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Les caquistes appelés à choisir le prochain premier ministre dimanche

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Les candidats à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette et Bernard Drainville, amorcent — à coups d’appels visant à concrétiser leurs appuis — le dernier round d’un dur combat.

Les deux aspirants premiers ministres ont dans leur mire leurs sympathisants respectifs et les personnes indécises parmi les membres qui n’ont toujours pas enregistré leur vote (31,4 % en date de vendredi soir.

Dans les deux camps, la fébrilité s’est ajoutée à la fatigue, au terme d’une campagne de plus de deux mois marquée d’accusations du type : elle dit « le contraire de la vérité » ou encore il « fai[t] peur au monde ».

Christine Fréchette et Bernard Drainville ont tous deux promis de travailler à ramener l’unité dès l’annonce du nouveau chef de la CAQ — et premier ministre désigné — dimanche après-midi.

D’ailleurs, les adversaires apprendront, ensemble, les résultats de la course dans la grande salle du Centrexpo de Drummondville… qui s’annoncent plus serrés que prévu.

Le premier ministre sortant, François Legault, attendra sa successeure ou son successeur dans l’édifice Honoré-Mercier, à Québec, lundi afin d’officialiser la transition qui culminera dans les jours suivants avec la prestation de serment du nouveau chef de gouvernement, puis celles des membres de son Conseil des ministres « réduit » (Christine Fréchette) ou de tout au plus « 20 personnes » (Bernard Drainville).

Bernard Drainville a promis, s’il gagne, d’élever Christine Fréchette vice-première ministre. Quant à elle, Christine Fréchette s’est engagée, si elle gagne, à confier à Bernard Drainville un « rôle important » dans son équipe.

La CAQ survivra-t-elle à la course ?

Dans son bilan de campagne, la candidate Christine Fréchette s’est dite « convaincue que c’est en restant rassemblé que le parti pourra rebâtir la confiance des Québécois et se présenter solide aux élections » générales, prévues le 5 octobre.

La députée de Sanguinet n’avait toutefois pas hésité à jeter les gants après le déclenchement de la course à la succession de François Legault, le 22 janvier dernier, y compris à propos du controversé projet de troisième lien routier entre Québec et Lévis.

« Le tracé n’est pas pour toi, pas pour ton ego », avait-elle lancé à son adversaire, Bernard Drainville, lors du premier des deux débats officiels.

Christine Fréchette s’était, elle, donné « quelques jours d’analyse » en début de course avant de statuer sur le tracé à privilégier pour le troisième lien. Il n’en fallait pas plus pour que Bernard Drainville attaque son indécision. « Être à la CAQ, c’est être pour le troisième lien », a-t-il fait valoir.

Un État plus efficace

Depuis l’officialisation de sa candidature, M. Drainville pourfend « l’État lasagne », cette fonction publique ralentie par ses multiples couches et par les permanences à vie qu’elle accorde à certains fonctionnaires. L’élu caquiste prône d’ailleurs une modification de la Loi sur la fonction publique afin d’abolir ces permanences.

En février, il a répété que l’État-providence longtemps défendu par son patron, François Legault, avait « atteint ses limites ». « L’ADQ de Mario Dumont avait eu le courage de poser ce constat-là », a-t-il soutenu en lançant sa campagne à Lévis.

Ces propos ont poussé son adversaire à le traiter de « girouette » en marge du second débat des candidats à la chefferie, le mois dernier. Elle a rappelé que M. Drainville avait été candidat à la direction du Parti québécois en 2015, qu’il avait « poussé pour un rapprochement avec Québec solidaire » et qu’il se « rapproch[ait] pas mal plus [aujourd’hui] du Parti conservateur ».

À M. Drainville, qui se décrit comme un pur nationaliste et qui a obtenu à la dernière minute l’appui remarqué du ministre Simon Jolin-Barrette, Christine Fréchette oppose son « profil économique fort », en plus de sa fibre nationaliste. L’ancienne ministre de l’Économie assure être la mieux placée pour représenter les deux visages de la CAQ.

« Il ne faut pas qu’on coche soit la “case nationaliste”, soit la “case économique” pour les grandes décisions. Il faut que, systématiquement, on coche ces deux cases-là », a souligné cette ancienne employée du gouvernement de Pauline Marois (2012-2014) en entrevue avec Le Devoir cette semaine.

L’identité au centre de la course

Bernard Drainville reproche pourtant à sa rivale de ne pas cocher assez souvent la case identitaire. Il l’a d’abord accusée d’avoir trop tardé avant de demander la démission du p.-d.g. d’Air Canada, Michael Rousseau — « sur des enjeux comme la langue française, il n’y a pas de place à l’hésitation ».

Puis, il est revenu à la charge plus tôt ce mois-ci : selon lui, la proposition de Christine Fréchette de ressusciter le Programme de l’expérience québécoise menace la capacité d’accueil du Québec. M. Drainville en veut aussi à son adversaire de ne pas avoir révélé l’effet que sa promesse aurait sur les seuils d’immigration — 125 000 nouveaux arrivants admissibles, selon La Presse.

« Elle a caché l’information, et je pense que c’est une information qui est cruciale pour permettre aux membres de faire le bon choix », a clamé M. Drainville au début du mois.

Sur le plan identitaire, Christine Fréchette et Bernard Drainville ont des vues différentes sur le projet de constitution du Québec de leur collègue Simon Jolin-Barrette. La première estime « souhaitable » que le projet de « texte fondateur » soit aussi avalisé par des élus d’opposition. Le second ne voit pas de problème à l’adopter à majorité simple et, potentiellement, par bâillon.

Les membres de la CAQ trancheront le débat dimanche. Mais le dernier mot reviendra aux électeurs québécois le 5 octobre prochain.

Avec Marco Bélair-Cirino

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