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L’Île-du-Prince-Édouard sort d'une année touristique record en 2025. Les touristes sont plus nombreux et dépensent davantage. Mais derrière les chiffres, les défis de rentabilité et de main-d’œuvre persistent.
La province a accueilli 1,87 million de visiteurs non-résidents. Une augmentation de la fréquentation de 10 % par rapport à 2024. Les touristes viennent principalement du Canada et des États-Unis, mais aussi du Royaume-Uni et d’Allemagne.
Ce qui est marquant, c'est surtout l'argent laissé sur place : les dépenses touristiques ont bondi de plus de 12 %.
Corryn Clemence, directrice générale de l’Association de l’industrie touristique de l’île, se dit ravie. Elle apporte néanmoins une nuance importante : plus de revenus ne veut pas dire nécessairement plus de profits.
Pour elle, l’augmentation des dépenses des touristes ne garantit pas la rentabilité des opérateurs, qui doivent jongler avec la hausse des coûts d’exploitation.
Plus de 100 000 visiteurs dans les musées
L'afflux record de touristes profite cependant à toutes les régions de la province.
Il s’agit d’une stratégie délibérée pour éviter le surtourisme dans des points chauds comme Cavendish ou Charlottetown, explique Corryn Clemence.
Nous essayons de disperser les voyageurs et cela contribue aussi à soutenir les communautés rurales.
Cette dispersion porte ses fruits : la fréquentation des musées et sites patrimoniaux de la province a bondi de 29 %.
Plus de 100 000 visiteurs ont fréquenté les sept musées provinciaux en 2025. Le Musée acadien de l'Île-du-Prince-Édouard à Miscouche a notamment attiré plus de 6000 curieux.
C’était vraiment une très bonne année, nous avons trouvé que pour septembre et octobre la saison était plus forte que dans le passé, affirme Matthew McRae, directeur général de la Fondation du musée et du patrimoine de l’Île-du-Prince-Édouard.

Selon Matthew McRae, la maison historique Beaconsfield, le musée Basin Head Fisheries et le village historique Orwell Corner sont les trois musées qui ont enregistré le plus de visites en 2025. (Photo d'archives).
Photo : Radio-Canada / Honorine Ngountchoup
Cette croissance s'étire désormais tout au long de l’année. De plus en plus de monde choisit de visiter l’île à l’automne, en hiver et au printemps. Depuis 2019, le tourisme hors saison a grimpé de 18 %.
L’industrie touristique a élaboré une stratégie afin d’étendre la saison et développer des produits touristiques axés sur l’hiver, comme le festival Jack Frost en février.
Risque d’épuisement des professionnels
Cette extension de la saison vient cependant avec son lot de défis, prévient Linda Lowther, figure de l'industrie touristique depuis 50 ans à Cavendish.
C’est toujours très difficile d’avoir des employés en septembre, dans les restos, dans les hébergements, ce sont souvent des étudiants qui retournent aux études après la fête du travail, relève-t-elle.
Le recrutement de personnel est également un défi pour Matthew McRae.
Chaque automne, on cherche des gens pour travailler un mois ou deux, parfois on trouve des étudiants qui travaillent à temps partiel, mais on n’a pas trouvé la solution magique, dit-il.

Linda Lowther explique que la mise en place d'un service d'autobus qui relie Cavendish à Charlottetown et Summerside durant l'été aide à recruter du personnel. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Gabrielle Drumond
Linda Lowther alerte par ailleurs contre l’épuisement des professionnels du tourisme.
La majorité des entreprises sont petites. Les entrepreneurs sont là 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, rappelle-t-elle.
Rendus au mois de septembre , ils sont pas mal épuisés, ils ne pourraient pas garder ce rythme pendant 12 mois.
Malgré ces défis de main-d'œuvre, l'élan ne semble pas s'essouffler. L'année 2026 s'annonce déjà comme une saison très forte, assure Corryn Clemence.
Linda Lowther se montre pour sa part plus prudente. Elle parle d’une industrie touristique cyclique et table sur une hausse de la fréquentation qui pourrait durer encore un an ou deux, en fonction des situations politiques américaine et mondiale.


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