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Un thème récurrent émane de l’hôtel ottavien où sont réunis depuis mercredi les premiers ministres des provinces et Mark Carney : la lutte contre le séparatisme.
Pour le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, les séparatistes albertains ont commis une trahison en courtisant l’administration Trump. D’autre part, l’élection du Parti québécois serait un désastre, de l'avis du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford.
Le Conseil de la fédération clôt sa dernière journée à Ottawa avec plusieurs prises de paroles contre les deux principaux mouvements indépendantistes du pays – en Alberta et au Québec – et un appel à l’unité canadienne, alors que les États-Unis chamboulent l’ordre mondial.
Et pour cause : le Parti québécois est en avance dans les sondages à quelques mois des élections provinciales, et il promet un référendum sur la souveraineté dans son premier mandat. Le mouvement séparatiste albertain est distinct sur plusieurs points – il est davantage lié à la spécificité économique et politiquement conservatrice de l’Alberta, tout en ayant peu de représentation politique – mais il gagne de plus en plus de terrain depuis l’ère Justin Trudeau.
Albertains chez l’Oncle Sam
Un article du Financial Times mentionnait mercredi que des membres de l'administration Trump ont tenu des réunions dans la dernière année avec l'Alberta Prosperity Project, un groupe séparatiste qui milite pour l'indépendance de l’Alberta.
Le groupe cherchait à obtenir un crédit de 500 milliards de dollars auprès du Trésor américain afin d'aider à financer un nouveau pays albertain dans le cas d’un référendum gagnant. Dans les dernières semaines, des membres de l’administration Trump se sont montrés favorables à l’indépendance de l’Alberta, en sous-entendant que la province pourrait être annexée aux États-Unis.
Se rendre dans un pays étranger pour demander de l'aide afin de diviser le Canada, il existe un bon vieux mot pour désigner cela : une trahison, a déclaré le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, avant de se rendre au Conseil de la fédération jeudi.

Mark Carney s'est entretenu avec le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, et son homologue albertaine, Danielle Smith, au sujet du projet de pipeline vers la côte pacifique, le 28 janvier 2026.
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, s’est dit déçu de ces démarches, arguant que c’est une occasion pour la première ministre de l’Alberta de se lever et de dire : "assez c’est assez".
Fronde contre le Parti québécois
Après avoir qualifié une possible élection du Parti québécois, hier, de « désastre », le premier ministre ontarien en a rajouté une couche aujourd’hui. Croyez-moi, d’ici un an et demi [Paul St-Pierre Plamondon] va organiser un référendum sur la séparation. C’est inacceptable, a déclaré Doug Ford.
Hier, la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, avait aussi ajouté son grain de sel contre un nouveau référendum sur l’indépendance du Québec. Même chose pour les premiers ministres de la Nouvelle-Écosse et du Manitoba. Tous ont toutefois adopté un ton plus conciliant que leur homologue ontarien.
Il y a une place pour une nation québécoise à l’intérieur du Canada. Mais je serais prêt à travailler avec qui que ce soit [celui ou celle] que les Québécois choisiront comme premier ministre.
À l'Assemblée nationale, les réactions à ces sorties ont été vives, à commencer par le chef du Parti québécois lui-même, qui les a décrites comme une panique dans le reste du Canada. Québec solidaire, une formation de gauche, aussi indépendantiste, a abondé dans le même sens, tandis que le Parti libéral du Québec s’est dit en accord avec les propos de Doug Ford.


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