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La fillette d’un journaliste américain (Jack Reynor, vu dans Midsommar) posté au Caire est enlevée. Katie (Natalie Grace) est retrouvée huit ans plus tard, dans un sarcophage. Tandis qu’une policière égyptienne (May Calamawy, The Gladiator II) mène l’enquête, l’adolescente est rendue à sa famille. Défigurée, le corps tordu, incapable de s’exprimer. Possédée par un mal venu de la nuit des temps ? Poser la question…
La momie est donc de retour. Cette fois chez Blumhouse (maison de toutes les horreurs) et non dans la matrice originale qu’est Universal. Et le monstre n’est ni celui de la trilogie mettant en scène Brendan Fraser ni celui qu’affrontait Tom Cruise en 2017, dans l’un de ses rares échecs commerciaux. Cette momie-là, celle de Lee Cronin (c’est écrit jusque dans le titre), est, en fait, à peine une momie. Mais la référence fait vendre, alors splaf ! On la colle sur l’affiche.
Noyée dans une bande-son agressante (on ne remercie pas Stephen McKeon), d’une durée sans commune mesure avec la minceur de ce qu’elle livre, mais portée par la cinématographie remarquable de Dave Garbett, la nouvelle offrande du réalisateur d’Evil Dead Rise/L’opéra de la terreur. Renaissance, Lee Cronin’s The Mummy (La momie. Un film de Lee Cronin), est un feu d’artifice d’effets spéciaux, de gore, de jumpscares, de sang et autres liquides corporels qui coulent ou giclent, d’ongles et de dents qui se brisent et s’arrachent, de peaux qui se détachent et s’enroulent.
Tout cela tournant autour d’une créature qui n’a de la momie originale (salut à Boris Karloff) que les bandelettes. On oublie la mythologie. On oublie l’Égypte, on lui préfère Albuquerque au Nouveau-Mexique. Et on regarde du côté de The Exorcist/L’exorciste, The Conjuring/La conjuration et autres plats populaires à saveur de possession. Puis, on badigeonne le tout de sauce Cronin.
Le cinéaste irlandais a prouvé, depuis The Hole in the Ground/L’enfant unique, qu’il sait créer des atmosphères et qu’il connaît sur le bout des doigts les nuances du genre qu’il pratique. Il excelle à créer des plans originaux et « malaisants » et à grimper l’escalier horrifique. Se posant à peine sur le premier palier, inquiétant ; prenant son temps sur le deuxième, où la peur enfle ; et s’éclatant sur le dernier, où règne la terreur accompagnée de sa (possible) cohorte d’effets grotesques (en chœur : rires et ark !).
Ce faisant, Lee Cronin a également prouvé qu’il se fiche de l’histoire (or, il signe le scénario du long métrage, qui multiplie les incohérences et fuit ne serait-ce que l’ombre d’une quelconque profondeur) et peut-être aussi des acteurs : ici, ils sont laissés à eux-mêmes pour le pire et l’encore pire. Seuls les plus jeunes sont convaincants. Sous les maquillages de Katie Derwin, l’actrice Natalie Grace ne ferait rien qu’elle serait terrifiante. Or, elle fait beaucoup, le fait très bien. Mais trop longtemps.


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