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Le temps presse pour rénover l’école secondaire qui remplacera FACE

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Le temps presse pour sortir le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) du « gouffre financier » dans lequel le plonge actuellement le maintien sous respirateur artificiel de l’école FACE, dont les centaines d’élèves du secondaire seront à terme déplacés dans une école centenaire du Plateau-Mont-Royal. Ce bâtiment devra toutefois d’abord être rénové de fond en comble. Un chantier qui s’annonce long… et coûteux.

Le 4 avril 2025, Le Devoir révélait la décision de Québec d’abandonner le projet de réfection de FACE, une école publique bilingue de Montréal qui comptait alors 1300 élèves du primaire et du secondaire y suivant une formation axée sur l’art sous toutes ses formes. Le chantier était jugé trop coûteux. Il était évalué, au bas mot, à 375 millions de dollars.

Les écoles primaire et secondaire qui devaient accueillir ces élèves de façon transitoire occuperont donc cette fonction de façon permanente. Les élèves du primaire de FACE ont d’ailleurs déjà intégré, l’automne dernier, un bâtiment de l’avenue Christophe-Colomb qui avait été rénové de fond en comble sur une période de trois ans au coût de 73 millions de dollars.

Les élèves du secondaire de l’école FACE demeurent pour leur part actuellement dans le bâtiment patrimonial d’origine, au centre-ville de Montréal, le temps que soit rénovée l’école vacante en piteux état de la rue Saint-Urbain — construite au tournant des années 1920 — qui devra à terme les accueillir.

En fait, en 2019, il était prévu que ce chantier prendrait fin en 2023, un échéancier qui a ensuite été révisé, en 2022, pour prévoir plutôt un « déménagement » des élèves dans celui-ci en 2025. Puis, l’an dernier, le ministère de l’Éducation indiquait au Devoir que le déplacement des élèves du secondaire de FACE dans ce bâtiment aurait lieu en 2032.

« Le projet de l’école FACE a évolué depuis les dernières années. Il est donc normal que les échéances aient également évolué dans le temps », justifie par courriel le responsable des relations de presse du CSSDM, Alain Perron.

L’organisation a d’ailleurs obtenu le mois dernier l’autorisation qu’elle attendait impatiemment du Conseil des ministres afin de pouvoir poursuivre la planification de la rénovation et de l’agrandissement de cette école en réalisant un dossier d’affaires, en partenariat avec la Société québécoise des infrastructures, a appris Le Devoir.

Ce n’est qu’au terme de cette étape que le CSSDM aura « une idée plus précise » du moment où l’on pourra s’attendre à voir les élèves du secondaire de FACE rejoindre les rangs de cette école de trois étages, explique M. Perron.

« Un gouffre financier »

Entre-temps, maintenir l’école FACE dans un état sécuritaire continuera de creuser les finances du CSSDM. Depuis 2019, celui-ci « a investi près de 16 millions de dollars dans des travaux de maintien, d’entretien et de sécurisation » du bâtiment patrimonial de cinq étages, confirme-t-il au Devoir. Et il prévoit débourser de cinq à sept millions par année à cette fin, jusqu’à ce que l’école soit entièrement vidée de ses élèves et employés.

« C’est un gouffre financier », lance le directeur général adjoint des ressources matérielles du CSSDM, Stéphane Chaput, d’autant plus que ces travaux « n’améliorent pas du tout » l’imposant bâtiment du centre-ville. « On ne fait que le maintenir fonctionnel. »

L’école FACE n’est d’ailleurs pas à l’abri d’éventuels « bris » qui pourraient rendre le bâtiment inutilisable. Or, « est-ce qu’on a une solution pour relocaliser les élèves au moment où on se parle, si on n’arrive pas à démarrer le projet sur Saint-Urbain ? La réponse, c’est non », poursuit M. Chaput. « C’est la raison pour laquelle il faut que la construction sur Saint-Urbain débute le plus rapidement possible. »

Ce sont d’ailleurs des travaux d’envergure qui devront avoir lieu dans ce bâtiment, dont la maçonnerie, la toiture, l’ensemble des systèmes de ventilation, électriques et de chauffage devront, entre autres, être remplacés. Il est fort probable, également, qu’une partie du bâtiment devra être démolie et reconstruite, indique M. Chaput.

Quant au coût prévu de ce chantier, il ne sera également connu qu’au terme du processus de planification en cours, indique le gestionnaire.

Le ministère de l’Éducation a aussi refusé de s’avancer. L’an dernier, cependant, des données fournies au Devoir par ce même ministère faisaient état d’une dépense prévue de près de 203 millions de dollars pour la rénovation des deux écoles vouées à remplacer celle de FACE, soit 147 millions pour le bâtiment de la rue Saint-Urbain et 55,8 millions pour l’école primaire de l’avenue Christophe-Colomb. Le coût de la rénovation de cette dernière a finalement été 30 % plus élevé que cette estimation.

« Une des choses qui coûtent très cher, c’est quand on essaie de rentrer dans des bâtiments existants, notamment patrimoniaux, des programmes ou des normes qui sont conçus pour des bâtiments tout neufs sur le bord d’autoroutes », lance le directeur des politiques de l’organisme Héritage Montréal, Dinu Bumbaru. Selon lui, adapter les normes liées à la réfection de ces bâtiments pourrait aider à préserver le cachet de ceux-ci tout en permettant à l’État de sauver des sommes importantes.

Dans le cas de FACE, Patricia-Ann Sarrazin-Sullivan, architecte en pratique privée et mère d’enfants qui y font leurs études, estime que l’on aurait pu envisager de profiter de l’absence des élèves du primaire dans le bâtiment pour y effectuer des travaux visant à assurer sa pérennité en « cohabitation » avec la présence dans une partie de l’école des élèves du secondaire qui y suivent des cours.

« Il faut arrêter de penser que les coûts qu’on met là [dans le bâtiment de la rue Saint-Urbain], on aurait pu les mettre dans le bâtiment principal. C’est faux. Le bâtiment principal, pour que les travaux puissent se faire, il nous fallait sortir les élèves, les délocaliser », que ce soit de façon temporaire ou permanente, réplique Stéphane Chaput.

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