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Les gouvernements impérialistes d’Europe et l’alliance militaire de l’OTAN ont réagi de manière hystérique vendredi après qu’un drone russe s’est écrasé sur un immeuble d’habitation à Galati, une ville roumaine située à quelques kilomètres de la frontière ukrainienne.
Les fauteurs de guerre de Berlin, Bruxelles, Londres et Paris sont déterminés à exploiter cet incident pour justifier une nouvelle escalade de cette guerre de quatre ans, alors même qu’ils financent un programme accéléré de frappes de drones ukrainiens loin en territoire russe.
Un drone russe est entré dans l’espace aérien roumain vendredi vers 1h50 du matin, heure locale, parcourant environ 10 kilomètres avant de s’écraser sur un immeuble résidentiel élevé. L’incendie qui a suivi a blessé deux personnes. L’armée roumaine a rejeté des critiques lui reprochant de ne pas avoir abattu le drone plus tôt, affirmant qu’elle n’avait disposé que de quatre minutes pour réagir. Le président Nicușor Da a expulsé le consul de Russie dans la ville de Constanta et a ordonné la fermeture du consulat.
Dans les principales capitales européennes, les dirigeants politiques ont exploité l’incident pour intensifier leur furieuse campagne de propagande en faveur d’une poursuite de la guerre contre la Russie.
«La guerre d’agression de la Russie a franchi une nouvelle ligne», a affirmé la présidente de la Commission de l’Union européenne (UE) Ursula von der Leyen; le secrétaire général de l’OTAN Marc Rutte a lui, dénoncé le « comportement irresponsable» de la Russie, qui représentait «un danger pour nous tous». Le chancelier allemand Friedrich Merz a écrit sur X que l’incident soulignait «la volonté de la Russie de procéder à une escalade», ajoutant que l’Allemagne était prête à «défendre chaque centimètre de territoire allié». Le Britannique Keir Starmer et le Canadien Mark Carney ont fait des déclarations similaires.
Des déclarations lancées alors qu’usines et fonds européens — 90 milliards d'euros supplémentaires ont récemment été débloqués — servent à intensifier une campagne d'attaques ukrainiennes contre les raffineries de pétrole et d'autres installations énergétiques russes, des immeubles d'habitation à Moscou et les voies d'approvisionnement de la péninsule de Crimée.
Après avoir amené le gouvernement russe à lancer son invasion réactionnaire en brandissant la menace de faire adhérer à l'OTAN un régime ukrainien d'extrême droite et russophobe, les impérialistes européens saisissent l’opportunité de troquer des vies de travailleurs ukrainiens contre des vies russes pour ruiner le pays.
Selon les estimations, bien plus d’un demi-million d’Ukrainiens sont morts dans cette guerre. Le chef du service de renseignement britannique GCHQ a évalué la semaine dernière le nombre de pertes russes à 500.000. Que ce dernier chiffre soit exact ou non, de multiples estimations situent le nombre de victimes dans les centaines de milliers. Le nombre élevé de pertes semble avoir freiné la traditionnelle offensive de printemps de la Russie, dans un contexte où l'Ukraine recourt de plus en plus à la technologie des drones.
La dernière escalade a débuté à la suite d’une frappe ukrainienne, le 24 mai, contre une école professionnelle dans une zone occupée par la Russie à Louhansk, qui a fait 21 morts. Kiev a affirmé que la cible était une école militaire.
La Russie a réagi par une série de frappes — dont l'une par un missile supersonique Oreshnik à capacité nucléaire — qui ont tué quatre personnes et touché de nombreux bâtiments à Kiev le week-end dernier. Lundi, le ministère russe des Affaires étrangères a publié une déclaration ordonnant aux représentants diplomatiques étrangers de quitter la ville avant de nouvelles attaques planifiées. Les gouvernements européens, notamment l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, ont refusé et ont convoqué leurs ambassadeurs russes respectifs pour protester.
L’intensité croissante des frappes de drones entre l’Ukraine et la Russie fait d’incursions dans les pays voisins une régularité, offrant de fréquentes occasions aux dirigeants européens d’inciter à la guerre.
Les incursions dans l’espace aérien des trois républiques baltes — l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie — ont été principalement dues à des drones d’attaque ukrainiens déviés de leur trajectoire par le brouillage des défenses russes. La BBC a noté qu'il était « loin d’être impossible» que les défenses ukrainiennes aient brouillé le drone qui s’est égaré en Roumanie, le détournant de sa course.
