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L'écart de diplomation aux études supérieures continue de se creuser entre les hommes et les femmes tant dans l'ensemble du Québec qu'à l'Université de Sherbrooke.
En 2025, le nombre de femmes qui ont reçu un diplôme, du baccalauréat au doctorat, à l'Université de Sherbrooke, est de 3066 comparativement à 2162 hommes, un écart d'environ 800.
Cet écart entre les hommes et les femmes est semblable depuis 2020 selon les données fournies par l'Université de Sherbrooke.

La collation des grades se déroule depuis 2006 à l'Université de Sherbrooke. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer
Écart qui se creuse aussi à l'Université Bishop's où 56 % des diplômés étaient des femmes en 2025, comparativement à 44 % d'hommes.

En 2025, 56 % des diplômés de l'Université Bishop's étaient des femmes. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau
Le total de femmes diplômées à l'université est supérieur depuis au moins 2015, selon les données du ministère de l'Enseignement supérieur du Québec. Plus de 35 011 femmes ont obtenu un diplôme universitaire, du baccalauréat au doctorat, contre 24 405 hommes.
Qu'est-ce qui explique l'écart?
La professeure de sciences économiques à l'UQAM, Catherine Haeck, remarque que ça fait plus de 30 ans qu'il y a plus de femmes diplômées au baccalauréat et que les filles dépassent aussi les garçons au collégial, au secondaire et même au primaire. Selon elle, l'apprentissage de la lecture tend à expliquer cet écart.
Les garçons et les filles sont tout aussi habiles en mathématiques et en sciences. Cependant, on voit de grandes différences entre les garçons et les filles dans les compétences liées à la lecture. Des différences à l'âge de 5 ans peuvent avoir des effets à long terme sur les apprentissages et affecter tout le parcours scolaire, explique Catherine Haeck.
La député indépendante de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, a réalisé l'automne dernier avec Flavie Payette-Renouf le documentaire L'Écart silencieux sur ce phénomène d'écart de diplômation hommes-femmes.

La député indépendante de Saint-Laurent, Marwah Rizqy.
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
La 4e année du primaire est un point pivot. S'il y a des retards d'apprentissage, ils doivent être corrigés le plus tôt possible. [...] Si les lacunes sont corrigées, l'élève aura d'excellentes chances de réussir son secondaire 5, mais c'est aussi inversement vrai. Un enfant qui présente des troubles d'apprentissage qui ne sont pas corrigés aura malheureusement plus de risque de décrocher, mentionne la députée de Saint-Laurent.
Selon elle, il est important d'investir des ressources pour aider les élèves.
En Ontario, un enfant qui a des difficultés en lecture est pris en charge. Il va être retiré quelques minutes de son groupe pour avoir du temps un à un pour corriger les manquements au niveau de la lecture et de la littératie. C'est vraiment une bonne pratique que nous devrions incorporer au Québec, croit Marwah Rizqy.
Quels domaines?
Les femmes sont majoritaires dans tous les domaines, sauf en sciences informatiques, mathématiques et ingénierie.
La professeure en génie à l'Université de Sherbrooke et titulaire de la Chaire de recherche pour les femmes en sciences et génie au Québec, Ève Langelier, explique qu'il y a une croissance des femmes dans ces domaines, mais qu'elle est lente.

Ève Langelier est professeure de génie mécanique et titulaire de la Chaire des femmes en science et en génie. Elle travaille notamment à faire tomber les barrières qui limitent l’accès des femmes à une carrière heureuse en ingénierie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
« Nous travaillons à faire en sorte que celles qui ont choisi ce métier, cette carrière, ce domaine d'études, soient aussi heureuses, afin qu'elles y restent. Plus les talents sont diversifiés, plus nous sommes créatifs et innovants », mentionne Ève Langelier.


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