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Frank Van Gool, vous êtes CEO de Febiac, l'organisateur du Salon de l'Auto. Comment expliquez-vous le succès de cette édition, qui a attiré quelque 350 000 visiteurs ?
Cette fréquentation dépasse un peu nos attentes, J'avais compté sur le même nombre de visiteurs que l'an dernier, soit 307 000 personnes, voire un peu plus, Ça s'explique, à mon avis, par plusieurs choses. Premièrement, l'offre. Il y a beaucoup de choses à voir, dont à nouveau des voitures essence, des voitures abordables, des voitures de tous genres. De plus, toutes les marques étaient quasiment là. C'est cela que les gens cherchent aussi, ils veulent comparer, ils veulent avoir le choix.
Les visiteurs viennent pour le plaisir des yeux ou avec l'intention d'acheter un véhicule ?
Nous avons fait une analyse en cours de semaine sur les visiteurs. Quelque 70 % des visiteurs sont de nouveaux visiteurs par rapport à l'année dernière. J'ose dire qu'ils sont probablement à la recherche d'une voiture. Pour les autres 30 %, ce sont sans doute les vrais amateurs de voitures. Les gens qui ont choisi leur voiture l'an dernier ne sont probablement pas revenus.
La présence des motos a également eu un impact positif ?
C'est clair. Entre 20 et 25 % des visiteurs disent qu'ils viennent en premier lieu parce que les motos sont présentes au Salon. C'est aussi dû au fait que ça faisait plusieurs années qu'elles n'étaient plus présentes. Et donc les gens voulaient venir les voir.

Reste à voir si les candidats à l'achat vont franchir le pas.
Le nombre de contacts clients, ce qu'on appelle les leads, a fortement augmenté par rapport à l'année passée. Et la qualité de ces leads, c'est-à-dire des personnes vraiment intéressées par un achat, a aussi augmenté. Le résultat final, à savoir le nombre de bons de commande, sera jugé dans les semaines à venir. Mais le sentiment est certainement très positif chez les exposants et ce, aussi bien pour les voitures que pour les motos. Je ne peux pas vous cacher qu'il y avait un petit doute chez les constructeurs motos pour participer, parce que janvier n'est pas la saison idéale pour commander ou acheter une nouvelle moto. Mais même là, on voit qu'il y a vraiment un intérêt commercial.
Rendez-vous est pris pour 2027?
Cela permet d'être optimiste pour l'année prochaine, même si un salon n'est jamais garanti d'année en année. Rien n'a encore été décidé à ce moment-ci, mais cela s'annonce quand même bien. Je ressens chez les exposants qu'ils sont de plus en plus convaincus par ce Salon. C'est aussi important pour les maisons mères qui supportent les importateurs locaux. Il suffit de voir le nombre de CEO et de dirigeants qui étaient présents le premier jour du Salon. Bruxelles, c'est donc très intéressant pour les constructeurs et distributeurs présents sur le marché belge mais aussi pour les marques car nous leur offrons une vitrine pour leurs nouveautés et même des premières mondiales.
C'est important, ce rôle de vitrine internationale ?
C'est un peu la recette du succès, une combinaison de salon de vente avec retour commercial et cette vitrine pour les constructeurs. La période est bonne pour nous, car il n'y a pas beaucoup d'autres événements autour de l'automobile en janvier. Bruxelles est aussi un lieu central, ça joue un rôle. D'où l'envie de venir présenter de nouveaux modèles ici sur Bruxelles. Le fait de décerner le titre voiture de l'année est également un élément important.
Le confort de visite n'a toutefois pas toujours été au rendez-vous. Vous avez des idées pour l'améliorer ?
Je dois l'avouer qu'il y a eu des moments où ce n'était plus très agréable pour le visiteur. Nous avons eu autant de visiteurs samedi que le premier dimanche, mais cela s'est mieux passé. Nous avions ouvert les portes une demi-heure plus tôt et avions conseillé de venir dans l'après-midi afin de lisser l'affluence.
Augmenter la superficie du Salon, est-ce envisageable et envisagé ?
Il y a des limites logistiques au niveau des Palais d'exposition, mais c'est certainement une chose que nous sommes en train de regarder. Il y a des exposants qui veulent clairement plus d'espace. Il y a encore quelques marques que nous pourrions aussi accueillir.

Les constructeurs chinois étaient présents en force. Quel est votre retour à ce sujet ?
Les visiteurs sont très curieux par rapport à ces nouvelles marques. Quand on voit les stands, il y a toujours du monde. Cette curiosité va aussi un peu plus loin, parce que quand je parle aux représentants des marques chinoises, ils sont positivement surpris par les clients qui demandent des offres de prix, qui veulent aller plus loin, qui demandent des essais avec les voitures. S'ils prennent leur place dans le marché, mais je l'ai déjà dit dans le passé, je ne pense pas qu'ils vont complètement bouleverser le marché. Ils vont avoir leur place dans le marché, c'est sûr et certain.
Cette concurrence inquiète, pourtant.
Cette concurrence pousse en quelque sorte les marques européennes à écouter les clients. Je pense que les marques chinoises ont mieux compris qu'il faut quand même venir avec des produits abordables, pratiques. Les marques européennes répondent à cette demande. Je pense que cette présence est bénéfique pour le consommateur. Est-ce que c'est bénéfique pour l'industrie automobile européenne ? Ça, c'est une discussion différente. Ils commencent toutefois à ouvrir des usines, forcés par les droits d'importation. C'est une bonne chose pour l'emploi".
Finalement, comment anticipez-vous le marché en 2026 ?
J'espère une croissance des ventes de véhicules neufs au-dessus de 5 % pour les particuliers. Pour le marché des professionnels, je table sur le même niveau que l'année dernière. Si nous passons de 414 000 immatriculations à 430 000, je serai très content.
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