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Les chemins de fer pour propulser la Côte-Nord sur la scène mondiale

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Portée par l’effervescence de la demande pour les minéraux critiques, la Côte-Nord cherche à se positionner sur l’échiquier commercial mondial, notamment vis-à-vis l’Union européenne. Pour s’imposer, la région prévoit des projets de restructuration de ses infrastructures ferroviaires et portuaires, afin d’être prête au moment opportun.

Le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie dirige une étude sur le raccordement de deux chemins de fer qui relient les villes de Port-Cartier et de Sept-Îles aux gisements miniers de la fosse du Labrador.

Une carte du réseau ferroviaire et portuaire destiné à l'exploitation minière sur la Côte-Nord.

Le gouvernement du Québec évalue le projet de relier les chemins de fer d'ArcelorMittal et de QNS&L qui mènent vers la Fosse du Labrador. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

On apprend par un porte-parole du ministère que cette étude va évaluer d’autres scénarios permettant d'augmenter la capacité à exploiter les ressources minérales et d'en maximiser les retombées économiques. Il a cependant refusé de révéler quels scénarios étaient envisagés.

On voit la volonté des gouvernements de connecter les ressources naturelles aux marchés mondiaux, d’intégrer des infrastructures de façon optimale, observe le directeur du développement industriel pour Innovation et développement Manicouagan, Guy Simard.

Ces voies ferrées appartiennent à des minières établies qui priorisent leurs besoins. Selon le directeur du centre d’expertise RAIL du Cégep de Sept-Îles, Luc Faucher, le gouvernement cherche à favoriser le développement de nouveaux projets miniers par d’autres industriels. La logistique ne doit pas être un facteur limitant pour l’exploitation de la fosse du Labrador.

Luc Faucher sourit à la caméra.

Luc Faucher, directeur du Centre d'expertise ferroviaire RAIL au cégep de Sept-Îles. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Luc Faucher attire l’attention sur Minerai de fer Québec qui envisage de développer plusieurs projets au nord du Québec et du Labrador, selon le site web de la minière. Car si, pour l’instant, le réseau ferroviaire suffit à la demande, l’ouverture de nouvelles mines nécessitera d’augmenter la capacité du transport, évalue-t-il.

Des investissements stratégiques dans les infrastructures sont requis afin de créer un véritable corridor pour les minéraux critiques, confirme une porte-parole de Minerai de fer Québec. Concrètement, cela passe par l’augmentation de la capacité et de l’efficacité du transport ferroviaire, qui permettra d’accroître nos exportations.

La SOPOR veut aussi un prolongement

La Société du port ferroviaire de Baie-Comeau (SOPOR) profite elle aussi d’une meilleure conjoncture, selon son directeur général, Cédric Bérubé. La société travaille sur un projet de prolongement de la voie ferrée, une première depuis 2008. À cette époque, l'organisation avait prolongé ses installations pour relier le secteur de la route maritime vers le parc industriel Jean-Noël Tessier.

Cette fois, le projet de prolongement de 2,5 kilomètres de ce tronçon dans le parc Jean-Noël Tessier a pour but de raccorder de nouvelles industries, plus particulièrement le futur complexe de l’entreprise Hy2gen.

Il est à l'étape de l'évaluation, car il nécessite la garantie d'importants volumes de marchandises pour justifier les investissements du privé et du gouvernement.

Un homme debout en complet sourit à l'objectif.

Le directeur général de la Société du port ferroviaire de Baie-Comeau (SOPOR), Cédric Bérubé, estime que la SOPOR a une incidence positive sur le développement économique de la Côte-Nord. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Il y a de l'effervescence dans la demande d’entreposage, de transport. Le défi, c’est d’être capable d’y répondre au bon moment, pour être prêt quand la demande est là, fait savoir Cédric Bérubé.

L'organisation se prépare à l'augmentation de la demande en entreposage et en transport sur la Côte-Nord. Elle souhaite s'assurer que son offre soit prête au bon moment pour soutenir la logistique d'autres projets d'envergure.

QcRail : un projet en hibernation

En marge de ces projets, celui de QcRail, visant à relier Baie-Comeau au réseau continental en passant par Dolbeau-Mistassini, pourrait être réévalué, décrète l’un des instigateurs du projet, Guy Simard.

Tracé approximatif du chemin de fer envisagé par QcRail

Tracé approximatif du chemin de fer envisagé par QcRail en 2020.

Photo : Radio-Canada

Initialement estimé à 2 milliards de dollars, il a été relégué aux oubliettes après avoir vu ses évaluations grimper à quelque cinq milliards de dollars en raison de la topographie nécessitant de nombreux ponts et tunnels, relate Guy Simard.

On pense qu'il y aurait peut-être au moins une façon de regarder le projet QcRail pour qu'il soit un petit peu moins coûteux, mentionne-t-il en restant vague.

Guy Simard prend la pose sur un balcon l'hiver.

Le projet QcRail, porté par ID Manicouagan, s'inscrit dans la vision de corridor énergétique et commercial est-ouest du gouvernement Libéral, juge Guy Simard. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix

Guy Simard est d’avis que le moment pourrait être plus favorable maintenant qu’il ne l’était auparavant. Il explique qu'en raison de la volonté fédérale de diversifier les exportations et du contexte avec les États-Unis, la création d'un corridor de transport a plus de sens aujourd'hui qu'il y a 4 ou 5 ans.

Il s’empresse de modérer les attentes : l'aboutissement d’un tel projet est encore loin. Sa réalisation dépend de l'intérêt des acteurs politiques, des investisseurs privés, du soutien des Premières Nations et de la capacité de générer des volumes de transport suffisants.

Le développement de la région repose sur un défi de synchronisation : bâtir les infrastructures pour attirer les mines, ou attendre que les mines s'installent pour justifier les investissements. C'est l'œuf ou la poule, résume Luc Faucher.

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