Souvent, les piscines contiennent des chloramines, c’est à dire des molécules résultant de la réaction chimique entre le chlore et les matières organiques dans l’eau. En cas d’exposition fréquente sur le long terme, les conséquences sanitaires peuvent devenir préoccupantes. Que dit la Science à ce propos ?
Les chloramines, plus particulièrement la trichloramine volatile
Le chlore le plus commun des halogènes, se présentant sous la forme d’un gaz lourd jaune-verdâtre à température ambiante. Il s’agit du désinfectant le plus utilisé au monde, surtout pour l’assainissement de l’eau des piscines publiques en raison de son faible coût. Néanmoins, il est important de préciser que toutes les piscines ne sont pas traitées au chlore. En effet, il existe des alternatives comme le brome, le Polymère d’Hexaméthylène Biguanide (PHMB) ou encore, l’ozonation.
Fréquenter les piscines publiques régulièrement et sur le long terme peut-il comporter des risques sur le plan sanitaire ? Aucun suspense : la réponse est oui. Il faut savoir que les piscines traitées au chlore contiennent des sous-produits de désinfection (chloramines). Il s’agit ici de composés chimiques stagnant à la surface de l’eau, provenant de la réaction entre le chlore et les matières organiques azotées des baigneurs, à savoir la sueur, la salive, les résidus de cosmétiques, l’urine ou encore, les peaux mortes.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) avait publié en 2010 son Évaluation des risques sanitaires liés aux piscines (PDF en Français / 252 pages). Réactualisé en 2012, ce document soulignait que l’exposition aux chloramines présente des risques sanitaires, particulièrement dans les établissements couverts et concernant les personnes s’exposant régulièrement. A l’époque, l’agence précisait qu’en France, la conformité microbiologique des piscines françaises était globalement bonne. En revanche, il était question d’une toxicité des sous-produits de désinfection, notamment la trichloramine volatile (NCl₃) – le principal agent posant problème.
Crédit : Patrick Janicek / Flickr
Des pathologies et symptômes en tous genres
L’ANSES disait avoir identifié certaines pathologies et symptômes, notamment des affections respiratoires majeures. En effet, l’exposition fréquente aux vapeurs de trichloramine peut provoquer des bronchites, générer une hyperréactivité bronchique et favoriser l’apparition (ou l’aggravation) de l’asthme. Il est également question d’affections chroniques au niveau des yeux, du nez et de la gorge. De plus, la peau n’est pas épargnée car le rapport documentait des irritations de l’épiderme et une augmentation de la prévalence d’eczéma. Cependant, il est important de préciser que les risques sont proportionnels à l’exposition. Ainsi, les personnes les plus vulnérables sont les personnes travaillant dans les piscines publiques (maîtres-nageurs, surveillants etc.), ainsi que les nageurs sportifs ou réguliers. Citons également les très jeunes enfants, en raison de l’immaturité de leurs systèmes respiratoire et immunitaire.
« Concernant la trichloramine, son exposition augmenterait la fréquence et majorerait la gravité
des maladies respiratoires (asthme, bronchites) et de l’eczéma chez les professionnels et les
enfants (en particulier avant l’âge de deux ans) fréquentant régulièrement les piscines chlorées,
justifiant la mise en place de mesures particulières pour ces deux populations. », peut-on lire dans le rapport.
Face à ces constats, l’agence avait préconisé une concentration de 0,3 mg/m³ de trichloramine dans l’air des locaux. Aussi, il faut savoir que certains gestes et autres mesures permettent de limiter les risques, notamment l’hygiène des baigneurs eux-mêmes. Au niveau des piscines couvertes, l’amélioration des systèmes de ventilation et de renouvellement de l’air intérieur et la régulation précise de la température de l’eau sont évidemment bienvenues.


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