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Au fil d’une enquête menée auprès d’annotateurs de données à Madagascar, le sociologue Clément Le Ludec met en lumière la centralité du travail de cette main-d’œuvre précarisée et invisibilisée, indispensable au bon fonctionnement des systèmes d’intelligence artificielle.

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« Les Damnés de la donnée. Ce que l’intelligence artificielle doit aux travailleurs des Suds », Clément Le Ludec, Raison d’agir, 176 pages, 14 euros. « Les Damnés de la donnée. Ce que l’intelligence artificielle doit aux travailleurs des Suds », Clément Le Ludec, Raison d’agir, 176 pages, 14 euros.

« Ils dis[ent] que tout [est] automatique, que ça anticipe les vols [de produits] automatiquement. Mais c’est pas vrai, c’est nous derrière. » Nity travaille dans une entreprise spécialisée dans l’annotation de données, à Madagascar. Il visionne tous les jours de multiples images de supermarchés français afin d’identifier des larcins qui y sont commis. Le discours officiel de l’éditeur de la solution de vidéosurveillance met en avant un traitement automatisé des comportements suspects, grâce à l’intelligence artificielle. Il n’en est rien, assure l’employé : la surveillance en temps réel est en grande partie déléguée à des travailleurs situés à des milliers de kilomètres des rayons de ces grandes surfaces.

Dans son ouvrage Les Damnés de la donnée (Raisons d’agir, 176 pages, 14 euros), Clément Le Ludec, docteur en sociologie, présente le fruit d’une vaste enquête menée en territoire malgache où, comme au Kenya ou aux Philippines, Nity et des milliers d’autres travailleurs œuvrent dans l’ombre.

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