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Le SNAES dénonce un « réquisitoire » contre l’État à J-1 du JME 2026

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Pas de célébration cette année. Le Syndicat National Autonome de l’Enseignement Secondaire (SNAES) a publié ce 2 octobre un message à charge contre l’État camerounais, à la veille de la Journée Mondiale des Enseignants. Le ton est donné dès les premières lignes : « ce n’est pas une célébration que le SNAES adresse au pays, mais un réquisitoire solennel ».

Des chiffres qui dérangent

Le Cameroun avait promis de consacrer 18,5 % de son budget à l’éducation devant le Partenariat Mondial pour l’Éducation. Dans les faits, cette part plafonne à 12 % en 2026. La dépense publique d’éducation ne représente que 2,56 % du PIB, plaçant le pays au 134e rang mondial. Le chiffre fait mal, c’est le moins qu’on puisse dire.

Le syndicat rappelle qu’en 2022, l’État a consacré 858,5 milliards FCFA aux biens et services, dont environ 223 milliards pour le mobilier et le logement des hauts commis. Pendant ce temps, les animateurs pédagogiques attendent depuis quatorze ans leurs actes de nomination, malgré un décret signé en 2012. Le SNAES parle de plus de 94 milliards FCFA d’enrichissement sans cause de l’État.

Dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, 2 533 écoles sur 5 517 restent non fonctionnelles selon l’UNICEF, soit près de 46 %. Environ 1,4 million d’enfants sont concernés.

L’exode des enseignants, une alarme que personne ne veut entendre

Le SNAES alerte sur un effondrement du système éducatif public prévu pour 2029 si rien ne change. En juin 2026, le MINESEC cherchait encore plus de 14 000 enseignants. Les départs hebdomadaires tournent autour de 200 par semaine depuis quatre ans, une progression qui ne faiblit pas.

Mais ce qui frappe, c’est la formule employée par le syndicat : « le Cameroun ne subventionne pas seulement des systèmes étrangers, il organise sa propre pénurie ». Une estimation de 32 milliards FCFA par an financerait ainsi, indirectement, l’éducation en Australie, en France ou au Québec, pendant que les salles de classe camerounaises se vident de leurs enseignants.

Le syndicat réclame la signature du statut spécial de l’enseignant, déposé en 2023 puis en 2025 sans réponse, et la tenue du Forum National de l’Éducation, promis depuis 2016. Il exige aussi la libération des syndicalistes détenus depuis le 24 octobre 2025, dont son propre Secrétaire Général Exécutif. Difficile de ne pas y voir un syndicat à bout de patience, qui a choisi la confrontation plutôt que la commémoration.

Le SNAES prévient qu’il ne menace pas, qu’il « constate ». Reste à savoir si ce cri sera entendu avant l’échéance de 2029 qu’il annonce lui-même.

Alain-Claude Ndom

Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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