À la mi-mai, le gouvernement de coalition de la Lettonie s’est effondré après que le ministre de la Défense a été contraint de démissionner à la suite d'allégations qu’il aurait mal géré la réponse à la chute d’un drone ukrainien en territoire letton. On s’est servi d’un incident en Lituanie, dont le parlement a été évacué dû à une alerte aux drones, pour mettre en scène cette déclaration de von der Leyen: «Qu’il n’y ait aucun doute. Une menace contre un État membre est une menace contre toute notre Union.»
Pour sa part, la Russie a prévenu plus tôt cette année qu’elle pourrait frapper des cibles sur le territoire de l’OTAN si les puissances européennes continuaient à faciliter les frappes ukrainiennes contre elle.
En plus d’aggraver en Ukraine la guerre contre une puissance nucléaire, les dénonciations européennes répétées de l’agression russe servent à légitimer un programme de réarmement sans précédent sur tout le continent et la transformation de vastes pans de l’industrie civile en production militaire. Les travailleurs de toute l’Europe sont confrontés à une austérité de plus en plus massive pour payer ces machines de guerre.
Les puissances impérialistes suivent un cours irresponsable d'escalade de la guerre avec la Russie pour préserver leurs intérêts économiques et géostratégiques. Les gouvernements européens se montrent de plus en plus belliqueux à mesure que le fossé avec l'impérialisme américain se creuse, ce qui les oblige à s'investir davantage dans le conflit pour compenser le retrait des fonds américains; et suscite en même temps la crainte d'un accord russo-américain qui les laisserait sur la touche.
Le président Trump a déjà tenté de conclure, en contournant les Européens, un accord avec le président Poutine qui permettrait au capital américain d’accéder de manière préférentielle aux matières premières et aux ressources énergétiques russes. L’an dernier, Washington a conclu avec Kiev un accord sur les minéraux stratégiques pour consolider le contrôle américain sur une grande partie des terres rares et d’autres industries extractives du pays.
L’oligarchie russe, au nom de laquelle parle le Kremlin, espère toujours trouver un tel arrangement.
Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a appelé lundi le secrétaire d’État américain Marco Rubio après que son gouvernement eut averti les représentants étrangers de quitter Kiev. Il a «exprimé ses regrets» à Rubio face à l’impasse des pourparlers menés par les États-Unis pour mettre fin à la guerre. Selon le New York Times, il a évoqué les efforts déployés par l’Ukraine et les puissances européennes pour saper les accords conclus entre Trump et Poutine lors de leur sommet en Alaska en août dernier.
Les puissances européennes, qui ont sacrifié leurs approvisionnements en énergie bon marché en provenance de Russie en 2022 dans la conviction que mener une guerre conjointe avec les États-Unis ouvrirait de nouvelles perspectives de pillage des riches ressources naturelles de l’ex-Union soviétique, veulent poursuivre la guerre pour se mettre en position de récolter ce butin. Hier, le cercle de réflexion britannique Chatham House a publié un article intitulé: «Comment un cesser-le-feu entre la Russie et l’Ukraine pourrait mettre en péril la sécurité ukrainienne et européenne».
Aucun des belligérants dans cette guerre ne représente les intérêts d’un quelconque segment de la classe ouvrière. Tout ce qu'ils ont à offrir, c'est mettre au service de la guerre les ressources de la société et menacer d'une hécatombe.
Pour les puissances impérialistes, la guerre entre la Russie et l’Ukraine est un des fronts dans un conflit mondial pour un nouveau partage du monde, dont font aussi partie la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran et la préparation par Washington d’une guerre contre la Chine.
Les oligarchies russe et ukrainienne, issues de la dissolution stalinienne de l’Union soviétique et de la restauration du capitalisme, ont montré qu’elles étaient tout à fait prêtes à sacrifier un grand nombre de travailleurs et de jeunes pour le privilège de garantir leur position sur un marché capitaliste mondial dominé par l’impérialisme.
Pour mener ces guerres, la classe dirigeante détruit les droits démocratiques fondamentaux et criminalise l’opposition politique. Dans le cadre d’une répression impitoyable et continue, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fait emprisonné Bogdan Syrotiuk, le dirigeant de 26 ans du groupe socialiste ‘Jeune Garde des bolchéviks-léninistes’. Depuis plus de deux ans celui-ci est en prison pour le «crime» d’avoir appelé à unifier les travailleurs ukrainiens et russes pour arrêter la guerre.
Ces dangers soulignent l’urgence de construire un mouvement international contre la guerre dirigé par la classe ouvrière et armé d’un programme socialiste. Ce mouvement doit allier l’opposition à la guerre impérialiste menée à l’échelle du monde au profit des banques et des trusts à la lutte contre l’attaque des droits démocratiques et sociaux des travailleurs dans chaque pays.


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