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Malgré le plan d’action que s’est imposé le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, l’accessibilité des services de santé en français reste à géométrie variable, révèle un audit mené dans trois grandes villes des Territoires. L’expérience globale des patients francophones dépend largement de la bonne volonté du personnel soignant lui-même, est-il écrit.
Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest s’est soumis à l’exercice d’un audit indépendant afin d’évaluer la portée de son plan stratégique et de ses normes sur l’usage du français dans ses services en santé. L’audit, rendu en novembre 2025 et publié par le gouvernement en avril, s’est penché sur l’offre de service de soins primaires à Yellowknife, Hay River et Fort Smith. Ces trois villes accueillent plus de 60 % de tous les Franco-Ténois.
Dans les établissements de santé analysés, « les patients rencontrent un certain nombre de difficultés et d’obstacles quand ils cherchent à recevoir des services de soins primaires en français, et ils vivent, pour plusieurs, des expériences de piètre qualité », est-il écrit dans la section des constatations du rapport.
Notamment, il y est dévoilé que l’expérience des patients dépend largement de l’initiative du personnel soignant. Puisque les interactions en français sont « rarement formellement encouragées », les patients se rabattent sur l’anglais, même s’ils sont en droit de demander des services en français. Et ce, même si les patients se sentent « plus à l’aise et en confiance quand ils étaient servis par du personnel francophone ».
Le rapport soutient aussi que des patients choisissent consciemment d’utiliser l’anglais, puisque s’ils exigeaient le français, ils seraient confrontés à des délais plus long.
« Pour les bénéficiaires, se faire soigner dans la langue de leur choix influence grandement la qualité des soins et leur compréhension générale. Cet audit a fait ressortir certains obstacles rencontrés par les francophones, ce qui nous aidera à améliorer concrètement notre manière de fournir des soins primaires en français partout aux Territoires du Nord‑Ouest », a indiqué par écrit la ministre de la Santé et des Services sociaux de la province, Lesa Semmier.
Équité entre langues autochtones et français
Parmi le personnel soignant interrogé, certains ont avoué éprouver un malaise à utiliser le français quand l’offre de services pour les langues autochtones est minimale. « Ces préoccupations affectent l’engagement du personnel et le soutien organisationnel envers les initiatives relatives au français, plus particulièrement lorsque les ressources sont limitées ou que les dynamiques culturelles sont tendues », est-il indiqué.
Surtout, « la dynamique de la résistance culturelle ou institutionnelle favoriserait pour certains un sentiment de concurrence entre les communautés linguistiques, plutôt que l’inclusion ».
Le rapport n’apporte pas de solution à cet enjeu particulier, mais souligne que des services d’interprétation devraient être systématiquement offerts. Les auteurs soutiennent aussi que certains outils technologiques pourraient aider à l’identification claire des langues parlées par le spécialiste rencontré par les patients.
D’autres solutions, comme le signalement proactif de la disponibilité des services, une meilleure gestion des ressources humaines et de la dotation et un meilleur accès aux formulaires et documents en français sont aussi décrites à la fin du document.
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.


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