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Les études montrant à quel point les satellites Starlink vont affecter les observations astronomiques sont nombreuses. La constellation de SpaceX a déjà des impacts sur les télescopes au sol, mais aussi sur de nombreux télescopes spatiaux, comme Hubble, et même des radiotélescopes.
Mais cette fois, c'est un autre ensemble un peu plus petit qui est visé : Amazon Leo. Dans un article en prépublication sur la plateforme ArXiv et repéré par Space.com, on apprend que les satellites destinés à la connexion Internet seraient bien trop brillants, à tel point qu'ils pourraient gêner les télescopes au sol.
Presque invisibles à l'œil nu, mais pas au télescope
Ils émettraient une luminosité au-dessus de la limite recommandée par l'UAI, l'Union astronomique internationale, dont le but est d'assurer la coexistence entre les mégaconstellations de satellites et la communauté des astronomes.
Plus dans le détail, leur magnitude serait de 6,28, ce qui est assez peu à première vue, il est ainsi impossible de les distinguer à l'œil nu la plupart du temps, mais ils restent tout de même bien trop brillants pour les télescopes.
Les constellations de satellites comptent déjà plusieurs milliers d'engins, et vont se multiplier à l'avenir. © FLICKR
Le problème ne réside pas tant dans la conception même des satellites, mais plutôt dans leur positionnement en orbite. La constellation Amazon Leo, qui comprend pour l'instant environ 180 satellites, est placée à 590 kilomètres, bien plus haut que les Starlink, situés à 480 kilomètres d'altitude. Mais surtout, les Starlink sont bien souvent dans l'ombre de la Terre, ce qui réduit leur brillance. Et ce n'est pas le cas des satellites Leo. Ces derniers deviendraient alors beaucoup plus brillants au moment du coucher du Soleil.
En revanche, ils restent bien moins brillants que les satellites BlueBird, les objets artificiels les plus visibles depuis le sol, avec leurs gigantesques antennes de 64 mètres carrés (ou 223 pour les prochains modèles).
Si, pour l'instant, la gêne est limitée en raison du petit nombre de satellites en orbite, Amazon prévoit d'en déployer autour de 3 200 dans quelques années, ce qui pourrait considérablement changer la donne à l'avenir.
Quelques progrès, mais surtout des craintes
Toutefois, les dégâts pourront être limités si les constructeurs travaillent avec la communauté des astronomes. C'est le cas d'Amazon, tout comme de SpaceX, qui ont depuis des années fait en sorte de diminuer la pollution lumineuse dans le ciel nocturne. Cela passe par exemple par des systèmes de miroirs qui dévient la lumière reflétée vers l'espace, au lieu de la renvoyer vers la Terre. Ou encore avec une orientation des satellites, qui fait en sorte que les matériaux les plus réfléchissants ne soient pas dirigés vers le sol.
Il faut dire que les plaintes déposés par les astronomes ont été nombreuses, preuve à l'appui avec des photos du ciel nocturne zébrées de tracés des intrus qui passaient devant l'objectif.
Les mégaconstellations de satellites seront visibles la nuit. © Steve Elliott, Flickr
Ainsi, les nouveaux satellites Leo, bien qu'encore trop brillants, le sont tout de même beaucoup moins que les premiers prototypes qui avaient été mis en orbite en 2023, ce qui est encourageant pour la suite. De même pour Starlink, qui a fait quelques progrès depuis le début du déploiement de sa constellation.
Mais l'avenir est quand même assez terne pour la communauté scientifique, puisque même en diminuant les dommages, la multiplication de ces engins crée un véritable danger sans précédent pour les observations. Et les constellations chinoises en construction dépassent, elles aussi, les recommandations de l'Union astronomique internationale.


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