NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
L'opération militaire américaine qui a conduit à la capture de Nicolás Maduro, ex-président du Venezuela, est déjà entrée dans l'histoire. Présentée comme une manœuvre d'une précision inédite, elle s'est déroulée avant l'aube: attaques synchronisées, brouillage massif des communications et extraction du chef d'État, vivant, vers les États-Unis pour y être jugé. Mais dans le brouillard informationnel qui a suivi, une rumeur spectaculaire a fait son apparition en ligne: des soldats vénézuéliens auraient été terrassés par une arme sonique si puissante qu'elle les aurait fait saigner du nez et vomir du sang.
En temps ordinaire, ce type de récit disparaîtrait rapidement des radars, diffusé uniquement dans certaines sphères complotistes. C'était sans compter sur Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, qui a relayé ces rumeurs sur son compte X. Un geste en apparence anodin, mais politiquement lourd: même si cette publication n'équivaut pas à une déclaration officielle du gouvernement américain, elle a donné à la rumeur une visibilité et une légitimité inédites, résume The Debrief.
Abonnez-vous gratuitement à la newsletter de Slate !Les articles sont sélectionnés pour vous, en fonction de vos centres d’intérêt, tous les jours dans votre boîte mail.
Le message à l'origine de cette affaire serait un enregistrement vocal en espagnol diffusé sur WhatsApp et retranscrit sur X. On y découvre le témoignage d'un prétendu garde de sécurité fidèle à Maduro: «Nous étions de garde, et soudain, tous nos radars se sont éteints sans raison. Ensuite, des drones sont apparus, beaucoup de drones. Nous ne savions pas quoi faire.» Jusque-là rien d'anormal, mais l'homme continue: «Ils ont lancé quelque chose… comme une onde sonique très intense. J'ai eu l'impression que ma tête explosait de l'intérieur. On saignait tous du nez. Certains vomissaient du sang. On est tombés au sol, incapables de bouger.»
Problème: aucune source indépendante n'a corroboré ce témoignage qui se résume donc à… un tweet. Le Pentagone n'a jamais confirmé l'usage d'armes acoustiques dans l'opération et toutes les versions de l'histoire semblent provenir du même message vocal. Autrement dit, aucune preuve tangible n'a été produite, seule la rumeur a été relayée.
Ce que l'on sait, en revanche, c'est que le raid américain reposait sur une supériorité technologique bien réelle. Les données disponibles montrent une opération à grande échelle impliquant plus de 150 appareils –chasseurs, bombardiers, drones, avions de guerre électronique–, destinés à étouffer les défenses vénézuéliennes. Les EA-18G Growler de la Navy, spécialisés dans le brouillage des radars et communications, ont assuré la domination des airs, tandis que la «Delta Force» menait l'assaut au sol.
L'hypothèse jugée peu crédible
Mais qu'est-ce qu'une arme sonique, exactement? Le terme englobe aussi bien des appareils de contrôle de foule (comme les canons à son LRAD, haut-parleurs directionnels émettant des sons assourdissants) que des concepts plus expérimentaux utilisant l'infrason ou l'ultrason. Ces technologies peuvent effectivement provoquer douleurs, nausées ou désorientation si leur intensité est suffisante. Cependant, les symptômes décrits –saignements et vomissements de sang– défient les lois de la physique acoustique et semblent peu crédibles.
Le son peut stresser l'organisme, perturber le système vestibulaire et fragiliser l'équilibre, ou, à volume extrême, endommager les oreilles. Mais produire des lésions internes à distance, en plein air, nécessiterait une puissance colossale –rapidement dissipée par les obstacles, le relief du terrain et même le vent. Un tel phénomène serait quasi impossible sans une forte explosion, une onde de choc ou un impact mécanique visibles.
Une arme à énergie dirigée?
Certains internautes avancent que l'arme utilisée n'est peut-être pas acoustique, mais une forme d'arme à énergie dirigée (AED). Ces systèmes – lasers, micro-ondes haute intensité, ondes radio– existent bien dans les programmes de recherche militaires américains. Mais leur usage connu reste défensif, consistant principalement à neutraliser des drones, brouiller des capteurs ou désactiver des systèmes. L'un des plus célèbres, nommé «Active Denial System», est projeté pour disperser des foules, non pas grâce à un son insupportable, mais en occasionnant une sensation de brûlure désagréable sur la peau des personnes touchées. Rien à voir avec les hémorragies massives décrites ici.
Ces armes sorties tout droit d'une œuvre de science-fiction fascinent. La mystérieuse affaire du «syndrome de la Havane» en est un des exemples les plus fameux. En 2020, un rapport des Académies nationales des sciences, de l'ingénierie et de médecine avait jugé «plausible» l'hypothèse que des armes de ce type soient utilisées contre des diplomates américains à Cuba. En 2023, la communauté du renseignement américain a cependant conclu qu'aucun adversaire étranger n'était impliqué ni ne disposait d'un tel dispositif. L'évaluation la plus récente, en 2025, maintient cette position.
Alors pourquoi cette rumeur d'arme sonique a-t-elle connu un tel succès? D'abord parce qu'elle remplit le vide laissé par le secret militaire autour du raid. Ensuite, parce qu'elle propose un récit flatteur pour l'armée américaine: celui d'une nation dotée d'un pouvoir quasi surnaturel, capable de neutraliser un régime ennemi sans coup férir (et en faisant vomir du sang à ses adversaires). «Je lance un avertissement à quiconque songerait à affronter les États-Unis. Ils sont capables de choses inimaginables», aurait prévenu le témoin dans l'enregistrement. Un storytelling parfait, qui semble s'inscrire parfaitement dans la propagande américaine.
Pour l'heure, une telle arme sonique américaine reste un mythe opérationnel: séduisant, plausible à l'oreille des complotistes, mais sans la moindre trace matérielle. Les véritables moyens de la chute de Nicolás Maduro –la guerre électronique, la supériorité aérienne et la coordination interforces–sont une preuve suffisante de la supériorité militaire américaine, sans avoir besoin d'invoquer de technologie fantôme.





























.jpg)






French (CA)