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Les Danois aux urnes pour des élections anticipées, la première ministre donnée favorite

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Les Danois se rendent aux urnes mardi pour des élections législatives, qui se tiennent après un bras de fer avec le président américain, Donald Trump, concernant l’avenir du Groenland, territoire semi-autonome du royaume.

Plus de 4,3 millions d’électeurs sont convoqués pour élire le nouveau Folketing, le Parlement danois, dont le mandat est de quatre ans.

La première ministre Mette Frederiksen, qui brigue un troisième mandat, a convoqué ces élections en février, plusieurs mois avant la date limite, espérant visiblement que son image de fermeté dans la crise du Groenland lui serait favorable auprès des électeurs de ce pays membre de l’Union européenne et de l’OTAN.

« La future constellation gouvernementale est très incertaine, mais il est probable qu’à la fin, [Mme Frederiksen] soit à la tête du gouvernement », explique à l’AFP Elisabet Svane, analyste politique du quotidien Politiken. « Elle est une figure qui rassemble dans un monde plein d’insécurité, et les Danois sont anxieux, il y a le Groenland, l’Ukraine, les drones » qui ont survolé le pays scandinave, ajoute Mme Svane.

Pendant son deuxième mandat, sa popularité avait diminué face à la hausse du coût de la vie, un enjeu majeur de la campagne, au même titre que les retraites et une éventuelle taxe sur la fortune. La sociale-démocrate de centre gauche de 48 ans est connue pour son soutien indéfectible à l’Ukraine face à l’invasion russe et pour sa politique migratoire restrictive, perpétuant ainsi une tradition politique danoise vieille de deux décennies.

Cherchant à contrer les pressions de la droite et évoquant une possible augmentation des migrations liée à la guerre en Iran, Mme Frederiksen a annoncé ce mois-ci des propositions incluant un éventuel « frein d’urgence » sur l’acceptation des réfugiés et un contrôle plus strict des criminels en situation migratoire irrégulière. Son gouvernement avait déjà dévoilé un plan autorisant l’expulsion des étrangers condamnés à au moins un an de prison pour des crimes graves.

Deux candidats de centre droit voudraient déloger la première ministre Frederiksen.

L’un d’eux est membre de son gouvernement actuel : le ministre de la Défense, Troels Lund Poulsen, du Venstre (le Parti libéral), qui a dirigé plusieurs gouvernements ces dernières années.

L’autre est Alex Vanopslagh, 34 ans, de l’Alliance libérale, qui prône une baisse des impôts, une simplification de l’administration et de revenir sur le refus du Danemark d’utiliser l’énergie nucléaire. Mais les aveux récents de M. Vanopslagh concernant sa consommation de cocaïne au début de son mandat à la tête du parti pourraient avoir compromis ses chances.

Plus à droite, le Parti populaire danois, anti-immigration, semble bien placé pour se redresser après son très mauvais score aux dernières élections de 2022.

Coalition en vue, mais laquelle ?

Aucun parti ne devrait obtenir la majorité absolue. Le système de représentation proportionnelle danois aboutit généralement à des gouvernements de coalition, traditionnellement composés de plusieurs partis issus soit du « bloc rouge » à gauche, soit du « bloc bleu » à droite, après des semaines de négociations.

Toutefois, « il est compliqué d’imaginer un gouvernement de droite, parce qu’il devrait rassembler très largement de l’extrême droite aux partis plus centristes, qui ne sont pas en très bons termes avec l’extrême droite », dit Ole Waever, professeur de sciences politiques à l’Université de Copenhague.

Le gouvernement tripartite sortant de Mette Frederiksen était le premier depuis des décennies à englober les deux camps politiques. Reste à savoir si cela se répétera, le parti modéré centriste du ministre des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, pouvant jouer un rôle déterminant.

Le Groenland, qui a mobilisé une grande partie de l’énergie du gouvernement ces derniers mois, n’a pas constitué un enjeu majeur de la campagne électorale, car son rôle au sein du royaume fait l’objet d’un large consensus.

En janvier, Mette Frederiksen avait averti qu’une annexion du Groenland par les États-Unis signifierait la fin de l’OTAN. Mais la crise s’est apaisée, du moins pour l’instant.

Après que Donald Trump a renoncé à imposer des droits de douane au Danemark et à d’autres pays européens opposés à la prise de contrôle de cette vaste île arctique par les États-Unis, Washington, le Danemark et le Groenland ont entamé des discussions techniques en vue d’un accord sur la sécurité arctique.

Avec l’Agence France-Presse

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