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Invité du Festival Photo de La Gacilly, le photographe et réalisateur Lee Shulman présente une installation immersive née de milliers d'images anonymes. Rencontre.
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Par Charlotte LERAT Publié le 14 juil. 2026 à 10h00
Les visiteurs du Festival Photo de La Gacilly (Morbihan) découvrent cette année l’univers singulier de Lee Shulman. Connu pour son travail autour des photographies du quotidien et fondateur du projet The Anonymous Project, l’artiste franco-britannique propose une installation qui dépasse largement le cadre de la photographie traditionnelle.
« J’adore les images, mais j’adore surtout quand elles se lisent ensemble », confie-t-il lors de sa présentation au public. Une approche qui résume parfaitement sa démarche artistique. Réalisateur de formation, Lee Shulman s’intéresse autant à l’image elle-même qu’aux relations qu’elle entretient avec les autres.
L’homme qui réunit les images pour raconter nos vies
L’exposition présentée sur le parcours du Festival Photo de La Gacilly est née d’une observation simple. En parcourant plusieurs milliers de diapositives anonymes, l’artiste remarque que si les personnes, les modes ou les époques changent, certains paysages demeurent.
« J’ai souvent vu que la vie changeait beaucoup devant, mais que l’arrière-plan ne changeait pas », explique-t-il. « Il y avait ce type d’horizon qui est plus constant dans notre vie. »
À partir de cette intuition, Lee Shulman a imaginé de longues compositions où les horizons se prolongent d’une image à l’autre. Mer et terre se répondent, créant une continuité visuelle qui relie des instants pourtant séparés par le temps et l’espace.
Choisir plutôt que photographier
Le résultat est une installation immersive dans laquelle le visiteur déambule comme dans un récit photographique. Ici, les clichés ne sont plus regardés individuellement : ils deviennent les fragments d’une histoire collective.
Si le travail impressionne par son ampleur, il repose avant tout sur un patient travail de sélection. L’artiste estime avoir consulté près d’un million d’images pour en retenir environ 50 000.
« Le travail d’un photographe, ce n’est pas toujours prendre des photos, c’est aussi choisir une image », affirme-t-il. Une conviction qui l’a même conduit, pendant plusieurs années, à mettre son propre appareil photo de côté pour se consacrer à l’exploration des archives photographiques.
Pour lui, notre époque produit sans cesse de nouvelles images mais oublie souvent de regarder celles qui existent déjà. « On continue à fabriquer des images, mais souvent on ne regarde pas ce qu’on a déjà alors qu’on possède un patrimoine extraordinaire. »
À La Gacilly, Lee Shulman insiste sur un point : ce qu’il présente n’est pas une simple série de photographies.
Une œuvre plus qu’une exposition de photos
« Je ne montre pas des photos. L’œuvre, c’est l’installation », souligne-t-il. La scénographie occupe ainsi une place centrale dans son travail. Le parcours, les rapprochements entre les images et la manière dont le public les découvre participent pleinement à l’expérience.
Cette volonté de créer du lien traverse l’ensemble de son œuvre. « Mon travail, souvent, c’est réunir les gens, les mettre comme une grande famille ensemble. »
Une philosophie qui trouve un écho particulier au Festival Photo de La Gacilly, où les images investissent l’espace public et invitent les visiteurs à partager une même expérience.
L’exposition de Lee Shulman est visible au Festival Photo de La Gacilly jusqu’au 4 octobre 2026.
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