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La fébrilité était dans l’air à la Marina en fin d’avant-midi jeudi. Les organisateurs sont arrivés sur leur ski de fond avec leurs traîneaux contenant des vêtements de rechange, de l’eau et de la nourriture.
Quelques minutes après eux arrivait l’autobus qui transportait une cinquantaine d’élèves de l’école secondaire d’Amos. Sitôt sortis, ils ont ajusté leur équipement et se sont lancés sur la rivière Harricana gelée.
Éric Dupras, Marine Claracq et Véronique Samuel-Thomassin, des médecins à Amos, participent au Double défi des deux Mario pour la traversée du lac Saint-Jean depuis quelques années.
C’est une activité de levée de fonds avec des places limitées et, cette année, c’était rempli. On a dit : "On va en profiter pour faire un événement ici", souligne Éric Dupras.

Éric Dupras, Marine Claracq et Véronique Samuel-Thomassin ont fait quelques mètres en ski de fond avant le départ officiel pour ajuster leur équipement et leurs vêtements.
Photo : Radio-Canada / Emily Blais
Ils se lancent dans une expédition de près de 30 kilomètres, en trois jours et deux nuits.
Sachant que l’Abitibi-Témiscamingue regorge de mordus de loisirs extérieurs, ils ont recruté plusieurs skieurs à l’école secondaire. Les élèves sont accompagnés de leurs enseignants de la concentration plein air Antoine Sigouin et Simon Carrier. Simon Carrier, c’est un ancien élève du bac en plein air à Chicoutimi. Celui qui a fondé la fondation et qui a fait partie du programme du bac, c’est son ancien enseignant, Mario Bilodeau, précise-t-il.

Les élèves étaient bien préparés et avaient hâte de partir sur la rivière.
Photo : Radio-Canada / Emily Blais
Certains téméraires accompagneront les adultes lors des trois journées et dormiront dans des tentes.

L'enseignant Antoine Sigouin participe à l'expédition avec ses élèves de première secondaire.
Photo : Radio-Canada / Emily Blais
Éthan Larochelle, 10 ans, accompagne sa mère, Andréanne Mailloux. Le duo a pris le départ en raquette. Ça fait longtemps que je veux faire une expédition avec ma maman. Aussi, pour aider les personnes qui ont le cancer de 9 à 39 ans pour qu’ils aient de l’argent pour faire de belles expéditions comme nous on fait aujourd’hui, dit-il.
Andréanne Mailloux a aussi participé au défi sur le lac Saint-Jean l’an dernier. Ces jeunes-là, ils sont venus nous raconter que ça leur a fait du bien de parler avec des gens qui les comprenaient. Un jeune de 12 ans qui vit avec le cancer dans son école, il y en a probablement pas d’autres, tandis que là, ils vont aller à la pêche au saumon, avec une équipe médicale. 100 % des dons qu’on donne vont tous là. On paye pour tout, raconte-t-elle. Elle estime avoir déboursé près de 300 $ sans compter son équipement.

Éthan Larochelle accompagne sa mère, Andréanne Mailloux. Cette dernière a participé au Double défi des deux Mario en 2025 au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Photo : Radio-Canada / Emily Blais
C’est une fondation qui est très peu connue en Abitibi, signale Véronique Samuel-Thomassin, médecin de famille depuis 18 ans. Elle avait été impressionnée par le documentaire La vie devant moi d’André Robitaille.
Chez les adolescents, les jeunes adultes, il y a moins de services et c’est une population qui commence sa vie, qui va à l’Université, qui crée sa famille, et ceux qui sont atteints de cancer ont souvent l’impression de toujours être un petit peu plus isolés, mis de côté et de ne pas avoir les mêmes projets, remarque Véronique Samuel-Thomassin. Elle souligne que des personnes de l’Abitibi-Témiscamingue ont bénéficié de la fondation Sur la pointe des pieds.

Véronique Verreault a privilégié le ski hok, plus large, plus court avec de la peau synthétique pour gravir les pentes.
Photo : Radio-Canada / Emily Blais
Il y a des gens qui ne sont pas dans le groupe de plein air, mais qui viennent pour l’après-midi, précise Éric Dupras. On n’a pas d’attente, c’est la première édition, mais on est bien content!
C'est un petit moment de moi à moi, a dit Véronique Verreault pour parler de son implication. C’est le dépassement de soi, estime-t-elle. C’est quand même un défi en soi d’être à l’extérieur une journée complète, mais surtout d’avoir des skis, un traîneau et traîner toutes nos choses.
Autonomie et pelures d’oignon

Les participants apportent avec eux le nécessaire pour être autonomes sur la rivière Harricana.
Photo : Radio-Canada / Emily Blais
Dans les traîneaux, les participants ont un sac de couchage, une tente, de l’équipement pour préparer du gruau ou du spaghetti, le tout permet d’être en autonomie.
Les tentes sont montées, il y a une cuisine sur le lac, la bouffe est faite pour donner une chance aux gens qui n'ont même jamais fait de camping de faire l’expérience. Ici, on a moins de ressources humaines, mais on voulait le faire en mode aventurier aussi pour donner une autre couleur à l’événement, décrit Éric Dupras.
Ils additionnent les couches de vêtements pour éviter d’avoir froid. Le groupe est parti sous le soleil et devra rapidement affronter le vent. Environnement Canada prévoit que le refroidissement éolien sera à près de moins 18 dans la nuit de jeudi à vendredi et de moins 30 vendredi en après-midi.
Rapidement, il faut en enlever parce qu’il ne faut pas avoir trop chaud, ne pas suer, ne pas être humide pour qu’après, être capable de gérer sa chaleur. C’est vraiment d’avancer, de progresser sur la rivière, mais pas trop vite, considère Véronique Samuel-Thomassin.
Le premier défi, c’est de sortir de sa zone de confort, rappelle-t-elle.


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