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Les fonctionnaires montréalais devront travailler en présentiel trois jours par semaine

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Après Ottawa et Québec, c'est au tour de la Ville de Montréal de resserrer sa politique de télétravail. Dès le 14 septembre, les quelque 6000 cols blancs municipaux devront se présenter au bureau au moins 3 jours par semaine, plutôt que 2.

Les gestionnaires étaient déjà soumis à un seuil de trois jours, qui sera maintenu tel quel.

La directive de la Ville a été annoncée aux fonctionnaires municipaux par courriel mercredi. On justifie ce changement par la volonté de favoriser davantage de cohésion d'équipe et la collaboration.

Dans le marché du travail, la tendance qui s'observe va aussi en ce sens, autant dans les organisations publiques que privées, y lit-on également.

Trois jours par semaine, c'est un bon équilibre, parce que le citoyen, [...] de plus en plus, c'est ce qu'il fait aussi, a justifié jeudi la mairesse Soraya Martinez Ferrada. Cet équilibre de retour au bureau va aussi favoriser la collaboration, les idées, a-t-elle poursuivi.

Soraya Martinez Ferrada en conférence de presse.

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, veut faciliter la « collaboration » en augmentant la présence des fonctionnaires au bureau. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le syndicat en colère

Cette nouvelle politique courrouce le Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal, qui souhaitait mettre le télétravail à l'ordre du jour des négociations, entamées il y a une semaine, dans le cadre du renouvellement de la convention collective.

C’est une imposition unilatérale d’une condition de travail, a dénoncé en entrevue la présidente du syndicat, Eliane Scofield Lamarche. On demande que ça soit négocié, de s’asseoir à la table et d'avoir des mécanismes pour s’entendre avec l'employeur. Et aussi, ça l’obligerait d'amener des arguments pour justifier sa décision.

Si l'employeur a des preuves à l’effet que l'augmentation des jours au bureau a un impact sur la productivité, on serait bien curieux de les obtenir.

Oui, on est en négociations, a rétorqué à Radio-Canada la mairesse Martinez Ferrada, mais la gestion et la présence dans les bureaux, c’est une prérogative que la Ville s’est gardée. Ça a toujours été comme ça, a-t-elle fait valoir.

Une demande du milieu d'affaires

Le syndicat accuse également la Ville d'imposer de nouvelles règles à la demande de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), qui souhaite voir davantage d'employés au bureau pour revitaliser le centre-ville.

Dans un rapport paru en janvier, la CCMM avance que Montréal accuse un retard quant au retour au bureau. Près de 20 % des bureaux du centre-ville sont inoccupés, ce qui se traduit par des pertes estimées à environ 14,1 M$ par semaine pour les commerces, la restauration et la culture, y lit-on.

La CCMM nie vouloir s'ingérer dans les relations de travail de la Ville, mais sa présidente, Isabelle Dessureault, défend cependant la position de l'administration.

Isabelle Dessureault.

Isabelle Dessureault est à la tête de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain depuis juin 2025. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le rôle d'une Chambre de commerce dans sa communauté, c'est de s'assurer qu'une région continue d'être prospère, innove, soit créative, a fait valoir jeudi Mme Dessureault. Et pour ça, les études le démontrent à travers la planète, qu'il faut davantage être ensemble pour mener la suite.

Le retour au bureau est une tendance de fond et mondiale, poursuit-elle, et franchement, on n'est pas contre le travail hybride, mais ça fait déjà plusieurs années que la pandémie est terminée.

Recul du télétravail au public et au privé

Depuis le début de 2026, la directive pour les fonctionnaires ontariens est de travailler cinq jours par semaine au bureau, alors qu'elle est de trois jours pour les fonctionnaires québécois. Dès juillet, la fonction publique fédérale imposera quatre jours en présentiel et, dès mai, le personnel cadre devra se présenter au bureau cinq jours.

L’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) a d'ailleurs déposé une plainte pour pratique déloyale de travail auprès de la Commission des relations de travail et de l’emploi dans le secteur public fédéral. À l'instar du syndicat des cols blancs montréalais, l'AFPC accuse le fédéral d'avoir contourné les négociations qui étaient en cours sur les conditions de travail, dont le télétravail.

Dans le secteur privé, plusieurs grands employeurs canadiens ont exigé l'an dernier le retour au bureau à temps plein ou partiel, dont Rogers, Amazon, RBC, BMO, la Banque Scotia et la Banque TD.

Avec les informations de Benoît Chapdelaine

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