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L’Alberta a franchi le cap historique des 5 millions d’habitants à l’été 2025, confirmant son statut de pôle d’attraction démographique au Canada, selon les données de rapports provinciaux. Or, le gouvernement Smith semble vouloir revoir le dossier de l'immigration.
La province comptait 5 029 346 résidents au 1er juillet 2025, selon son rapport annuel sur la population 2024-2025 (nouvelle fenêtre) (en anglais) compilé à partir des données de Statistique Canada. La croissance annuelle a été de 2,5%, contre 4,7% l’année précédente.
Selon ces données, l'Alberta est la seule province en croissance au troisième trimestre 2025 avec 11 525 nouveaux résidents, malgré les quotas d'Ottawa qui réduisent l'immigration internationale.
Un frein fédéral sur les résidents temporaires
En réponse au plan fédéral 2025-2027 visant à réduire la proportion nationale de résidents non permanents à 5 %, l’Alberta a enregistré l'an dernier un départ net de 10 605 résidents temporaires au troisième trimestre 2025 (nouvelle fenêtre) (en anglais).
Ce solde négatif a annulé presque entièrement les gains de l’immigration permanente, augmentant le solde migratoire international net de 197 personnes pour ce trimestre. En comparaison, au troisième trimestre 2024, il était de 32 046 .
Bilan des départs nets au troisième trimestre 2025 :
- 4145 titulaires de permis de travail;
- 3649 titulaires de permis d’études;
- 3315 détenteurs de permis combinés;
- 723 autres types de permis.
Daniel Brière, consultant en immigration à Calgary, décrit une correction fédérale très agressive.
La pendule est allée trop loin, affirme-t-il, évoquant la réduction des cibles de résidents permanents et une coupe d’environ 50 % des permis d’études. Il met en garde contre un effet entonnoir où des travailleurs déjà intégrés, payant des impôts, se voient privés de voie vers la résidence permanente en raison de quotas provinciaux insuffisants.
On a changé le contrat, affirme-t-il.
Résilience et défis d’intégration
Malgré ce frein, l’immigration permanente reste un pilier solide. La province a accueilli 58 194 nouveaux résidents permanents en 2024-2025, se classant au deuxième rang national, derrière l’Ontario.
Cette immigration a été le principal contributeur à la croissance démographique absolue de la province, représentant 43 % de l’augmentation.
Cependant, des acteurs locaux dénoncent une perte de contrôle. Alphonse Ndem Ahola dirige la Francophonie canadienne plurielle (FRAP). Il affirme que la campagne l'Alberta vous appelle a créé un malentendu.
Selon lui, le message a attiré massivement des Canadiens de l’Est, ce qui a provoqué un effet de rattrapage à partir de 2022, à la suite d'une pause à cause de la COVID-19, que les infrastructures ne peuvent plus absorber. M. Ahola considère en outre que les immigrants servent de boucs émissaires aux difficultés provinciales.
De son côté, Daniel Brière parle d'un contrat rompu, décrivant le débat sur l'immigration comme un écran de fumée qui masque d'autres échecs politiques.
Le dilemme démographique
L'Office de la statistique et de l'information albertain (OSI) prévoit 6,9 millions d’habitants d'ici 2051, la migration devant fournir 84 % de cette croissance.
La première ministre Danielle Smith réclame plus de pouvoirs en immigration pour soutenir l'économie, mais la volonté de réguler les flux se heurte à des besoins chroniques de main-d'œuvre. L’Alberta a besoin de travailleurs pour survivre, souligne M. Brière.
L'âge médian en Alberta est de 38 ans, alors que la moyenne canadienne est de 40 ans. Le rapport annuel 2024-2025 de la province souligne également que le nombre de décès est en hausse et que la croissance naturelle ralentit. À cela s'ajoute la proportion de personnes âgées, qui s'élève désormais à 15,5 %.
Daniel Brière prédit que le besoin démographique persistera : À un moment donné, on va dire "il faut plus de monde".
Parallèlement, l’Alberta conserve son attractivité au sein du Canada. Elle a enregistré un afflux net de 28 138 migrants interprovinciaux en 2024-2025, le niveau le plus élevé du pays pour la 13e année consécutive.


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