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C’est un retour aux sources pour le photographe canado-marocain M’hammed Kilito, qui sillonne les rives du fleuve Saint-Laurent depuis un mois. Le documentariste, basé à Casablanca, a vécu une quinzaine d’années au Québec et planche aujourd’hui sur Confluences, un projet de cartographie humaine de la principale artère maritime de la province.
Je veux raconter les transformations qui se passent avec les changements climatiques, l’érosion des berges, le transport maritime. Ces changements, M’hammed Kilito compte les expliquer à travers les gens qui vivent du Saint-Laurent. Il utilise pour ce projet, comme dans le reste de son parcours artistique, une méthodologie de sociologie visuelle.

M'hammed Kilito est un photographe documentariste canado-marocain qui travaille pour la National Geographic Society.
Photo : Mark Thiessen
J’essaie de documenter comment l’environnement affecte les gens et comment les gens affectent l’environnement dans lequel ils vivent. Cette approche, il l’a mise en pratique avec La route des caravanes, un projet documentaire qu’il est en train de terminer sur l’effet du réchauffement climatique dans les oasis de l’Afrique du Nord.
Pour sa virée québécoise, il a dans son viseur des capitaines de bateaux, des chercheurs, des riverains. Récemment, il a rencontré des pêcheurs du petit village de Magpie, sur la Côte-Nord, qui se sont tournés vers le homard.

C'est à travers les rencontres de M'hammed Kilito que se dessinera une cartographie humaine et visuelle du fleuve Saint-Laurent.
Photo : M’hammed Kilito / The Trebek Initiative
Les pêcheurs m’expliquaient que c’était une pêche qui était complètement nouvelle pour eux parce qu’avant, il n’y avait pas ou peu de homards dans leur secteur. Les changements climatiques peuvent expliquer ça. Cette histoire, c’est quelque chose qui m’a énormément interpellé.

Le photographe documentera aussi l'île d'Anticosti et les Îles-de-la-Madeleine pour son projet.
Photo : M’hammed Kilito / The Trebek Initiative
Le lauréat du World Press Photo en 2023 explorera les deux rives du fleuve, mais aussi l’île d’Anticosti et les Îles-de-la-Madeleine dans les prochains mois. Il veut capturer la lumière de l’automne, mais aussi celle de la neige et des glaces du printemps.
Financé par la National Geographic Society et la Société géographique royale du Canada, le projet s’échelonnera sur deux ans et aboutira éventuellement à des expositions publiques et à un livre-photo.
À partir d'une entrevue d'Alix-Anne Turcotti à l'émission Côte à Côte


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