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Les archives des journaux franco-canadiens de l’extérieur du Québec sont à risque d’être détruites ou confiées à des entreprises américaines, faute de solution viables pour les rendre disponibles au grand public, selon un rapport commandé par Réseau. Presse diffusé mardi.
Numériser et océriser des archives de journaux francophones, soit les rendre consultables par mot-clé en ligne, « s’avère essentiel pour favoriser la découvrabilité du patrimoine écrit franco-canadien à l’ère numérique, mais aussi pour créer une relève en recherche chez les jeunes générations », écrit Sylvain Dupuis, auteur du rapport. Or, très peu des archives des quelque 150 publications franco-canadiennes qui ont existé au Canada sont présentement disponibles en ligne.
Notamment parce que les coûts associés à la numérisation sont importants. Chaque page d’un périodique conservé coûte environ 0,80 $ (taxes comprises), selon Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Ainsi, certains journaux décident plutôt de se départir de leur collection ou de la confier à des entreprises américaines comme Newspapers.com, a découvert M. Dupuis.
Par exemple, quand le Courrier de la Nouvelle-Écosse cherchait quoi faire de ses archives, la province n’avait « pas manifesté d’intérêt » pour la conservation de ces documents. Le journal a donc cédé ses journaux à une plateforme américaine qui rend disponibles les archives, mais derrière un mur payant. Même histoire du côté du journal l’Acadie Nouvelle.
« Le fait de confier du patrimoine franco-canadien à une plateforme américaine comporte un certain nombre de risques, particulièrement dans le climat politique actuel », croit l’auteur, craignant que la convivialité de ce type de plateforme « risque d’attirer d’autres publications dans son giron, faute d’option de rechange viable ». « La tragédie de ce bilan : la destruction d’archives et l’absence de collection papier mobile pouvant être acquise par la Bibliothèque nationale du Québec dans deux cas cités », écrit-il.
D’autres journaux rendent disponibles certaines de leurs archives à différents endroits, notamment en version papier dans des bibliothèques universitaires ou législatives comme la Bibliothèque de l’Assemblée nationale. Des bobines microfilmées (contenant entre 650 et 1000 images ou pages) existent aussi, mais « rendent difficile, sinon impossible, la réalisation de recherches sur de grandes quantités de données », écrit l’auteur.
Des solutions
« À titre de principale plateforme de journaux de langue française dans les Amériques, BAnQ numérique se présente comme un partenaire évident », suggère M. Dupuis. En effet, la plateforme héberge déjà les archives numériques de cinq journaux, dont Le Droit (Ottawa-Gatineau), L’Aviron (Nouveau-Brunswick), Infoweekend (Nouveau-Brunswick), Le Reflet témiscamien (Québec) et Le Soleil de la Floride (Floride). « Mais des contraintes importantes sont imposées par sa mission première et ses ressources limitées », indique l’auteur, qui propose d’autres stratégies pour la conservation des archives.
Entre autres, il croit qu’il faut prioriser les journaux dont les fichiers numériques existent, mais qui ne sont pas hébergés par une plateforme. On parle de 20 hebdomadaires qui « seraient heureux de remettre les fichiers océrisés de leurs hebdomadaires à BAnQ numérique » dit-il.
Puis, il propose que la Bibliothèque de l’Assemblée nationale et la bibliothèque du séminaire de Québec prêtent leurs archives à BAnQ, pour assurer l’océrisation des documents. Même chose pour les microfilms qui pourraient éventuellement être numérisés. Il croit ensuite que des dons des journaux eux-mêmes vers BAnQ devraient être envisagés. « Chaque acquisition pourrait être un événement en soi, une manifestation de l’amitié profonde entre le Québec et les communautés francophones du Canada », écrit-il.
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.


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