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TAMPA – Martin St-Louis a appris lors des trois derniers matchs de la série face au Lightning de Tampa Bay qu’il pouvait jongler de façon étourdissante avec ses trios et que ses joueurs allaient être capables de le prendre.
Si c’est ce que la situation demande pour prendre l’adversaire de court, il sait désormais qu’il peut gérer son banc de cette façon.
Mais lors d’un entraînement en banlieue de Tampa, tout de suite avant de s’envoler vers Buffalo en vue du deuxième tour des séries, mardi, St-Louis est revenu à une formule qu’il connaît, celle de réunir Juraj Slafkovsky à Nick Suzuki et à Cole Caufield.
On a appris ces derniers jours à ne plus trop se fier sur ce que concocte St-Louis à l’entraînement – ni même à la période d’échauffement –, mais on ne serait pas surpris qu’il veuille donner la chance à son premier trio de retrouver tout son impact avant de penser à ses différents plans B.
Qu’ils jouent ensemble ou non, le Canadien a besoin que ces trois fers de lance de son attaque s’imposent pour l'aider à vaincre les Sabres.
L’attention est surtout portée sur Caufield, qui a été très discret contre le Lightning. Il a inscrit un but en supériorité numérique, mais n’a jamais pu se démarquer pour être aussi menaçant qu’en saison. Le sixième match a été son meilleur à ce chapitre, mais il n’a pas été en mesure de trouver le fond du filet.
St-Louis a choisi de voir le verre à moitié plein en ce qui a trait à Caufield, faisant valoir que les meilleurs éléments du Lightning avaient aussi été muselés dans les derniers matchs de la série.
Il n’y avait pas beaucoup d'espace, a-t-il noté. Les deux équipes se défendaient très fort. Elles ne faisaient pas beaucoup de revirements.
La game a demandé de jouer peut-être défensivement, et c'est ça qu'on a fait. Puis quand tes meilleurs gars sont capables de faire ça, c'est une bonne recette.
Caufield avait été productif à ses premières séries dans la LNH, en 2021. Son petit gabarit n’avait pas du tout posé problème. Et même l’an dernier, face aux Capitals de Washington, il s’était montré très dangereux. En l’espace de cinq matchs, il avait récolté individuellement presque trois fois plus de buts attendus qu’il a pu le faire en sept rencontres face au Lightning.
Autrement dit, Tampa Bay a très bien réussi à le contenir, mais une seule série ne devrait pas suffire à étiqueter Caufield comme un joueur de saison.
Je n’ai jamais participé à une série qu’on avait remportée et où je n’avais pas répondu à mes attentes ou à celles des médias, sans être heureux du fait qu’on poursuivait notre route, a observé St-Louis.
Tout le monde est dans une bonne place mentalement. Je sais que certains joueurs essaient encore d’améliorer leur jeu. Ils savent qu’ils peuvent faire mieux, mais je pense que leur état d’esprit est de vouloir en faire plus sans prendre de risques qui pourraient nuire à l’équipe, juste pour satisfaire le monde et les attentes.
Je ne peux pas devenir plus bête...
Slafkovsky, pour sa part, a eu des hauts et des bas face au Lightning et aura lui aussi une chance de produire davantage contre les Sabres.
Plusieurs se sont demandé s’il n’avait pas été affecté par son combat contre Brandon Hagel dans le deuxième match et par la retentissante mise en échec de Max Crozier dans le quatrième.
Slafkovsky nous a assuré que sa tête allait bien.
Je pense que je suis correct. Je ne peux pas vraiment devenir plus bête de toute façon, a-t-il laissé tomber avec un grand sourire.
Plus sérieusement, les Sabres privilégient beaucoup les montées offensives et ils tentent le plus souvent possible d’entrer en zone offensive en possession de la rondelle. Si le CH peut continuer à être efficace pour se défendre de façon combative dès qu’il perd le disque, il pourrait provoquer des revirements et s’offrir à son tour des relances dangereuses.
C’est dans cet environnement que le premier trio du Canadien est le plus dangereux à forces égales.
J'ai l'impression qu'ils prennent plus de risques dans leur jeu [le Lightning] et je pense qu'on peut en tirer parti. On peut lancer toutes ces contre-attaques... Je pense que ça va être du beau hockey.
La brigade défensive des Sabres aime s’impliquer à l’attaque, elle est mobile et participe pleinement au jeu de transition. Mais il est possible que ce style de jeu ouvre un peu plus d’espace au Canadien qu’il en avait contre Tampa.
C’est une équipe très offensive, a décrit le défenseur Alexandre Carrier. Ils veulent garder la rondelle, ont beaucoup de vitesse et ils vont être très physiques. Ils sont allés chercher plusieurs joueurs à la date limite des transactions.
Pour moi, ça va être une série complètement différente, beaucoup plus rapide, beaucoup plus physique, j'ai l'impression.

Nick Suzuki
Photo : imagn images via reuters connect / William Liang
Suzuki donne l'exemple
Suzuki, Slafkovsky et Caufield ont tous les trois vécu un premier tour des séries très différent face au Lightning.
Ce qui est clair, c’est qu’à compter du quatrième match, le capitaine a vraiment élevé son niveau de jeu. Suzuki a visiblement haussé son implication physique et a trouvé d’autres moyens de contribuer à la cause de l’équipe, même si la production offensive ne venait pas vraiment.
Et au moment où il fallait absolument gagner, c’est lui qui a marqué le premier but et qui a bloqué un tir crucial avec quatre secondes à jouer.
Les joueurs du Canadien disent avoir appris beaucoup durant la série contre Tampa, et l’une des grandes leçons est d’être capable, surtout chez ceux qui ont un mandat offensif accru, d’avoir un impact défensif lorsque cela ne vient pas.
À ce titre, Suzuki en a fourni un brillant exemple en deuxième moité de série.
Des joueurs comme Suzy savent s’adapter et évoluer, a expliqué St-Louis après la victoire de dimanche à Tampa. Ils tirent les leçons du match précédent, ils comprennent le jeu de l’équipe adverse, et j’ai trouvé qu’il s’était amélioré sans cesse pour trouver de l’espace.
Défensivement, j’ai trouvé qu’il se battait avec acharnement. Il a fait preuve d’un grand courage en se jetant devant des tirs décisifs. Je pense qu’il nous a menés tout au long de cette série. Tout le monde le suit.
Tout le monde suit Suzuki, et tout le monde suit St-Louis aussi.
Peu importe l’adversaire, cela ne risque pas de changer.


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