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L’autrice, réalisatrice et professeure adjointe au Département de communication à l’Université de Sherbrooke Léa Clermont-Dion et le directeur-général de l’organisme Ensemble, Rafaël Provost, veulent faire de la lutte au masculinisme une priorité pour le prochain gouvernement. Ils ont récemment lancé un atelier de sensibilisation et de prévention des violences destiné aux élèves du secondaire et inspiré de l’essai Salut ça va? de Léa Clermont-Dion.
Une soixantaine d'écoles, dont plusieurs de l'Estrie, y sont inscrites. La tenue de ces ateliers prévue dès cet automne était toujours incertaine plus tôt cette semaine, faute de financement. Rafaël Provost a confirmé jeudi après-midi que malgré la menace, ceux-ci pourront finalement avoir lieu grâce à des dons de la population et des entreprises de l’Estrie, un gage d’importance pour le co-organisateur.
En effet, après avoir demandé une aide de 225 000 dollars à la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, Chantal Rouleau, on leur a finalement octroyé un chèque de 1000 dollars, ce qu'ils jugent largement insuffisant.
Je le rappelle : il y a urgence d'agir. Ce n'est pas une question partisane, c'est un enjeu de société.

Rafaël Provost, directeur général de l'organisme Ensemble pour le respect de la diversité. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Cloutier
Le duo a vivement dénoncé la situation sur les réseaux sociaux et dans une lettre ouverte publiée mardi dans La Presse.
« La campagne électorale bat son plein. Nous sommes bombardés de nombreuses promesses électorales, mais un grand absent s’impose au sein de ce débat animé : le masculinisme. Pourtant, en juin dernier, un attentat incel a été perpétré à Montréal, faisant deux morts. Nous savons aussi qu’un élève sur trois à Montréal adhère à un discours masculiniste. Tout récemment, nous avons lancé un atelier de sensibilisation au masculinisme et de prévention des violences destiné aux écoles secondaires, inspiré de l’essai Salut, ça va? – Dialoguer pour prévenir les violences sexuelles (de Léa Clermont-Dion, 2026, Cardinal). En quelques jours seulement, plus de 40 écoles, provenant des quatre coins du Québec, ont communiqué avec nous pour nous recevoir. Plusieurs d’entre elles sont situées dans des milieux défavorisés ou des régions éloignées. Or, nous n’avions personnellement jamais observé un tel engouement pour un outil pédagogique. Cette mobilisation témoigne d’un besoin criant et généralisé. »
– Extrait de la lettre ouverte publiée dans La Presse le 22 septembre
Des échos en Estrie
Cette histoire a eu des échos jusqu’en Estrie. Le Syndicat de l’enseignement de l’Estrie, ainsi que des candidates aux élections provinciales de la région ont réagi à cette sortie publique.
Au niveau du financement, c'est encore une démonstration où on donne un montant symbolique en disant : ''Essayez d'en faire plus avec moins''. C'est ce que nous vivons en éducation depuis des années, toujours essayer d'en faire plus avec moins maintenant, a déploré le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie, David Raymond.

David Raymond est le président du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie.
Photo : Radio-Canada / Laurence Trahan
Le masculinisme, c'est un phénomène qui prend de l'ampleur au Québec. Il faut s'en occuper. On n'a pas de données au niveau de l’Estrie, mais on sait que c'est un dossier qui est déjà traité dans nos écoles, a-t-il ajouté.
Rafaël Provost affirme avoir reçu, à la suite de la dénonciation, des dons de la population et d’entreprises locales, qui pourront finalement permettre aux ateliers d’avoir lieu en Estrie. Rappelons que les écoles de la région étaient sur une liste d’attente jusqu’à tout récemment.
Par ailleurs, la co-porte-parole de Québec solidaire Ruba Ghazal a réagi à ce cri du cœur sur les réseaux sociaux mercredi après-midi.
La montée des discours masculin chez nos jeunes, ça ne se combat pas seulement une fois que le mal est fait. Ça se combat par l’éducation et la prévention, écrit-elle dans une publication Instagram.
Elle a ajouté que Québec solidaire allait doubler le financement de l’éducation à la sexualité en investissant, 5 millions de dollars supplémentaires pour « mieux outiller les équipes-écoles et leur permettre d’agir concrètement, notamment avec des ateliers comme Salut, ça va? de Léa, Clermont, Dion et Rafaël Provost ».
Rafaël Provost applaudit l'appui de Québec solidaire pour le soutien au projet, mais également le milieu communautaire au grand complet, parce qu'on est une solution parmi tant d'autres.
On attend que les autres partis se prononcent. On a une réponse également du Parti libéral du Québec qui nous dit qu'il allait mettre en place des grands chantiers autour de l'éducation.
Réactions des candidats de Saint-François
Questionnée sur le rôle de l’État en la matière, la candidate solidaire dans Saint-François, Mia Fréchette, a répondu : Ça prend du financement pour ces initiatives-là et ça prend des structures qui les permettent. Un ministère des Femmes et de l'Égalité des genres, ça en est un bon exemple. Puis aussi de financer à la mission les organismes communautaires. Ça, c'est deux pas qui peuvent être faits en matière de prévention, en tout cas, qui relèvent spécifiquement de l'État.

Mia Fréchette est la candidate solidaire dans Saint-François. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Zoé Bellehumeur
La candidate du Parti québécois Sylvie Tanguay n’a pas pu se rendre disponible pour une entrevue. Cependant, son équipe a répondu qu’il s’agit d’un sujet très important et Mme Tanguay a fourni une déclaration écrite : Au Parti québécois, nous dénonçons sans égard tout discours de haine, y compris les discours masculinistes, malheureusement en hausse dans les dernières années. Le Parti québécois compte agir en prévention contre tout type de violence envers les femmes. Nous avons été le parti le plus actif sur la question des réseaux sociaux et leur influence sur nos jeunes.
La candidate libérale Jacqueline Belleau, quant à elle, a affirmé que son parti s’engage à soutenir les organismes communautaires à la hauteur de 200 millions de dollars. En tant que société, nous ne pouvons ni accepter ce recul, ni ignorer nos responsabilités. Il faut absolument soutenir les organismes communautaires qui agissent à la première ligne, donc à la ligne de front, a-t-elle martelé.

Jacqueline Belleau est candidate pour le Parti libéral du Québec dans Saint-François.
Photo : Radio-Canada / Sarah Arsenault
Geneviève Hébert de la CAQ n’a pas pu se rendre disponible pour répondre à nos questions.
Le candidat du Parti conservateur du Québec Esteban Mendez-Hord a décliné notre demande d’entrevue.


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