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Les démocrates exigent une escalade contre la Russie après l’annonce par Trump d’un « cessez-le-feu énergétique »

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Le chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, démocrate de New York, et la sénatrice Patty Murray, démocrate de l’État de Washington, quittent l’hémicycle du Sénat le vendredi 30 janvier 2026 en soirée, au Capitole, à Washington. [AP Photo/Jose Luis Magana]

La proclamation par le président Donald Trump d’un « cessez-le-feu énergétique » entre la Russie et l’Ukraine, ainsi que sa levée des sanctions sur le diesel russe, ont été accueillies par de cinglantes dénonciations de la part de larges secteurs de l’establishment politique américain, le Parti démocrate en tête .

Trump, dont le parti devrait subir d’importants revers aux élections de mi-mandat du 3 novembre, cherche à calmer les marchés et à améliorer ses chances électorales en annonçant un « cessez-le-feu », comme il l’a fait à plusieurs reprises avec l’Iran, chaque annonce ayant été prélude à une nouvelle escalade.

Ce prétendu « cessez-le-feu » est de ceux où les deux camps continuent de se faire la guerre : le financement, l’armement et l’aide au ciblage que les États-Unis apportent à l’Ukraine se poursuivront, et les États-Unis, aux côtés d’autres membres de l’OTAN, continueront de fournir les armes et les renseignements utilisés pour les frappes à l’intérieur des frontières de la Russie.

Samedi, Trump a déclaré aux journalistes que l’administration avait dit au gouvernement ukrainien : « Vous pouvez faire ce que vous voulez à la Russie, ne touchez pas aux raffineries », ajoutant : « Ne touchez pas aux raffineries. Il y a plein d’autres cibles. »

Dans un communiqué publié vendredi, des sénateurs démocrates de premier plan ont qualifié le « cessez-le-feu » verbal de Trump de « trahison totale de l’Ukraine, de nos alliés européens et de la sécurité nationale américaine ». Ils ont ajouté : « Poutine ne réagit qu’à la force, ce qui signifie sévir contre la Russie et contre les soutiens de sa guerre contre l’Ukraine. »

Le communiqué est signé du chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, de New York, de la sénatrice démocrate du New Hampshire Jeanne Shaheen, démocrate la plus haut placée de la commission des Affaires étrangères du Sénat, et de la sénatrice démocrate du Massachusetts Elizabeth Warren.

Vendredi, Schumer a écrit sur X : « Cet accord sordide ne fera qu’aider et encourager ce même Poutine qui aide les Iraniens à cibler et à tenter de tuer des soldats américains au Moyen-Orient, et qui a envahi illégalement et sauvagement notre allié l’Ukraine. »

Une lettre adressée à Trump et publiée mardi par six sénateurs démocrates et six sénateurs républicains déclare que les recettes que la Russie percevrait « financeront sans aucun doute la guerre d’usure qu’elle souhaite mener et feront progresser sa coopération en matière de sécurité avec la Chine, l’Iran et la Corée du Nord ». La lettre exige « des pressions économiques sur la Russie et sur les principaux soutiens de sa guerre, en particulier la Chine ».

Ces exigences montrent que, si les démocrates réalisent des gains importants aux élections du 3 novembre, ils considéreront le résultat comme un mandat non pas pour s’opposer à la politique intérieure dictatoriale de Trump et à ses attaques contre les dépenses sociales, mais pour intensifier massivement la guerre mondiale, avec la Russie pour cible centrale, sans oublier l’Iran et la Chine.

Mais l’exigence d’une escalade de la guerre s’étend aux deux partis.

La lettre présente l’initiative de Trump comme « un cadeau fait à notre adversaire et une trahison de nos alliés » et se conclut ainsi :

Poutine est un tyran. Retirez-vous de cet accord, annulez la licence générale n° 135 et mettez en œuvre les pouvoirs prévus par la loi Lindsey O. Graham de 2026 sur les sanctions contre la Russie et l’Iran (Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026). Maintenez notre héritage – et le devoir qui incombe à l’Amérique – en tant que chef du monde libre.

Le sénateur républicain de Caroline du Nord Thom Tillis, l’un des six signataires républicains de la lettre de mardi, a déclaré dimanche à Meet the Press sur NBC : « La Russie est l’agresseur. C’est la Russie qui peut mettre fin à cette guerre en se retirant des territoires qu’elle a occupés. » Il a ajouté que ce retrait « devrait aller jusqu’à la Crimée ».

La doctrine nucléaire russe, telle que révisée par le président russe Vladimir Poutine en novembre 2024, prévoit l’emploi d’armes nucléaires contre une attaque conventionnelle qui menace l’« intégrité territoriale » de la Russie, que Moscou considère comme incluant la Crimée.

Dans un éditorial intitulé « L’affront de Trump à Lindsey Graham sur le diesel », le Wall Street Journal a écrit dimanche que la levée des sanctions « financerait directement la guerre sanglante de M. Poutine en Ukraine ».

La loi sur les sanctions qui porte le nom de Graham, adoptée au Sénat par 86 voix contre 11 en août, avec les voix de Schumer et du whip des démocrates au Sénat, Dick Durbin, de l’Illinois, oblige le président à imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 pour cent sur toutes les importations en provenance des cinq pays qui achètent le plus de pétrole et de gaz russes.

