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La Ville de Calgary et l’Université de Calgary s'associent pour une deuxième année consécutive afin de recruter des résidents dans la traque aux moustiques.
L’initiative vise à mieux recenser les espèces locales de moustiques et à évaluer les risques sanitaires potentiels, notamment ceux liés au virus du Nil occidental et au virus du lièvre d'Amérique.
Dans quatre parcs de Calgary, les habitants sont invités à se transformer en chercheurs d'un jour. Le principe de cette initiative de science citoyenne est simple : capturer tout moustique qui se pose sur soi, le placer dans un tube fourni sur place et le déposer dans une boîte de collecte.

John Soghigian, professeur adjoint de parasitologie à la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Calgary, dirige un programme de recherche consacré à l'étude des moustiques à Calgary, dans le reste du Canada et à l'étranger.
Photo : Radio-Canada / Arzouma Kompaore
Les participants sont encouragés à écraser l'insecte avant d'être piqués.
Selon John Soghigian, professeur adjoint de parasitologie à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Calgary, ce projet a connu un vif succès l’année dernière : plus de 200 Calgariens y ont participé, permettant de récolter plus de 250 moustiques.
Nous demandons aux Calgariens de nous aider à collecter des moustiques.
Les données recueillies permettront d’étudier les implications pour la santé publique, explique-t-il.
Cette année, des trousses de prélèvement sont offertes au refuge d’oiseaux d’Inglewood, ainsi que dans les parcs Bowness, Prairie Winds et Ralph Klein.
Une espèce envahissante sous la loupe
L'une des préoccupations majeures des chercheurs est la présence grandissante du moustique domestique Culex pipiens, une espèce envahissante.
Découvert à Edmonton en 2018, ce moustique a fait son apparition plus récemment dans le sud de la province. Nous avons trouvé ce moustique pour la première fois en 2022 en collaboration avec la Ville, précise M. Soghigian.
En plus du virus du Nil occidental, le projet permettra d'examiner le virus du lièvre d'Amérique (Snowshoe hare virus), un pathogène souvent présent chez les animaux et soupçonné d'avoir causé des cas d'encéphalite infantile en Colombie-Britannique.

Pour éliminer les larves de moustique, les experts appliquent un traitement à base d'une bactérie appelée Bacillus thuringiensis israelensis (BTI) face à laquelle les moustiques ne développent pas de résistance.
Photo : Radio-Canada / Arzouma Kompaore
Le Culex pipiens est connu pour être un vecteur majeur du virus du Nil occidental dans l’est du Canada. Les chercheurs tentent donc de comprendre son impact sur l'écosystème albertain.
Nous ne savons pas encore si ce moustique modifie la dynamique du virus du Nil occidental à Calgary, mais c’est une question que mon laboratoire étudie, ajoute le professeur.
Une saison qui tarde à s'envoler
Pour l'instant, les Calgariens peuvent profiter de leurs parcs en toute quiétude, affirme Alex Coker, technicienne en gestion intégrée des parasites de la Ville, qui fait le point sur les tendances observées cette année : Nous avons eu de fortes pluies au début de juin, mais il a fait assez frais depuis.

Alex Coker, technicienne en gestion intégrée des parasites de la Ville de Calgary, présente quelques larves de moustiques dans un sac en plastique transparent.
Photo : Radio-Canada / Arzouma Kompaore
Les nombres de moustiques dans nos pièges sont encore faibles par rapport à la moyenne. Actuellement, la moyenne est inférieure à 50 moustiques par piège, contre environ 100 à la même période les années précédentes.
D'après Alex Coker, les conditions idéales pour une saison chargée sont des pluies abondantes suivies de températures élevées. Nous prévoyons que les nombres augmenteront lorsque les températures atteindront les 20 degrés Celsius, avec un pic habituel à la mi-juillet, indique-t-elle.
Elle note toutefois qu’il est difficile de prédire l’ensemble de la saison, car des précipitations supplémentaires pourraient modifier la situation.


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