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En faisant le point la semaine dernière sur les décès liés aux intoxications aux opioïdes pour l’année 2025, les responsables fédéraux de la santé ont rapporté une baisse notable à l’échelle du Canada, à l’exception de l’Alberta, où cette baisse a été modeste.
L’année dernière, le Canada a recensé 5630 décès dus aux opioïdes d’un océan à l’autre. Cela représente une baisse de 23 % par rapport à 2024.
L’Ontario, la Colombie-Britannique et l’Alberta représentent à elles trois près de 80 % de ces décès.
Toutefois, alors que les deux provinces ont noté des baisses du nombre de décès de 38 % et de 22 % respectivement, l’Alberta fait pâle figure avec une diminution de seulement 4 %.
Pourquoi l’Alberta navigue-t-elle à contre-courant de la tendance nationale?
Mark Johnson, porte-parole de Santé Canada, pense que cela pourrait s’expliquer par le fait que la province fait face à des changements dans l’offre de drogues illicites, avec notamment la détection d’une quantité accrue de fentanyl, d’analogues du fentanyl, de benzodiazépines et de tranquillisants puissants tels que la médétomidine.
La situation n’est pas homogène à l’échelle du Canada, fait-t-il remarquer dans un courriel.
Les marchés de la drogue et l’offre de drogues illicites varient d’une région à l’autre. Ces variations sont considérables d’une région à l’autre et dépendent de facteurs tels que les itinéraires de trafic, la présence du crime organisé, la demande locale et l’accès aux services.
DJ Larkin, directeur de la Coalition canadienne des politiques sur des drogues, abonde dans le même sens en soulignant qu’un approvisionnement variable en drogues pouvait entraîner des résultats différents à travers le pays.
L’Alberta a connu une baisse bien plus marquée du nombre de décès en 2024, après avoir connu l’année la plus meurtrière jamais enregistrée dans la province en matière de surdoses d’opioïdes.
En 2025, le taux de décès liés aux opioïdes pour 100 000 habitants en Alberta n’était dépassé que par celui de la Colombie-Britannique et du Yukon parmi toutes les provinces et tous les territoires.
Hausse des hospitalisations
Les chiffres du fédéral indiquent par ailleurs que le nombre d’interventions des services médicaux d’urgence pour des cas de surdoses présumées liées aux opioïdes a bondi d’environ 65 % en Alberta l’année dernière, là où l’Ontario et la Colombie-Britannique ont tous deux signalé une diminution de ces interventions.
Le gouvernement de l’Alberta n’a pas souhaité faire de commentaires au sujet des statistiques fédérales. Son site web indique cependant qu’il y a eu une légère diminution du nombre d’hospitalisations.
Selon Elaine Hyshka, professeure agrégée à l’École de santé publique de l’Université de l’Alberta, la hausse des interventions des services médicaux d’urgence pourrait s’expliquer par le fait que les drogues illicites sont de plus en plus souvent contaminées par des sédatifs.
Elle ajoute que, même lorsque de la naloxone est administrée pour rétablir la respiration d’une personne après une surdose, celle-ci peut encore ressentir les effets des sédatifs, ce qui nécessite davantage de soins et de surveillance.
Elaine Hyshka estime que la diminution du nombre d’équipes de terrain et la réduction de l’accès aux services de consommation supervisée pourraient également expliquer une augmentation des appels au 911 pour solliciter l’intervention des services médicaux d’urgence.
Par ailleurs, les statistiques provinciales montrent que, tandis que le nombre de décès à Calgary a diminué, suivant la tendance nationale, Edmonton a en réalité enregistré une hausse.
Elaine Hyshka croit que la situation d'Edmonton pourrait notamment s’expliquer par la répression de la consommation de drogue en public.
D’après un texte (nouvelle fenêtre) d’Andrew Jeffrey


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