le gouvernement finira par financer ces projets, qui font partie de façon récurrente des demandes municipales, notamment via le programme PRIMEAU. Nicolet fait de l’obtention de ces subventions une condition importante de la construction de ces infrastructures, le gouvernement pouvant financer environ 80 % du projet.
Encore peu d'engagements des partis
À 18 jours du vote, il faut croire que les infrastructures en eau ne se sont pas imposées comme des sujets clés de la joute électorale. Voici un graphique qui présente les présents engagements, qui sera mis à jour si d'autres partis ajoutent des propositions.


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