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En cette période de rentrée scolaire, de nombreux enfants en Colombie-Britannique n'auront pas les soutiens en matière de langage, de communication et d'audition dont ils ont besoin. C'est ce qu'affirme Speech and Language BC, qui représente les orthophonistes et audiologistes de la province.
Imaginez un enfant dans une salle de classe qui n'entend pas ce que dit l'enseignant. Il ne peut pas accéder à l'information ni l'assimiler, fait remarquer Heather Ritchie, audiologiste à Vancouver et présidente de l'organisme provincial.
Elle affirme qu’il existe d'importantes listes d’attentes pour les services en orthophonie et audiologie et que cela est associé à un manque de financement provincial.
Lorsqu'une personne souffre d'une perte auditive, ses premiers appareils auditifs sont généralement pris en charge avant l'âge de cinq ans par le programme de dépistage précoce de la surdité de la Colombie-Britannique, dit Heather Ritchie. Mais après cela, les familles doivent se débrouiller seules.
Selon Mme Ritchie, une paire d'appareils auditifs coûte en moyenne 5 000 $ et doit être remplacée environ tous les cinq ans.
Une course contre la montre
Zahra Babajanipour a éprouvé beaucoup de mal à avoir de l’aide en expression orale pour son fils, Shantia Dashtabi, qui a maintenant 7 ans et commence la 2e année à Vancouver.
Elle affirme que Shantia est, depuis plus de deux ans, sur une liste d’attente pour un test de diagnostic à l’Hôpital pour enfants de Vancouver.
Finalement, il a pu faire le test, mais avec un soutien financier de la part de groupes iraniens qui aident les familles dont les enfants rencontrent ce genre de problème, sans passer par la liste d'attente gouvernementale, qui est trop longue, raconte-t-elle.

Shantia Dashtabi a fait d'importants progrès en acquisition de langue grâce à l'aide d'un orthophoniste.
Photo : Zahra Babajanipour
Quand Shantia a reçu le diagnostic, il était admissible pour un financement gouvernemental que Mme Babajanipour a pu utiliser pour payer les services d'une orthophoniste dans une clinique privée.
Il avait cinq ans et demi. Il lui restait presque six mois [d'admissibilité au financement], je ne pouvais toucher que 12 000 $ au lieu de 22 000 $. Mais c'était quand même bien, poursuit Mme Babajanipour, soulignant l’énorme impact que ce soutien a eu dans la vie de son garçon.
Il est allé à l'école et sa professeure a été très surprise de le voir parler couramment. Il réussissait à se faire des ami et avait vraiment trouvé sa confiance.

Les orthophonistes traitent des troubles de la voix et du langage.
Photo : Speech and Hearing BC
Un défi aussi dans l’univers francophone
Ça fait tout à fait écho à ma pratique en tant qu’assistante en orthophonie au Conseil scolaire francophone, affirme Anne-Lucie Camby, commentant les propos de Speech and Language BC. Mme Camby a travaillé au CSF jusqu’à cette année.
Selon elle, le CSF, qui compte 48 écoles, emploie trois orthophonistes à temps plein.
On avait souvent besoin d'avoir un relais d'orthophoniste en pratique privée, et c'était très difficile, notamment en francophonie, de trouver un orthophoniste qui pouvait effectuer des soins en français, dit elle.
Il n'y a pas suffisamment de professionnels, c'est un vrai drame, ajoute-t-elle, en faisant savoir qu'un manque de service peut retarder le développement d’un enfant.
« Le langage, il supporte aussi la pensée, c'est-à-dire qu'il supporte le raisonnement », affirme Anne-Lucie Camby.
En réponse à une demande de commentaire, le ministère de l’Éducation et des Services à la petite enfance a dit avoir alloué un financement estimé à plus de 1 milliard de dollars pour soutenir les élèves à besoins spéciaux.
Une porte-parole du Ministère a fait savoir que les effectifs d’aides pédagogiques avaient augmenté de 18 % depuis 2019 et que le Ministère avait financé, en 2022, l’embauche de 32 nouveaux enseignants spécialisés pour soutenir les élèves sourds ou malentendants.
Elle a rappelé l’existence de plusieurs programmes provinciaux pour les élèves ayant besoin de plus de soutien, comme le programme de rayonnement scolaire provincial (Provincial School Outreach). Ce programme coordonne l’envoi de spécialistes dans différentes écoles, notamment dans les communautés rurales et éloignées.
Avec les informations de Dominique Levesque


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