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Les vacances arrivent. Quels ouvrages emporter dans vos bagages ? Le journaliste et animateur de France 5 nous livre sa sélection, préparée avec tout l’amour du monde !
Il est vraiment sous l’eau, «à la limite du burn-out», avoue-t-il. La saison d’Augustin Trapenard a été chargée, entre «La Grande Librairie» sur France 5, RTL, les Oscars sur Disney+, ses collaborations à Psychologie Magazine... Mais son envie de partager son amour de la littérature l’emporte. Le journaliste et animateur accepte de répondre au Figaro TV Magazine pour défendre cinq ouvrages coups de cœur, ses recommandations de l’été.
Un choix très précisément réfléchi, qu’il décline en autant de thématiques : L’épopée pour voyager / Réapprendre à lire ; Le premier roman pour découvrir une nouvelle voix ; Le roman noir qu’on ne lâche pas ; Le grand roman qui contient toute une vie ; L’essai pour se souvenir de pourquoi on lit... Avec, par ordre d’entrée en scène, les œuvres de Jean-Claude Raspiengeas, Ulysse Josselin, Mathilde Beaussault, Virginia Evans et Lolita Pille.
L’épopée pour voyager / Réapprendre à lire
La France à la carte de Jean-Claude Raspiengeas (Équateurs).
« Jean-Claude Raspiengeas, journaliste et voix historique de l’émission “Le Masque et la plume”, propose, dans ce livre à la fois très intime et très érudit, une épopée méconnue, géographique, industrielle et ô combien française : celle de la carte Michelin ! En bon Auvergnat, j’ai été sensible à sa façon de raconter le génie de ces deux frères clermontois - depuis l’invention du pneumatique démontable jusqu’au Bibendum et aux cartes routières - et très ému, aussi, de sa façon de tourner cette aventure familiale en histoire collective. Il revient notamment sur l’art de ces cartes que l’on dépliait en accordéon et que l’on a fini par oublier avec l’arrivée du GPS. Il raconte, dans un chapitre magnifique, la gloire et la débâcle de notre Nationale 7, dont il ne nous reste que quelques tronçons, quelques traces. C’est un livre, au fond, sur tout ce que l’on a perdu, jusqu’à l’art de savoir lire une carte. Un manuel de résistance poétique, aussi, sous le signe de Christian Bobin qui écrivait précisément : “Ce qui nous manque, ce sont nos yeux”.»
Le premier roman pour découvrir une nouvelle voix
L’Arène intérieure d’Ulysse Josselin (Philippe Rey).
« Quelle joie, pour un lecteur, de tomber sur une nouvelle voix dont on sait qu’on ne la quittera pas ! Celle d’Ulysse Josselin est tour à tour fragile et assurée, lyrique et dépouillée, complexe au point qu’on ne saurait la réduire au fait sociologique, médical ou générationnel. C’est l’histoire d’un séjour en hôpital psychiatrique, où le jeune narrateur décide de se rendre par lui-même. Une pulsion de vie et de survie, alors qu’il est pris au piège de la performance sociale. Au gré de séances, il est tenu de relire son histoire en plongeant, précisément, dans son “arène intérieure”. Et c’est ainsi que se déploie, en plus d’un étonnant triangle amoureux, une remarquable généalogie du trauma qui remonte à la violence familiale mais aussi au théâtre du monde de la mode, aux excès de la nuit et aux injonctions contemporaines de posséder et de paraître. Tout l’intérêt réside dans le traitement stylistique et narratif que propose Ulysse Josselin, dont l’écriture lumineuse emprunte notamment à des techniques venues du cinéma. Mais aussi dans son refus de faire de son récit le lieu d’une quelconque consolation ou résilience. Impressionnant ! »
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Le roman noir qu’on ne lâche pas
La Colline de Mathilde Beaussault (Rivages).
« J’avais découvert Mathilde Beaussault avec son premier roman Les Saules, en me rendant dans la ferme de son enfance à l’occasion d’une “Grande Librairie” sur la mémoire littéraire de nos ruralités. Son deuxième livre, La Colline, est lui aussi d’une richesse psychologique, d’une noirceur et d’une intelligence du récit proprement stupéfiantes ! Il y est question, notamment, d’un nouveau-né trouvé dans une benne à ordures, d’une jeune fille de 17 ans un peu paumée, d’une mère dysfonctionnelle et d’une grand-mère guérisseuse… Mais je me garderai bien d’en révéler plus sur l’intrigue de ce roman aussi sombre que bouleversant. J’ai été impressionné par la façon dont Mathilde Beaussault déploie son drame social, au gré de points de vue distincts, d’atmosphères variées, et d’une économie de mots qui retiennent le lecteur jusqu’à la dernière page. Saisi, aussi, par la richesse et la beauté de son écriture qui fait surgir, au bout du compte, la possibilité du lien, de la main tendue, de la lumière.»
Le grand roman qui contient toute une vie
La Correspondante de Virginia Evans (Quai Voltaire).
« On pourrait avoir des réticences à lire un roman épistolaire, mais je fais le pari que La Correspondante vous cueillera ! La correspondante en question, c’est une certaine Sybil Van Antwerp, septuagénaire de caractère, greffière à la retraite, quelque part entre la vieille dame indigne, l’enquêtrice et l’amatrice de romans ! Tout au long du livre, elle se pique de lettres et d’e-mails qu’elle envoie à sa famille, ses enfants, un petit voisin, des auteurs qu’elle admire… Et c’est à travers ces missives que se déploie toute sa vie. Ou plutôt toutes ses vies, car Virginia Evans sait bien que l’âge et l’expérience contiennent une multitude de romans. Surtout si l’on est une grande lectrice. La Correspondante est un livre délicieux - drôle, intrigant et bouleversant - qui nous rappelle souvent l’importance de la littérature dans nos vies. Il y est question de deuil, de secrets de famille, de réconciliation et de rédemption. Inoubliable. »
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L’essai pour se souvenir de pourquoi on lit
Antigone reine de Lolita Pille (Cherche Midi).
« Antigone reine est un essai intime et érudit à la gloire de la littérature. Un essai où la romancière Lolita Pille incarne la littérature par la figure d’Antigone, symbole de résistance, de vérité et de droiture. Avec une intelligence et une vitalité inouïe, elle puise dans ses lectures de Woolf, Proust, Pasolini, Charlotte Brontë ou Sylvia Plath pour relire son parcours et lui donner un sens. Face aux doutes, aux échecs, aux barrières plus ou moins visibles qu’elle a pu rencontrer, elle convoque la littérature comme béquille, boussole et catalyseur d’ouverture et de pensée. Sa joie contagieuse, sa contemporanéité, son exigence à chaque page font d’Antigone reine l’un des plus beaux livres sur la littérature qu’il m’ait été donné de lire. Au fond, nous dit Lolita Pille, quoi d’autre pour nous aider à résister à la tyrannie des esprits, au fascisme rampant, aux limites sans cesse imposées à notre liberté ? Lauréat du prix de l’essai France Télévisions, donné par des lecteurs de toute la France qui ont entre 25 et 70 ans, Antigone reine a été élu au premier tour de scrutin à dix voix contre une, en l’espace de dix minutes, face à des pointures universitaires, politiques et théoriques. Ne le manquez pas ! »


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