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En arrivant, samedi matin, dans la principauté de Monaco, le pape Léon XIV, a lancé un appel sans précédent dans son pontificat, à la justice sociale, ce qu’il appelle « l’amitié sociale ».
« Le don de la petitesse, avec un héritage spirituel vivant, engagent votre richesse au service du droit et de la justice, surtout à un moment historique où la démonstration de la force et la logique de la toute-puissance blessent le monde et compromettent la paix. » Tel est le premier message, politique et géopolitique, lancé par le pape Léon XIV lors de son arrivée, ce samedi, dans la principauté de Monaco, après sa rencontre avec le prince Albert II accompagné de son épouse Charlène.
Concrètement le successeur de Pierre a expliqué que le « Royaume de Dieu auquel Jésus a consacré sa vie » n’est pas sans effet sur les sociétés parce qu’il « secoue les configurations injustes du pouvoir, les structures de péché qui creusent des abîmes entre pauvres et riches, entre privilégiés et rejetés, entre amis et ennemis. » En effet a plaidé le pape, cette « présence n’écrase pas mais relève, elle ne sépare pas mais relie, prête à toujours protéger avec amour chaque vie humaine, à tout moment et dans toutes les conditions, afin que personne ne soit jamais exclu de la table de la fraternité. »
Place unique
Léon XIV a par ailleurs appelé la Principauté de Monaco à sa responsabilité parce que « dans la Bible, comme vous le savez, ce sont les petits qui font l’histoire ! Les spiritualités authentiques entretiennent cette conscience » et «votre terre» a une « vocation à la rencontre et à la promotion de l’amitié sociale, aujourd’hui menacées par un climat généralisé de fermeture et d’autosuffisance ». Y compris lorsque le sentiment d’impuissance ou d’insuffisance prévaut. Le chef des catholiques a alors précisé « cette foi ne change le monde que si nous assumons nos responsabilités historiques ». En effet a-t-il détaillé : « La composition plurielle de votre communauté fait de ce pays un microcosme » avec une « majorité de citoyens originaires d’autres pays du monde » dont « beaucoup occupent des postes de grande influence dans les domaines économique et financier » ouvre une vocation : « Vivre ici est pour certains un privilège et pour chacun un appel spécifique à s’interroger sur sa propre place dans le monde. »
Cette place unique et internationale, le pape la perçoit comme un « talent » reçu qui appelle une responsabilité : « Aux yeux de Dieu, rien ne doit être reçu en vain ! Comme le laisse entendre Jésus dans la parabole des talents, ce qui nous a été confié ne doit pas être enseveli dans la terre mais doit être mis en circulation et multiplié à l’horizon du Royaume de Dieu ». Cet « horizon » n’est d’ailleurs pas « privé » insiste Léon XIV, « il n’est pas celui d’un monde utopique : le Royaume de Dieu, auquel Jésus a consacré sa vie (…) secoue les configurations injustes du pouvoir, les structures de péché qui creusent des abîmes entre pauvres et riches, entre privilégiés et rejetés, entre amis et ennemis. »
Par ailleurs, ce « talent », et même « chaque bien mis entre nos mains a une destination universelle », impose un « devoir intrinsèque de ne pas être retenu mais redistribué, pour que la vie de tout le monde soit meilleure. » Ce qui impose une logique de liberté et de partage que le pape nomme aussi « l’Écologie intégrale » qui n’est pas seulement l’écologie de la nature, mais celle de l’équilibre personnel et celle de la justesse des relations sociales, comme le pape François l’avait développée.
Foi catholique
Dernière caractéristique de ce premier discours du pape à Monaco, la référence au statut de l’Église catholique dans ce pays. C’est l’un des « rares » a-t-il souligné « à avoir comme religion d’État la foi catholique. » Avec cette mission de travailler « les bonnes pratiques » sociales et politiques : « Je confie à la Principauté de Monaco, en vertu du lien si profond qui l’unit à l’Église de Rome, une mission toute particulière dans l’approfondissement de la Doctrine sociale de l’Église et dans l’élaboration de bonnes pratiques, locales et internationales, qui en manifestent la force transformatrice. »Dans son discours le prince Albert II a insisté sur ce « lien unique » entre Monaco et l’Église catholique, « notre foi fait notre force », c’est « un destin façonné dans la foi catholique qui depuis sept cents ans a guidé notre chemin, forgé notre identité et inspiré notre action, comme en témoigne notre devise : « Deo juvante ».
Le souverain a poursuivi : « C’est donc une Principauté baignée des valeurs chrétiennes qui Vous accueille aujourd’hui (…) Une Principauté qui s’engage dans de nombreux combats qui nous sont communs. » Ainsi, «parmi eux, il y a bien sûr le combat pour la paix», cette « paix désarmée et désarmante » à laquelle vous avez appelé le monde. À l’heure où résonnent les conflits armés, où la force semble triompher, nous savons comme vous que la paix ne peut être durable que si elle est fondée sur la justice et orientée vers la réconciliation. » Conclusion : « Si elle passe par « le dialogue, en recherchant véritablement une solution pour tous », plutôt que par les armes. »
Albert II a par ailleurs insisté sur la dimension écologique de sa politique : «La même conviction guide notre engagement en faveur de notre Planète et de toute la Création » comme « une exigence de fraternité à l’égard de tous nos frères humains, actuels et futurs. C’est une responsabilité collective à l’égard du vivant. Et c’est un impératif de solidarité, de la part de ceux qui ont le plus de moyens. Cette exigence ne saurait être dissociée du respect de la dignité humaine, dans toutes ses dimensions. Protéger la Création, c’est protéger l’homme. »


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