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Le troisième lien s’invite dans une quatrième élection générale consécutive. Vendredi, le Parti conservateur a promis de défendre mordicus un pont à haubans « autoroutier » à trois voies entre la rive sud du fleuve et l’île d’Orléans, une solution « peut-être pas nécessairement optimale », concède Éric Duhaime, mais moins coûteuse pour l’État.
Le troisième lien conservateur s’accrocherait au sud de l’île d’Orléans et relierait la rive nord par le pont à deux voies présentement en construction au-dessus du chenal. Il entraînerait l’élargissement du chemin Prévost et nécessiterait « peut-être » des expropriations « au bout du chemin pour justement connecter avec le pont sur la partie sud ».
Le chef du PCQ l’admet d’emblée : dans un monde idéal, son troisième lien aurait plus de voies, mais il veut l’arrimer avec la construction du pont de remplacement, au nord, dont le coût s’élève à 2,8 milliards de dollars.
« Je ne dis pas que ça va régler tous les problèmes du monde, mais c’est un début, a indiqué Éric Duhaime. À un moment donné, il faut aller de l’avant : on tourne en rond depuis des années avec ce dossier-là. »
Le pont proposé par le PCQ s’accompagnerait d’une facture évaluée à près de trois milliards de dollars, entièrement payée par l’État. Bien que le parti se dise favorable au principe de l’utilisateur-payeur, il exclut pour le moment l’imposition d’un péage sur son troisième lien par souci d’équité par rapport aux automobilistes métropolitains qui ne paient pas pour emprunter les ponts de Montréal.
Éric Duhaime prétend, sur la foi d’un sondage Pallas commandé par son parti en 2024, que sa version du troisième lien recueille la faveur sur l’île. Les résultats de ce coup de sonde, toutefois, se heurtent au scepticisme de plusieurs élus locaux et aux échos que Le Devoir avait entendus sur le terrain lors de la dernière élection.
La CAQ, sous Christine Fréchette, propose de réaliser un troisième lien à péage situé à l’ouest de l’île d’Orléans en partenariat public-privé. Le Parti québécois, de son côté, préconise un tunnel sous le Saint-Laurent pour relier les centres-villes de Québec et de Lévis uniquement en transport en commun. Les libéraux, de leur côté, veulent « poursuivre les études » pour « éventuellement boucler la boucle de circulation. »
Québec solidaire, de son côté, rejette toute forme de troisième lien entre les deux rives.
À boulets rouges sur la CAQ
Le camp conservateur procédait vendredi à une première annonce dans la circonscription de Lévis, le fief de l’ancien acolyte du chef à la radio, Bernard Drainville. Éric Duhaime n’a pas manqué l’occasion de tirer à boulets rouges sur la CAQ et le ministre de l’Économie et ses « larmes de crocodile ».
« La CAQ-Fréchette n’a plus aucune crédibilité dans le dossier du troisième lien à Québec », a tonné le chef conservateur. « Ils nous ont roulés dans la farine depuis des années [...] J’espère qu’aujourd’hui, le député local ne va pas se présenter devant une caméra pour pleurer. »
Devis technique en main, Éric Duhaime a aussi accusé la première ministre sortante d’avoir caché des travaux pour remplacer la membrane du pont Pierre-Laporte prévus en 2027 à des fins électorales.
C’est Radio X qui a exhumé les documents qui prévoient la fermeture partielle de quatre des six voies du pont pendant une fin de semaine complète et des entraves de nuit sur une vingtaine de jours entre le vendredi soir et le lundi matin.
La membrane à remplacer, a rappelé Éric Duhaime, date de 2021. « L’espérance de vie minimum, c’était 15-20 ans. Cinq ans plus tard, ça ne marche plus. Qu’est-ce qui s’est passé? »
Le camp conservateur a demandé des comptes à son adversaire. « Cette première ministre-là, c’est une cachottière. Elle a commencé par cacher le logo de son parti. Elle a continué en cachant le nom du parti. Elle cache le bilan de son parti, puis aujourd’hui, on apprend qu’elle cache les études qui nous annoncent qu’ils vont fermer le pont partiellement l’année prochaine. C’est assez : il va falloir qu’elle sorte de son trou aujourd’hui puis qu’elle réponde à nos questions. »
La principale intéressée a rétorqué qu’elle n’était pas au courant des travaux à faire sur le pont Pierre-Laporte, puis accusé le camp conservateur de vouloir « dépenser des milliards pour couper l’île d’Orléans en deux ».
« Une seule voie de circulation de chaque côté, a ironisé la première ministre sortante, ce n’est pas ça qui va régler les enjeux de mobilité et de fluidité à Québec. »


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