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Le lundi 13 juillet 2026, nous avons rencontré aux Pieux (Manche) le trio Minh May. L’occasion de faire un point sur leur carrière, et notamment de leur prochain EP en octobre.
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Par Rédaction La Presse de la Manche Publié le 1 août 2026 à 21h09
Le trio Minh May jouait à Sciotot, aux Pieux (Manche), le lundi 13 juillet 2026. Une musique de brume et de guitares glaciales posée là, au bord de l’eau, en plein cœur de l’été. Un décalage qui leur ressemble. Une occasion de parler de leur prochain EP, cinq titres, qui sortira en octobre. Ils annoncent un virage assumé vers plus de lenteur et plus d’ombre.
Il faut imaginer la scène. La plage de Sciotot, la lumière longue de la mi-juillet, et sur les planches du Sciøt Cial Club un groupe qui revendique une musique de brume et de dystopie. Minh May a ouvert la soirée, et le décalage n’avait rien de gênant. Il était même assez juste. Ce trio a toujours travaillé la matière maritime, mais du côté froid, celui des grains et des ciels bas plutôt que des serviettes de bain.
L’histoire commence en 2007, dans une cave de la rue Paul-Verlaine à Tourlaville, où Nicolas et Jérémy se retrouvent dix ans après s’être rencontrés au sein d’un autre groupe, Pistrix. Ils fondent Minh May en duo, sont rejoints trois ans plus tard par un batteur, repassent en duo, puis redeviennent trio quand Cyril arrive à la basse et au synthé.
Aujourd’hui, Nicolas tient la guitare, le chant et les machines, Jérémy les beats électroniques, les cymbales acoustiques et le chant. Une cinquantaine de concerts au compteur, six albums depuis I dreamed about rock’n’roll en 2011, et toujours pas la moindre intention d’en faire un métier. Famille et boulot à côté, ce qui explique les tournées qu’ils ne font pas et les disques qu’ils font quand même.
Le froid comme signature
Le son, ils le rangent sous l’étiquette du frozen electro rock, un mélange de beats électro, de guitares glaciales et de basse acérée, une musique qui oscille entre l’ombre et la lumière sans jamais choisir tout à fait. Les influences se lisent à livre ouvert, Nine Inch Nails, Depeche Mode, The Young Gods ou encore LCD Soundsystem, autant dire une généalogie du frisson.
Ces derniers mois les ont bien servis. En juin 2025, ils clôturaient la scène Terre des Art’Zimutés sur la plage verte de Cherbourg, à une heure du matin passée, ce qui reste une forme de consécration. En mars, ils sortaient Idiot VS Barbarians, un clip frénétique tourné en partie pendant les Foulées de La Presse de la Manche, où un désespéré muni d’une pancarte errait au milieu des coureurs.
On aurait pu s’attendre à ce que le groupe pousse encore la fureur. Mais il va faire l’inverse. Un nouvel EP se termine, cinq titres, sortie annoncée en octobre, avec un clip actuellement en tournage. Et un déplacement net du curseur. « Le tempo est plus calme, l’écoute est plus lente », annonce le trio, qui parle de down tempo.
Il y a plus d’espace entre les sons, et cet espace donne plus de matière.
Moins de notes, donc, et davantage de place pour ce qu’il se passe entre elles. Cette nouvelle production fait le pari de traiter le vide comme un matériau à part entière.
« C’est l’ambiance générale qui nous inspire », ajoutent-ils. S’ils refusent la posture du désespoir confortable, il n’y a rien de défaitiste. Ils se voient plutôt en artistes qui vivent dans le monde et qui font office de catalyseur, quelqu’un qui absorbe l’époque et la renvoie transformée. « On connait notre chance d’être là », confient-ils.
De notre correspondante Laure GHANNAM
Dans quelques jours, Minh May sera à MusiKenSaire à Barfleur. Et à Cherbourg le 2 octobre au Juxtabar.
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