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Dans l'Égypte antique, le destin des serviteurs était profondément lié à celui de leurs pharaons. Une étude, publiée le 5 octobre dans la revue Frontiers in Environmental Archaeology, vient confirmer que les Égyptiens pratiquaient le sacrifice humain il y a environ 5.000 ans. Avec un objectif clair: que les domestiques puissent continuer à servir leur roi dans l'au-delà.
Roselyn Campbell, égyptologue à l'université Purdue, aux États-Unis, a analysé quarante-six crânes d'individus enterrés à proximité des tombes royales. Certains présentaient des signes de sacrifice. Ses résultats viennent d'être relayés par Live Science.
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Les tombes du roi Djer et du roi Djet, ainsi que celle de Merneith, une femme qui aurait probablement régné sur l'Égypte à la même époque, ont fait l'objet d'une analyse approfondie. Toutes se trouvaient près de l'ancienne ville sacrée d'Abydos, au nord de Louxor. Ces trois souverains ont régné pendant la première dynastie, une période qui a débuté il y a environ 5.000 ans.
Lorsque les sépultures ont été fouillées pour la première fois, au début du XXᵉ siècle, l'archéologue Flinders Petrie affirmait déjà que les centaines d'autres tombes retrouvées à proximité appartenaient à des personnes ayant servi le roi. Il pensait également que ces dernières avaient été sacrifiées après la mort de leur souverain. Faute de preuves solides, ces affirmations sont restées considérées comme des hypothèses.
Des traces d'armes et des fractures linéaires
Mais ça, c'était avant que Roselyn Campbell ne se penche sur le dossier. La chercheuse a réexaminé les quarante-six crânes à l'aide de techniques médico-légales modernes. Ce qui lui a permis de prouver que dix-huit d'entre eux présentent des signes de traumatismes probablement mortels, notamment des fractures linéaires.
Les fractures linéaires «se produisent lorsque le crâne heurte ou est frappé par un objet relativement grand; en raison de la forme arrondie du crâne, l'impact du coup se disperse à travers la voûte crânienne», écrit Roselyn Campbell dans ses conclusions. En revanche, elle n'est pas parvenue à identifier l'arme ou l'objet utilisé pour porter le coup fatal. La pratique du sacrifice humain semble avoir pris fin au cours de la deuxième dynastie égyptienne, faute d'indices archéologiques.
«L'existence du sacrifice de serviteurs dans l'Égypte ancienne a toujours été controversée, et les recherches de Mme Campbell apportent un argument important en faveur des chercheurs qui, comme moi, pensent que cette coutume était effectivement pratiquée en Égypte au début de la période dynastique», souligne Jacobus van Dijk, égyptologue à l'université de Groningue, aux Pays-Bas.
Il s'étonne toutefois de la méthode utilisée pour le sacrifice humain (un violent coup porté au crâne), qui ne correspond pas aux représentations de meurtres rituels anciens. Généralement, «la victime était agenouillée, les mains liées dans le dos, et poignardée à la poitrine avec un couteau», explique-t-il. Les travaux de Roselyn Campbell semblent toutefois lever le voile sur une question qui alimente les débats entre égyptologues depuis plus d'un siècle.





























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