Vendredi, après un entretien téléphonique avec Poutine, Trump a annoncé sur Truth Social que la Russie fournirait « immédiatement » plus de 300 000 tonnes de diesel « au marché américain et mondial », 4,5 millions de tonnes supplémentaires devant suivre. Quelques minutes avant la publication de ce message, le département du Trésor a signé une licence, valable jusqu’au 7 avril 2027, autorisant la vente et l’importation de diesel russe, y compris aux États-Unis, où l’importation de pétrole russe est interdite par la loi depuis 2022.

La Russie a interdit en juillet les exportations de diesel à la suite d’attaques ukrainiennes répétées contre ses raffineries, et a partiellement levé cette interdiction après l’appel de vendredi. Le diesel se vendait mardi 1,66 dollar le litre, selon l’AAA (American Automobile Association), contre 0,96 dollar il y a un an, une hausse alimentée par la guerre des États-Unis contre l’Iran.

Si l’administration Trump a cherché à amener les puissances européennes à « fournir la part écrasante de l’aide létale et non létale future à l’Ukraine », selon les termes du secrétaire à la Défense Pete Hegseth à Bruxelles le 12 février 2025, les première et seconde administrations Trump ont toutes deux conduit d’importantes escalades de la guerre États-Unis–OTAN contre la Russie, qui fait rage depuis 2014.

En mars 2018, l’administration Trump a notifié au Congrès la première vente de missiles antichars Javelin à l’Ukraine et a expulsé 60 responsables russes.

En 2019, Trump a retiré les États-Unis du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), qui interdisait toute une catégorie de missiles américains et russes. Seize jours après l’entrée en vigueur de ce retrait, le 2 août, le Pentagone a testé en tir réel un missile de croisière lancé depuis le sol que le traité interdisait.

Durant son second mandat, Trump a annoncé le 14 juillet 2025 que les alliés de l’OTAN achèteraient des armes américaines, dont des batteries de missiles Patriot, pour l’Ukraine. Le 6 août 2025, il a imposé à l’Inde un droit de douane supplémentaire de 25 pour cent pour avoir acheté du pétrole russe. Le Wall Street Journal a rapporté le 1er octobre 2025 que Trump avait donné son feu vert à la fourniture à l’Ukraine de renseignements destinés à des frappes à longue portée contre les infrastructures énergétiques russes.

Les démocrates sont le parti le plus constant de la guerre contre la Russie et reprochent depuis des années à Trump de ne pas se montrer assez agressif envers Moscou.

Le 20 avril 2024, les démocrates de la Chambre des représentants ont voté par 210 voix contre 0 en faveur de 60,8 milliards de dollars d’armes et d’aide pour l’Ukraine. Le projet de loi a été adopté par 311 voix contre 112, la plupart des républicains s’y opposant. Le 4 juin 2026, les démocrates de la Chambre ont voté par 207 voix contre 1 en faveur d’un nouveau projet de loi d’aide militaire à l’Ukraine, qu’ils avaient imposé à l’ordre du jour au moyen d’une pétition de décharge. Le 7 août, les démocrates du Sénat ont voté par 36 voix contre 9 en faveur de la loi sur les sanctions, dont ils exigent à présent l’application.

Les démocrates exigent une escalade de la guerre contre la Russie alors que les puissances européennes se précipitent tête baissée vers un affrontement direct avec la Russie.

Le 11 septembre, le ministre polonais des Affaires étrangères Radosław Sikorski a déclaré lors d’une conférence à Kiev que l’OTAN « devrait s’entraîner de façon si agressive de [son] côté » de la frontière avec Kaliningrad, au point de laisser Poutine « dans l’incertitude quant à ce que [l’Alliance] ferait ». Fin septembre, l’ambassade de Russie en Irlande a déclaré que la Russie « serait prête à utiliser tout son arsenal, y compris les armes nucléaires, pour défendre son territoire si les pays de l’OTAN tentaient d’isoler la région de Kaliningrad du reste du pays ».

Mais cet avertissement n’a fait qu’entraîner une escalade encore plus grande. Le 7 octobre, le ministre lituanien de la Défense Robertas Kaunas a annoncé que jusqu’à 100 soldats seraient envoyés à la frontière avec Kaliningrad. Deux bataillons de l’armée de terre américaine, totalisant environ 1 000 soldats, dont un bataillon de chars, doivent arriver en Lituanie fin octobre.

Lundi, le général de l’armée de l’air américaine Alexus Grynkewich, commandant suprême des forces alliées de l’OTAN en Europe, a présenté au Forum de sécurité de Varsovie ce qu’il a appelé sa « Théorie de la victoire ». Son texte préparé ne nommait aucun adversaire, mais lors de la discussion qui a suivi, il a évoqué la nécessité de « signifier clairement et de façon concise aux Russes où se situent nos lignes rouges.

« Si l’adversaire choisit de poursuivre l’attaque ou d’engager ses réserves, nous briserons le système de combat engagé contre nous », a-t-il dit. « Cela comprend non seulement la force d’attaque elle-même, mais tout ce qui soutient, entretient ou contrôle cette force. »

Mardi, l’OTAN a lancé son exercice nucléaire annuel Steadfast Noon, auquel participent 17 pays.

Les déclarations des démocrates montrent une fois de plus que, loin de s’opposer à la politique de guerre mondiale et de dictature de Trump, ils mènent des politiques qui conduiraient à une escalade massive de la guerre, laquelle s’est accélérée sous Trump.

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