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L'année 2025 a été marquée par son lot de guerres. Certaines s'enlisent sans que l'on en voie l'issue, comme en Ukraine. Certains conflits ont choqué par l'ampleur des massacres, comme dans la bande de Gaza ou au Soudan. Certaines tensions longtemps endormies se sont soudainement ravivées, comme entre le Cambodge et la Thaïlande ou entre l'Inde et le Pakistan. Par ailleurs, des manifestations massives menées principalement par la génération Z ont ébranlé plusieurs pouvoirs en place, jusqu'à provoquer leur chute, comme au Népal ou à Madagascar. Tour d'horizon en images de quelques conflits et mouvements de protestation qui ont marqué les douze derniers mois.

Roman Pilipey / AFP
Un habitant tente de couvrir une voiture éventrée après une frappe russe près de Kiev (Ukraine), le 28 septembre 2025. Alors que l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie arrive presque au bout de sa quatrième année, l'issue de cette guerre d'usure reste incertaine. Malgré des assauts meurtriers autour de Pokrovsk (est de l'Ukraine) et quelques gains locaux, Moscou n'a conquis que de maigres territoires au cours de l'année écoulée, au prix de pertes humaines colossales —plus d'un million de soldats russes auraient été tués ou blessés depuis février 2022— et d'une économie fragilisée.
L'Ukraine, de son côté, résiste malgré l'épuisement et l'arrivée d'un quatrième hiver marqué par l'intensification des frappes contre ses infrastructures énergétiques. En 2025, le front diplomatique est devenu central: dans son ambition d'accélérer la fin du conflit, quitte à lâcher Kiev et Volodymyr Zelensky, Donald Trump n'a cessé de se montrer conciliant envers Vladimir Poutine, proposant des plans largement favorables à la Russie. Un axe Trump-Poutine qui inquiète profondément l'Ukraine mais aussi l'Europe, qui tente de peser dans les discussions, tout en accélérant son réarmement face à la menace russe.

Michel Lunanga / AFP
Un membre du M23 monte la garde pendant que des civils, des policiers et d'anciens militaires congolais montent dans un camion après avoir déclaré rejoindre volontairement le mouvement à Goma (RDC), le 23 février 2025. Au début de l'année 2025, le groupe armé du M23, appuyé par le Rwanda voisin, s'est emparé de cette importante ville de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), avant d'étendre son autorité dans plusieurs localités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Ce basculement majeur dans ce conflit de longue date entre Kinshasa et différents groupes armés a accentué la crise humanitaire, les déplacements de population et l'effondrement de l'autorité de l'État congolais dans la région, qui peine à réagir. Aujourd'hui, l'est de la RDC, marqué par la fragmentation territoriale et le renforcement des rebelles, reste le théâtre de crimes et de massacres, au cœur de l'une des crises humanitaires les plus graves au monde. Au moins 21 millions de personnes ont aujourd'hui besoin d'une assistance humanitaire dans le pays d'Afrique centrale.

Ed Jones / AFP
Des manifestant·es crient des slogans en s'asseyant face à un cordon policier lors de la manifestation «Bloquons tout», à Toulouse (Haute-Garonne), le 18 septembre 2025. Né sur les réseaux sociaux, le mouvement avait tenté de paralyser la France quelques jours plus tôt, le 10 septembre, avant d'être repris, ce jour-là, par une journée de grève et de protestation convoquée par l'ensemble des syndicats, à l'occasion de la rentrée sociale.
Au total, la mobilisation du 18 septembre a rassemblé plus d'un million de participant·es partout en France selon la CGT, contre 500.000 d'après les chiffres du ministère de l'Intérieur. Enseignant·es, agents des transports, personnel hospitalier, employé·es des pharmacies: le mouvement a été particulièrement suivi dans les services publics, provoquant d'importantes perturbations. Si la mobilisation n'a pas tenu dans la durée, elle reste un indicateur du mécontentement social qui traverse le pays, englué dans une crise politique marquée par deux changements de Premier ministre et trois gouvernements différents depuis mi-décembre 2024, à désormais seize mois de l'élection présidentielle de 2027.

Eyad Baba / AFP
Un homme se tient sur un étage surélevé d'un bâtiment largement détruit par l'armée israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 21 janvier 2025. Depuis l'attaque terroriste et meurtrière du 7 octobre 2023 lancée par le Hamas contre Israël, l'État hébreu a lancé une offensive vengeresse dramatique, faisant officiellement plus de 70.000 morts dans l'enclave palestinienne (plus de 200.000 selon certains experts), dont 80% sont des civils.
L'année 2025 a été une fois encore marquée par les déplacements massifs de Palestiniens, le blocus, la famine et la destruction méthodique des infrastructures civiles. Elle a également été l'année des cessez‑le‑feu: un premier, fragile et de courte durée en janvier et février, avant qu'Israël ne relance sa machine guerrière dès la mi-mars; puis un plan de paix en vingt points, mis sur la table par les États-Unis et engagé par les deux parties, débouchant notamment sur la libération des otages, tant attendue par le peuple israélien.
Malgré l'instauration d'un cessez-le-feu en octobre, les frappes israéliennes ponctuelles se poursuivent dans la bande de Gaza, où plus de trois quarts des bâtiments sont endommagés et 1,7 million d'habitants vivent dans des abris. De nombreuses incertitudes planent sur l'avenir de l'enclave palestinienne.

