NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Il aura fallu quatre mois de négociations, une surenchère de dernière minute et le retrait surprise de Netflix pour que le deal se produise. Avec le rachat de 21st Century Fox par Disney entre 2017 et 2019, celui de Warner Bros Discovery par Paramount Skydance est certainement la plus importante acquisition de l'histoire du cinéma et de l'audiovisuel. Selon les dernières informations de Reuters, l'offre a été acceptée par les dirigeants de Warner ce 27 février pour la modique somme de 110 milliards de dollars.
Un deal XXL pour David Ellison, le patron de Paramount, qui met non seulement la main sur un concurrent avec son catalogue de plus de 15 000 films et des milliers d'heures de séries, mais aussi un héritage cinématographique et un levier d'influence médiatique et politique unique aux États-Unis.
Paramount signe un deal à 110 milliards pour Warner Bros après l'abandon de Netflix1. Un héritage industriel centenaire
Comprendre la valeur de Warner Bros suppose de remonter bien avant l'ère du streaming. Un peu d'histoire. C'est en 1923 que Sam, Harry, Jack et Albert, quatre frères immigrés juifs polonais naturalisés américains, lancent le petit studio de cinéma Warner Brothers. Et malgré des débuts compliqués, frôlant la faillite dans les premières années, le studio s'est imposé relativement rapidement comme l'un des principaux moteurs de transformation du cinéma américain. En 1927, le film The Jazz Singer introduit les premières séquences parlées synchronisées et marque le début du déclin du cinéma muet. Deux ans plus tard, Lights of New York devient le premier film entièrement parlant, tandis que On with the Show ! inaugure le premier long métrage sonore tourné intégralement en couleur.
De manière générale, l'histoire a montré que Warner Bros n'a pas simplement accompagné l'évolution du cinéma, il l'a souvent provoquée. Cela a encore été le cas en 2020, quand la révolution streaming a battu son plein. Le studio a été le premier grand studio hollywoodien à lancer la stratégie "day-and-date", c'est-à-dire à sortir tous ses blockbusters sur les plateformes le même jour que la diffusion cinéma. Une méthode critiquée par une partie du milieu, dont certains acteurs. L'actrice Scarlett Johansson, par exemple, a poursuivi en justice Disney+ dans ce contexte lors de la sortie du film Black Widow, affirmant que cette sortie simultanée avait "substantiellement dévalorisé" l'accord de bonus sur le box-office qui lui était dû.
C'est ce patrimoine qui explique en partie la valeur stratégique du studio. Acheter Warner, ce n'est pas seulement acquérir des droits, c'est aussi reprendre l'un des laboratoires historiques de l'audiovisuel mondial.
Des pirates en exil, des embrouilles avec Thomas Edison, un panneau publicitaire devenu un symbole : comment est né Hollywood ?Un héritage que David Ellison promet de préserver, a-t-il indiqué dans le communiqué officiel de l'annonce du rachat. Le patron de Paramount affirme vouloir "honorer l'héritage de deux sociétés emblématiques tout en accélérant la création d'un groupe médiatique de nouvelle génération".
David Ellison. ©Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.2. Une machine mondiale à produire du contenu
Mais la vraie puissance du deal ne tient pas uniquement à l'aura historique de l'entreprise. Au fil des années et des fusions, Warner Bros Discovery a largement dépassé le statut de simple studio de cinéma. Il faut savoir que le groupe rassemble aujourd'hui des activités très différentes : les films produits par Warner Bros Pictures, les séries premium de HBO et HBO Max, l'information en continu de CNN, mais aussi des chaînes de divertissement comme Discovery Channel, HGTV ou TLC, présentes dans des millions de foyers américains.
De son côté, Paramount dispose d'un ensemble plus ou moins comparable, avec CBS, MTV, Comedy Central, Nickelodeon ou Showtime, auxquels s'ajoutent ses plateformes Paramount+ et Pluto TV.
Additionnez les deux et vous obtenez quelque chose de rare, c'est-à-dire un groupe capable de produire un film, d'en faire une série, de le diffuser à la télévision, de l'exploiter en streaming et d'en vendre les produits dérivés, sans jamais sortir de son propre écosystème. Ce modèle d'intégration totale inquiète d'ailleurs une partie de l'industrie et des régulateurs, qui y voient le risque d'un Hollywood dominé par quelques géants capables de contrôler toute la chaîne. Une concentration susceptible de réduire la concurrence, de marginaliser les producteurs indépendants et de favoriser des contenus toujours plus formatés.
La dernière idée (très onéreuse) de Paramount pour rafler Warner BrosDe quoi permettre en tout cas à ce nouveau groupe de "concurrencer efficacement les principaux services de streaming", comme l'indique le communiqué de Paramount. Et d'ajouter : "Nous nous engageons à produire au minimum 30 films de cinéma par an".
3. Des franchises qui ont rapporté et qui continuent de le faire
Depuis son entrée dans le cinéma parlant, Warner s'est orienté vers un autre levier économique : la création et l'acquisition de personnages et franchises durables depuis les années 1940. Côté animation, la Warner Cartoon Studio a par exemple donné naissance à Bugs Bunny et la bande de Looney Tunes. Côté bandes dessinées, Warner acquiert DC Comics en 1969, héritant de personnages cultes comme Superman et Batman.
