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Le Venezuela a adopté une réforme rompant avec des décennies de contrôle étatique. Dans la foulée, les États-Unis ont annoncé une levée partielle des sanctions visant la compagnie publique PDVSA.
Passer la publicité Passer la publicitéLe Venezuela a engagé ce 29 janvier un tournant majeur dans sa politique pétrolière avec l’adoption d’une réforme de la loi sur les hydrocarbures ouvrant de façon large le secteur aux acteurs privés. Intervenant dans un contexte politique et diplomatique tendu, cette décision s’inscrit dans la série d’événements qui vont de la capture de Nicolás Maduro par les États-Unis, début janvier, à l’annonce, dans les semaines suivantes, d’une levée partielle des sanctions américaines imposées depuis 2019.
Le nouveau texte, approuvé à l’unanimité par l’Assemblée nationale, met fin au monopole de fait de l’État et des entreprises en majeure partie publiques. À présent il autorise les entreprises privées, nationales ou étrangères, à exploiter et distribuer, de même qu’à commercialiser le pétrole sans participation obligatoire de l’État. «L’objectif principal de cette loi est que nous cessions de dire que nous avons les réserves les plus importantes du monde pour commencer à dire que nous comptons parmi les principaux producteurs de pétrole de toute cette planète», a déclaré Jorge Rodríguez, le président de l’Assemblée nationale.
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Sur le plan fiscal, la réforme introduit un cadre plus flexible, les multiples taxes existantes laissant la place à une contribution unique plafonnée à 15 % ainsi qu’à des redevances maximales de 30 % sur les revenus bruts. L’exécutif se réserve la possibilité d’adapter ces taux selon les projets. Pour le gouvernement, cette architecture doit permettre de restaurer l’attractivité du pays, dont la production est passée de 3 millions de barils par jour au début des années 2000 à un creux historique de 350.000 barils en 2020, avant de remonter autour d’1,2 million à l’heure actuelle selon les autorités. Commentée dans les médias publics, la réforme est présentée comme un levier de souveraineté économique. Le Correo del Orinoco, un quotidien national, rapporte que Delcy Rodríguez, la présidente par intérim, a souligné que l’adaptation de la loi vise à «protéger le contrôle des ressources stratégiques de la nation afin de garantir l’indépendance financière du Venezuela.» Le quotidien précise que «29 contrats de participation productive aux hydrocarbures ont déjà été signés», un mécanisme qui aurait permis d’attirer près de 900 millions de dollars d’investissements.
La réforme échoue à susciter l’unanimité. L’ancien ministre du Pétrole Rafael Ramírez, à ce jour en exil, a dénoncé un « énorme recul », estimant que le texte rompt avec la nationalisation de 1976 sans véritable débat public.
Quelques heures après l’adoption de la réforme, Washington a annoncé une suspension partielle des sanctions visant la compagnie publique PDVSA. Les transactions menées par l’entreprise ainsi que par ses principales filiales bénéficient à présent d’une autorisation, ouvrant de fait la voie à une reprise des échanges avec des sociétés américaines. Plusieurs analystes soulignent que ces annonces répondent à des exigences formulées de longue date par Washington. Le président américain Donald Trump indique d’ailleurs avoir demandé la réouverture de l’espace aérien vénézuélien aux vols commerciaux. Pour autant, le Diario VEA souligne que le pouvoir revendique une certaine continuité. Delcy Rodríguez a précisé que la réforme «réaffirme la souveraineté sur nos ressources énergétiques» et porte «l’empreinte du commandant éternel Hugo Chávez.»Elle a d’autre part salué le vote unanime, qu’elle juge révélateur d’une «cohésion nationale» autour des objectifs économiques du pays.
Reste que la réforme échoue à susciter l’unanimité. L’ancien ministre du Pétrole Rafael Ramírez, à ce jour en exil, a dénoncé un «énorme recul», estimant que le texte rompt avec la nationalisation de 1976 sans véritable débat public. D’autre part, des critiques portent sur la capacité réelle du Venezuela à attirer des investisseurs dans un contexte de forte instabilité politique et juridique. Sur le plan social, les travailleurs et les analystes espèrent que l’afflux de capitaux et de devises permettra d’améliorer les conditions de vie des travailleurs du secteur et de freiner l’inflation. Lors d’une manifestation organisée en marge du débat parlementaire, une employée du secteur, citée par l’AFP, estimait que la réforme permettrait d’aider «à améliorer leurs conditions de vie.» Les effets concrets de cette ouverture dépendront malgré tout de la mise en œuvre des nouveaux contrats, et de l’évolution des relations avec les États-Unis dans les mois à venir.


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