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Ex-homme d’affaires, à la tête du nouveau corps de drones sans pilote dont s’est dotée l’armée ukrainienne, Robert Brovdi, s’est rendu célèbre pour son décompte des soldats russes tués par sa brigade et pour ses vidéos trash. Il mène cet été l’opération « Crimée » et poursuit ses frappes sur les raffineries au cœur de la Russie.

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Le commandant Robert Brovdi, ou  « Magyar », fondateur de l’unité de dronistes « Les Oiseaux de Magyar », dans un lieu tenu secret, en Ukraine, le 21 juillet 2026. Le commandant Robert Brovdi, ou « Magyar », fondateur de l’unité de dronistes « Les Oiseaux de Magyar », dans un lieu tenu secret, en Ukraine, le 21 juillet 2026.

Un timbre de baryton précède l’apparition du commandant à la barbe rousse. Aucun doute : c’est la même voix qui, sur sa chaîne YouTube, accompagne en musique les exploits de ses troupes – celle de « Magyar », 50 ans, légende ukrainienne des drones. Toute l’Ukraine connaît ses vidéos de chasse à l’homme et ses étranges litanies, mélanges de jurons et de néologismes intraduisibles : « Toi, si dans le ciel du matin apparaît un petit drone bien frais… », « Tiens, je vais lui envoyer un oiseau, à celui-là… » Quand un soldat russe, acculé, tourne autour d’un tronc ou se jette au sol pour échapper à l’engin de mort bourdonnant au-dessus de sa tête, Magyar prévient, glacial : « Ton voyage sur Terre touche à sa fin, petit vermisseau. Allez, t’as gagné ton one-way ticket [billet pour la mort] ! »

Pour rencontrer l’homme de l’« opération Crimée » et des frappes sur les raffineries russes, il a fallu honorer un rendez-vous secondaire sur un parking, laisser, dans une pochette faisant cage de Faraday, son téléphone et tout objet connecté, grimper dans un 4x4 aux vitres occultées. « Magyar » travaille dans le seul bureau fermé ou presque d’une série de salles de commandement organisées en open space, des bunkers dispersés dans le sud-est de l’Ukraine. S’y déploient des armées de « nerds » chaussés de baskets ou de crocs, vissés sept jours sur sept devant des dizaines d’écrans, pâles et fatigués, comme chez Google. Lui-même a des petits yeux.

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