L'idée est qu'un film rapporte une fois, mais un personnage rapporte pour toujours. Et si Paramount accepte de débourser 110 milliards de dollars, ce n'est pas seulement pour des studios ou des chaînes de télévision. La véritable richesse du deal tient là-dedans, dans ce qu'on appelle les IP, les propriétés intellectuelles.
Les studios ont compris que le public se tourne vers des marques déjà connues."
Le nouvel ensemble réunira donc certaines des franchises les plus rentables jamais créées : Game of Thrones, Harry Potter, Mission : Impossible, l'univers DC ou encore Bob l'Éponge. En somme, des marques capables de générer des revenus bien au-delà de leur exploitation initiale.
Un système qui a déjà fait ses preuves. Le dernier Mission: Impossible a généré 190 millions de dollars de recettes mondiales dès son week-end de lancement, toujours selon Reuters. La saga dépasse désormais les 4 milliards de dollars cumulés au box-office mondial, sans compter les ventes numériques et les droits télévisés. Le cas Harry Potter reste encore plus révélateur. Les huit films ont rapporté près de 10 milliards de dollars en salles. Mais l'essentiel des revenus provient désormais ailleurs. Des parcs à thèmes, jeux vidéo, produits dérivés et nouvelles adaptations.
"Les studios ont compris que le public se tourne vers des marques déjà connues", explique Paul Dergarabedian, analyste média chez Comscore, cité par CNBC. Selon lui, les franchises offrent aux spectateurs "le confort du familier", réduisant le risque commercial des grosses productions. Et le phénomène se voit dans la production. En 2025, entre 50 % et 70 % des films produits par les grands studios américains seront liés à des univers existants : suites, remakes ou adaptations.
4. Des rapports étroits avec le président américain
Il faut savoir que le patron de Paramount, David Ellison, n'est pas un dirigeant hollywoodien comme les autres. Fils du fondateur d'Oracle Larry Ellison, un important donateur républicain, le producteur entretient depuis plusieurs années des relations étroites avec le président américain Donald Trump.
Netflix devrait virer immédiatement Susan Rice, cette raciste et fanatique, sous peine de sanctions. Elle n'a aucun talent ni aucune compétence : une simple opportuniste politique !"
Ce dernier s'est d'ailleurs impliqué dans les négociations. Officiellement, Donald Trump assurait vouloir rester à distance. "Je ne m'en mêlerai pas. Le ministère de la Justice prendra sa propre décision", déclarait-il encore début février devant la presse. En toile de fond pourtant, le président n'hésite pas à dire que le rachat par Netflix aurait constitué "un problème". De plus, son entourage s'est activé intensément. Comment ? Via Jared Kushner, gendre et ancien conseiller de Trump, qui intervient dans le montage financier de l'opération via son fonds d'investissement Affinity Partners.
L'ombre de Donald Trump plane sur le rachat de Warner Bros, et l'ambitieux fiston Ellison veut s'imposerUne proximité qui n'a d'ailleurs pas plu à Netflix et son conseil d'administration, dont Susan Rice, ancienne membre du parti démocrate. Celle-ci pointait du doigt les entreprises "qui s'agenouillent devant Trump", visant notamment implicitement Paramount. Sans détour, Donald Trump a répliqué comme à son habitude en publiant fin février sur Truth Social : "Netflix devrait virer immédiatement Susan Rice, cette raciste et fanatique, sous peine de sanctions. Elle n'a aucun talent ni aucune compétence : une simple opportuniste politique ! Son pouvoir est perdu à jamais. Combien est-elle payée, et pour quoi faire ?"
Une tension palpable entre le président américain et Netflix qui pourrait arranger la fusion des deux géants Paramount et Warner dans la course au streaming, actuellement dominée par Netflix et ses 325 millions d'abonnés. À titre de comparaison, HBO Max en cumule 130 millions, selon les dernières données publiées.
Mais pourquoi Trump a-t-il intérêt à mettre son grain de sel ? La réponse est en trois lettres : CNN. Comme mentionné plus haut, Warner possède la chaîne de télévision détestée par le président, qu'il accuse (très) régulièrement de "fake news" et d'"organisation mourante". Sauf que maintenant que son "ami" David Ellison prend les rênes, la chaîne d'information peut craindre le pire. En décembre dernier déjà, Donald Trump avait lancé que "CNN devrait être vendue parce que les gens qui dirigent CNN en ce moment sont soit corrompus, soit incompétents". De bon augure pour la suite.
En attendant, ni le président américain ni David Ellison ne peuvent encore jubiler. Le deal doit encore passer par le vote des actionnaires, le 20 mars prochain, l'approbation des autorités de régulation aux États-Unis et en Europe. Et à entendre Rob Bonta, procureur général de Californie, la fusion est "loin d'être acquise", rapporte le Guardian. "Le rachat de Paramount par Warner Bros n'est pas encore finalisé", a-t-il déclaré dans un message publié sur X. "Ces deux géants d'Hollywood n'ont pas encore passé l'examen des autorités de régulation : le ministère de la Justice de Californie mène une enquête, et nous comptons bien mener un examen approfondi." Affaire à suivre.
-> Retrouvez notre dossier spécial #Eco$tory
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


3 month_ago
20



























.jpg)






French (CA)