Menahem Kahana / AFP
Les systèmes de défense antiaérienne israéliens (dont le fameux Dôme de fer) s'activent pour intercepter des drones et missiles iraniens au-dessus de Tel-Aviv (ouest d'Israël), le 18 juin 2025. Durant douze jours, du 13 au 24 juin, Israël et l'Iran ont connu leur plus forte escalade depuis des années, marquée par de nombreux échanges de frappes aériennes.
Alors qu'Israël a d'abord bombardé des sites militaires et nucléaires iraniens et des milices affiliées en Syrie et au Liban, faisant feu de toute part, l'Iran a riposté en ciblant directement les villes israéliennes dans une pluie de drones et de missiles. Cette confrontation a été marquée par des frappes américaines sur trois sites nucléaires iraniens, le 22 juin. Cette «guerre de douze jours» a ravivé les craintes d'un conflit global et prolongé sur l'ensemble du Moyen-Orient. La diplomatie internationale reste en alerte.

Luis Tato / AFP
Des manifestants malgaches célèbrent leur victoire en sautant sur un véhicule blindé vandalisé de la gendarmerie, à Antananarivo, la capitale de Madagascar, le 11 octobre 2025. Après plusieurs semaines de manifestations, marquées par une vingtaine de morts, l'armée du pays a fini par rejoindre les jeunes protestataires, marquant la fin du règne du président Andry Rajoelina, qui a fui le pays le 12 octobre.
Née sur les réseaux sociaux, la mobilisation était principalement menée par la génération Z, née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010, qui dénonçait la corruption, les coupures d'électricité et l'absence de perspectives. Ce mouvement s'inscrit dans un phénomène mondial: la gen Z a fait trembler ou même renverser plusieurs gouvernements ces derniers mois, du Bangladesh au Népal (voir plus bas), en passant par le Maroc, le Pérou ou encore le Sri Lanka. Depuis la destitution du président Rajoelina, l'armée malgache a instauré un gouvernement de transition dirigé par le colonel Michael Randrianirina. Un avenir incertain se profile dans un pays qui reste sous contrôle militaire, avant qu'un référendum constitutionnel et des élections ne se tiennent vraisemblablement en 2027.

Michele Cattani / AFP
Une femme réfugiée malienne, dont le mari a été exécuté au Mali, pose anonymement dans le camp de M'berra, à Bassikounou (sud-est de la Mauritanie), le 4 novembre 2025. Depuis le début de l'année, la situation au Sahel s'est gravement détériorée. Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, ou JNIM pour son acronyme en arabe) et d'autres groupes djihadistes ont largement étendu leur emprise au Mali, infligeant à l'État et à l'armée malienne des revers retentissants, comme l'attaque du camp de Dioura, le 23 mai, ou l'assaut contre la base militaire de Boulikessi, le 1er juin, qui auraient fait tomber respectivement une quarantaine puis une centaine de soldats maliens.
Les djihadistes, qui multiplient les violences contre les civils forcés de fuir, ne se limitent plus aux zones reculées, mais ébranlent désormais le centre et le sud du Mali, concentrant notamment leurs attaques sur les convois de carburant pour asphyxier l'économie et isoler des villes comme la capitale Bamako. Les juntes militaires au pouvoir dans la région, ainsi que les mercenaires russes de l'Africa Corps (organisation paramilitaire structurée sur la base de l'ancien Groupe Wagner), ont été incapables de contenir cette menace.

Handout / Satellite Image ©2025 Vantor / AFP
Une image satellite prise le 26 octobre 2025 montre un épais et sombre panache de fumée près de l'aéroport d'El-Fasher (ouest du Soudan), dernier grand bastion du Darfour tombé sous le contrôle des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), en pleine guerre au Soudan. Déclenchée en avril 2023, cette guerre civile soudanaise, surnommée aussi la «guerre des généraux», oppose l'armée régulière aux FSR. En 2025, le conflit est entré dans une phase d'une brutalité extrême.
Si l'armée régulière a réussi à reprendre la capitale Khartoum, au mois de mars, les FSR ont réalisé des avancées décisives au Darfour et au Kordofan (dans l'ouest et le centre du Soudan), multipliant les massacres, les viols et les destructions ciblées d'infrastructures civiles. Le conflit s'étend désormais au centre du pays, qui connaît l'une des pires crises humanitaires actuelles: des dizaines de milliers de morts, près de 13 millions de personnes déplacées et plus de 30 millions de personnes ayant besoin d'une aide humanitaire, soit plus de la moitié de la population du Soudan.

Prabin Ranabhat / AFP
Le 8 septembre 2025, une manifestante crie devant le Parlement népalais, dans la capitale Katmandou, lors d'un mouvement de révolte dans le pays asiatique situé entre l'Inde et la Chine. Dans la continuité du phénomène mondial des soulèvements de la génération Z, les jeunes Népalais·es sont descendu·es dans la rue au début du mois de septembre, excédé·es par les blocages des réseaux sociaux, la corruption, le népotisme et le manque de perspectives.
La police a tiré sur les manifestants rassemblés à Katmandou le 8 septembre, faisant au moins dix-neuf morts ce jour-là. Au total, de soixante-douze à soixante-seize personnes ont perdu la vie durant les six jours de protestations, jusqu'au 13 septembre. Entre-temps, le Premier ministre népalais «KP» Sharma Oli a démissionné, le 9 septembre, marquant un tournant historique pour le Népal. Le 12 septembre, Sushila Karki, ancienne présidente de la Cour suprême, a été nommée Première ministre par intérim, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste au Népal. Elle est chargée d'apaiser la situation et de préparer de nouvelles élections législatives, qui sont prévues pour le mois de mars 2026.

Journaliste et photographe, membre du collectif Hors Format. Site web. Distinctions: Sarajevo Photo Festival Grand Prix / Lauréat de la bourse du Centre Pulitzer (2025) / Finaliste des Sony World...





























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