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L'opération militaire de Donald Trump au Venezuela est majoritairement critiquée par la population américaine. C'est ce que montre, parmi plusieurs sondages, celui réalisé par YouGov du 2 au 5 janvier pour le magazine britannique The Economist (tableau 1). Les électeurs démocrates mais aussi les électeurs indépendants s'opposent à l'intervention de l'armée dans cette opération. Seuls les électeurs républicains la soutiennent et même partiellement pour un tiers d'entre eux, tandis que 16% y sont opposés.
L'ensemble des personnes interrogées s'opposent à la capture du président vénézuélien déchu Nicolás Maduro et, même chez les électeurs républicains, seule une moitié la soutient totalement. Plus généralement, elles désapprouvent la gestion de la question vénézuélienne par le président Trump. Pour les Américains, Donald Trump n'est pas «l'homme de paix» dont il voudrait imposer l'image.

Tableau 1. Sondage The Economist / YouGov (2-5 janvier 2026, 1.551 citoyens adultes états-uniens).
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Une opération suspecte dans sa réalisation comme dans ses motivations
Ainsi, seuls un quart d'entre eux pensent qu'il devrait recevoir le prix Nobel de la paix. Chez les électeurs républicains, cette proportion n'est que de la moitié.
La critique de cette opération militaire se fonde chez les Américains sur deux raisons: son non-respect des règles nationales et internationales et la nature de ses motivations (tableau 2).

Tableau 2. Sondage The Economist / YouGov (2-5 janvier 2026, 1.551 citoyens adultes états-uniens).
L'opinion publique américaine regrette que Donald Trump n'ait pas demandé l'autorisation du Congrès avant d'engager l'armée dans cette opération et estime qu'elle est illégale au regard de la loi internationale. Les électeurs républicains eux-mêmes ne sont que 55% à l'estimer légale au regard de cette loi.
Quant aux motivations, l'opinion états-unienne n'est pas dupe de celles qui animent le président républicain: une majorité des Américains estiment que l'accès au pétrole vénézuélien est une raison majeure, alors que 18% seulement pensent que la promotion d'une gouvernance démocratique est une raison majeure.
La prochaine phase espérée au Venezuela
Les raisons du désaccord de l'opinion publique avec Donald Trump s'éclairent à l'examen de ses projets concernant la phase politique qui s'ouvre au Venezuela (tableau 3). Seuls 35% des adultes américains sondés sont favorables au contrôle du pays par les États-Unis et parmi eux seulement les deux tiers des électeurs républicains.
Parmi ces 35%, la moitié seulement est favorable à l'intervention de l'armée dans cette prise de contrôle. La culture démocratique des Américains paraît bien vivante: une écrasante majorité dans tous les électorats estime que c'est au peuple vénézuélien de désigner le futur pouvoir et non au gouvernement américain. Les deux tiers d'entre eux souhaitent soit de nouvelles élections (48%), soit l'investiture d'un leader de l'opposition (20%).

Tableau 3. Sondage The Economist / YouGov (2-5 janvier 2026, 1.551 citoyens adultes états-uniens).
En revanche, les personnes interrogées ne sont que 11% à souhaiter soit le maintien au pouvoir de la vice-présidente par intérim actuelle (Delcy Rodríguez), soit l'exercice du pouvoir par les États-Unis eux-mêmes. Ici encore, l'électorat républicain ne se distingue pas des deux autres électorats.
Les Américains, attachés à la démocratie libérale, rejettent le caractère mafieux du pouvoir trumpiste. À la question du contrôle que Donald Trump veut accorder aux compagnies américaines sur les réserves vénézuéliennes de pétrole, leur réponse est claire: seuls 19% se disent d'accord avec ce que prétend faire le président américain. Démocrates et anti-impérialistes, c'est d'abord sur eux que se fonde notre espoir de voir la démocratie libérale rétablie aux États-Unis.





























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