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Les CPE de la région peinent à recruter des éducatrices qualifiées

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Le manque de main-d’œuvre qualifiée demeure l’un des principaux problèmes auxquels sont confrontés les centres de la petite enfance (CPE) en Abitibi-Témiscamingue.

Voilà l’un des constats de l’Association québécoise des CPE exprimés lors de la tournée Diapason, qui s’est arrêtée à Val-d’Or vendredi.

Pour la codirectrice générale Geneviève Blanchard, il est plus que temps que Québec crée des incitatifs à la hauteur des besoins du réseau.

Par le passé, il y a eu l’opération main-d’œuvre, avec le Parcours travail-études qui permettait de qualifier des personnes en travaillant, mais ce n’est pas assez, explique-t-elle. Je compare souvent ça à la construction, où ils n’ont pas arrêté les chantiers en attendant d’avoir des gens qualifiés. Ils ont mis des incitatifs importants pour pouvoir recruter. On demande quelque chose de similaire pour le réseau des centres éducatifs à l’enfance.

France-Claude Goyette et Geneviève Blanchard posent ensemble dans le corridor du centre de la petite enfance.

France-Claude Goyette, directrice générale du CPE La Magie du Rêve, et Geneviève Blanchard, codirectrice générale de l’Association québécoise des CPE.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Cette vision est partagée par France-Claude Goyette, directrice générale du CPE La Magie du Rêve de Val-d’Or, qui peine à recruter le personnel nécessaire pour ses trois nouvelles installations qui ouvriront cet automne. Pas moins de 35 postes d'éducateurs ont été ouverts, mais seules 20 candidatures ont été reçues jusqu’à présent, toutes provenant de personnes non qualifiées.

On a des jeunes étudiantes qui veulent faire le métier, mais qui arrivent non qualifiées, note-t-elle. C’est dur pour nous de respecter le ratio entre les qualifiées et les non qualifiées. Je pense que ça va s’améliorer, mais en attendant, il nous a fallu développer des stratégies pour combler, comme de créer des postes d’éducatrices volantes ou recruter à l’international. Ça a coûté des sous, mais c’est un choix qu’on a dû faire.

Des enfants jouent avec des morceaux de bouleau avec leur éducatrice.

Selon la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec, il manque 20 éducatrices en Abitibi-Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Près de 1000 enfants en attente

Prêtes cinq ans après leur annonce, les 220 nouvelles places à La Magie du Rêve ne suffiront pas à répondre à la demande des parents inscrits sur la liste d’attente. Cette liste comprendrait 966 noms dans la région, selon les plus récentes données du ministère de la Famille.

C’est difficile d’évaluer les besoins actuels, reconnaît France-Claude Goyette. Avant l’arrivée du portail d’inscription, on avait entre 500 à 600 enfants en attente, mais depuis, ça a monté. Est-ce qu’il y a des doublons? On va voir au fur et à mesure. On va combler nos groupes à l’automne et on sera plus capable d’évaluer la liste d'attente. Mais on s’attend à ce que les calculs du ministère soient peut-être biaisés. Et il va rester des places manquantes.

Des jouets et des bacs identifiés au nom des enfants de la garderie Magie du rêve de Val-d'Or.

Le CPE s'est tourné vers le recrutement à l'international et la création de postes d'éducatrices volantes pour tenter de pourvoir ses postes.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

La lenteur dans la création de places fait partie des problèmes soulevés par le réseau des CPE qui seront inclus dans les revendications en vue des prochaines élections provinciales.

En moyenne, ça prend environ trois ans à développer un CPE, soulève Geneviève Charland. Pourtant, les garderies privées subventionnées le font plus rapidement. Pourquoi ça prend autant de temps? Des éléments avaient été mis en place par l’ancien ministre Mathieu Lacombe pour accélérer le processus, mais les délais semblent avoir repris de l’ampleur avec le temps. Il faut donner aux CPE plus de latitude dans le développement de leurs places.

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