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Certains chercheurs parlent de stress des minorités pour caractériser les discriminations vécues par certaines personnes des communautés LGBTQ+. Ces tensions ont des effets sur leur santé qui vont jusqu’au développement de maladies chroniques ou de cancers.
La Dre Judith Lajeunesse connaît bien le concept de stress des minorités.
Cette médecin de famille et professeure agrégée à l'Université de Sherbrooke, qui est engagée depuis plusieurs années auprès des personnes trans et de leurs familles, souligne que ce mécanisme est bien documenté dans la littérature scientifique.
C’est un stress supplémentaire qui est la conséquence des micro-agressions que les gens vont vivre au quotidien, résume-t-elle. Si on parle des personnes issues de la diversité de genre, ça va être des micro-agressions, des petites remarques, des comportements comme, par exemple, le mégenrage, des personnes qui ne vont pas se faire appeler par les bons prénoms et pronoms, ou des commentaires sur le corps.
Les conséquences sur la santé varient en fonction des personnes, précise la médecin, mais elle indique que les victimes peuvent garder des séquelles à long terme. Au niveau de la santé mentale, il va y avoir une augmentation de l'anxiété, une augmentation des symptômes dépressifs, plus de détresse psychologique.
La Dre Lajeunesse indique que les personnes LGBTQ+ ne vont pas toujours consulter de médecin.
Elles vont avoir tendance à l’éviter par crainte d'être mégenrées, puis de vivre des micro-agressions. On s'entend dans le système de santé, tout le monde est de bonne foi la plupart du temps, mais il y a quand même un manque de formation à tous les niveaux, dit-elle.
Difficile de trouver des services en français
Maxe F. Giguère, chercheur au collectif LGBTQ* du Manitoba, estime que le Manitoba manque encore de ressources pour l’accès à la santé des personnes queers.
Le pronom iel, formé à partir des pronoms il et elle, est employé dans ce texte afin de refléter l’identité de genre de Maxe F. Giguère, qui est une personne non binaire. Maxe F. Giguère alterne entre le masculin et le féminin pour les accords d’adjectifs et de participes passés.
Selon Maxe F. Giguère, les outils de la province, comme « Trouver un médecin (nouvelle fenêtre) », ne sont pas assez performants.
L'outil permet de trouver des prestataires primaires qui sont francophones, mais cet outil-là n’a pas la sensibilité queer, [Cela] fait que tu peux trouver un médecin qui est francophone, mais qui va être aussi homophobe, affirme-t-iel. Même si des services existent, on apprend souvent leur existence par le bouche-à-oreille.
Impliquer les personnes concernées
Maxe F. Giguère souligne que les solutions doivent passer par un changement des institutions. Selon iel, le fait de consulter les communautés concernées, comme la communauté LGBTQ+, ne suffit généralement pas pour créer des espaces sûrs ou des mesures adaptées, car une hiérarchie du pouvoir persiste et que les établissements ont toujours le mot de la fin.
Ça prend des solutions systémiques pour mettre en avant une diversité de personnes dans des rôles de décision. Il faut ça pour permettre des décisions qui sont utiles pour une diversité de communauté, affirme Maxe F. Giguère.
La Dre Lajeunesse croit que les personnes LGBTQ+ sont les meilleures ressources pour bâtir des espaces adaptés aux diverses identités. Il faut impliquer les personnes concernées, c'est sûr, parce que, sinon, on va manquer notre cible. Si on regarde les choses avec nos lunettes, on manque plein d'angles morts.


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