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Les disques et les spectacles d’ici à ne pas manquer cette année

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Précisons. La seconde rentrée des disques (après celle de fin août) n’est hivernale que parce qu’« il va toujours y avoir d’la neige au mois de janvier », comme chantait Richard Desjardins, et que le boulot reprend. Sinon, la saison des sorties numériques ou physiques de chansons et musiques démarre très mollement, se met en branle grosso modo à la mi-février, bat son plein en mars, et ne dérougit pas avant la fin des Francos. Un bel exemple s’offre incessamment à nous : il n’y aura presque rien jusqu’à la fin janvier, et puis presque simultanément, arriveront une pure découverte et une réédition bonifiée. Le premier album d’Édouard Tremblay-Grenier, l’un des fils de Mara Tremblay, talentueux jeune musicien que l’on connaissait surtout jusqu’ici parce qu’il accompagnait sa mère, est une promesse qui s’annonce tenue. Paraît presque en parallèle l’édition de luxe du dernier album de Pierre Lapointe, avec trois titres en sus. Une véritable nouveauté et un cadeau des Fêtes en retard. Ça parle.

L’avalanche

Ajoutons le cinquième album du groupe Bleu Jeans Bleu, un lot de reprises de feu Joe Dassin par Étienne Coppée, ainsi qu’un Gab Bouchard à ces quelques parutions notables de début d’année. Et ensuite ? Arrive invariablement à la fin janvier une pelletée de neige neuve : des artistes pas encore connus qui lancent un premier album, l’espace médiatique le permettant. Ça ne dure pas longtemps, l’avalanche de février menace trop. Le folk un brin paillard d’Alice Bro, le jazz propret d’Emilie-Claire Barlow, le country bon ton de Léa Jarry, ça ne désemplira pas dans les champs des alentours. Bulletin météo de la chanson, ça risque fort d’être à peine carrossable fin février : impossible de passer à côté du nouveau Bibi Club, qui sera une tempête en soi, bilingue et planétaire. D’autres albums partageront les chemins : le huitième album studio des Sheepdogs, le deuxième Marie Céleste (appellation de groupe, il faut le dire), ainsi que le retour en piste du bien-aimé Philippe B. Le printemps sera alors tout près, les belles sorties aussi.

Les récompenses d’avril et mai

Fonte des neiges bien finie (en toute probabilité), les compagnies de disques auront des airs tout beaux et chauds à nous faire respirer. Rien que le vendredi 10 avril, grande éclosion s’il en est, on se remplira l’âme, les oreilles et les poumons de nouvelles chansons de la prolifique Maude Audet, du Volume III de la fresque instrumentale de Flore Laurentienne, et l’on chantera à nouveau Les Louanges. Le vendredi d’après, ça poussera en groupe, un Secret Sun éclatant ici, une charge à pleines dents des Chiens là. Ce n’est pas rien. Ce n’est pas tout non plus. Le temps sera encore plus joliment florissant pour célébrer mai : le retour inespéré de la merveilleuse Claire Pelletier sur disque après dix ans d’éloignement et l’on se réjouit tout naturellement à la perspective de retrouver Sara Dufour, son sourire et ses nouveaux refrains. Pensez : alors que l’on chantera avec elles deux, Claire et Sara, en extatique alternance, l’été et les festivals seront presque à l’horizon.

Les rentrées montréalaises, cônes ou pas

Rengaine de la fréquentation chagrine des spectacles dans la métropole : vous y allez encore, vous ? Jeu de piste infernal des cônes orange, billets hors de prix, tout est dans le chemin. Quels artistes oseront encore proposer l’événementielle rentrée montréalaise cette saison ? Les courageux seront étonnamment nombreux. À commencer par Damien Robitaille qui animera le Club Soda, puis Juste Robert qui vivra sa soirée médiatique au Ministère. Le groupe Population II s’amènera au théâtre Fairmount, Milk & Bone également. Les Vulgaires Machins se montreront les bonnes vieilles binettes au Beanfield. Pascale Picard s’offrira le chic Lion D’Or, l’indescriptible groupe Angine de poitrine se redéguisera au Club Soda. Mention spéciale pour le MTelus, élu chef-lieu des incontournables : s’y succèderont Loud, les Barr Brothers, Lou-Adriane Cassidy, Louis-Jean Cormier, les Sheepdogs, Ariane Roy, Vincent Vallières et Les Trois Accords. Entre autres. De quoi faire fondre les congères et ramener les congénères.

Céder à la tentation symphonique

Depuis le triomphe de Salebarbes à la Maison symphonique, la tendance orchestrale devient décidément très tentante. Tous peuvent se la jouer gigantesques, se dit-on dans les officines des producteurs. Et tous cartonnent, selon les cibles criblées. Ainsi, dès le 9 janvier de l’an neuf, on aura eu le tour de Tire le coyote à la Maison symphonique, avec la ribambelle de musiciens et les arrangements ambitieux de circonstance : une première médiatique par ville, puisqu’on récidivera le 4 mars au Grand Théâtre de Québec. Tout se peut, de fait. Le spectacle Pérusse symphonique : du Snack bar à l’OSM condensera le vaste répertoire musicodrôlatique des Albums du peuple créés par François Pérusse sous cette forme improbable : rendez-vous en février à la PdA. Le succès de la formule est tel qu’on le prolonge : le film décanté du spectacle Robert Charlebois symphonique prendra l’affiche le printemps venu, assorti d’un album en tous formats, du numérique au disque vinyle, sans oublier le CD qui revient en vogue.

Les tournées de nos braves

Pas mal d’artistes n’ont pas attendu la rentrée d’hiver pour se faire voir et entendre à travers le Québec : ça avale du bitume depuis l’automne. Le groupe Kaïn fait rouler à plein régime sa tournée d’adieux, arcboutant succès et reprises. Marina Orsini, qui vit à l’opposé un commencement sur le tard de sa carrière chansonnière, goûte depuis la saison dernière le dévoilement de son premier spectacle de chansons, de ville en ville dans les salles de jauge moyenne : ça reprend à Saint-Hyacinthe le 5 février et ça vivra jusqu’à novembre. L’as guitariste Jordan Officer ne s’arrêtera pas beaucoup cette année non plus. Viviane Audet encore moins : elle a des rendez-vous prévus et des billets vendus jusqu’en janvier 2027. Ainsi va le succès : de plus en plus, les billets précèdent les spectacles de plusieurs saisons. On sait par exemple que la tournée du premier album solo de JF Pauzé, Les amours de seconde main, démarrée en décembre dernier, s’étirera sur toute l’année 2026 : les salles sont pleines.

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