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REVUE DE PRESSE - Les médias européens prédisent que «la question des alliances sera explosive au second tour» et que les municipales sont un «révélateur crucial de la température politique avant la prochaine élection présidentielle».
Du Royaume-Uni à l’Espagne en passant par l’Italie et la Belgique, les élections municipales françaises intéressent grandement la presse internationale, qui y voit, comme le quotidien britannique The Guardian, un «révélateur crucial de la température politique avant la prochaine élection présidentielle». Alors qu’on «ignore encore qui sera amené à diriger la deuxième économie de l’Union européenne» en 2027 après Emmanuel Macron, les résultats du premier tour organisé dimanche 15 mars révèlent les «profondes divisions du pays», soulignent nos confrères outre-Manche.
Ce lundi matin, un même constat traverse les analyses des différents journaux étrangers : la percée du Rassemblement national et de La France insoumise, deux partis qui n’avaient jusque-là pas beaucoup investi le terrain local. Pour le quotidien britannique conservateur The Telegraph, les partis traditionnels tels que le Parti socialiste et Les Républicains «ne peuvent pas être déçus par les résultats» de dimanche, puisqu’ils «gardent des racines solides à l’échelle locale». Mais nul doute que «la gauche dure et la droite dure ont été les grands vainqueurs» de ces élections. «L’extrême droite et la gauche radicale bousculent l’ancien monde», note même Le Soir.
«Y aura-t-il encore un barrage républicain contre l’extrême droite ?»
«L’Insoumis en chef a passé une bonne soirée», assure le quotidien belge à propos de Jean-Luc Mélenchon, rappelant les scores significatifs du parti à Roubaix, Saint-Denis, Lille, Toulouse ou encore Limoges. Les journalistes espagnols d’El País assurent que LFI est «en position de force pour négocier d’éventuelles alliances au second tour, et ainsi ne pas aggraver la marginalisation que lui ont imposée ces derniers temps la plupart des forces de droite». Le parti fait face à de nombreuses accusations d’antisémitisme et deux assistants parlementaires LFI ont été mis en examen après la mort de Quentin Deranque à Lyon, rappelle le Telegraph, qui s’étonne du bon score du parti «malgré ces incidents».
Quant au Rassemblement national, il «étend considérablement son implantation locale», constate El Pais, alors que «la présence dans les villes était une lacune historique du parti de Marine Le Pen». «L’extrême droite, c’est un fait incontestable, a commencé à se construire une base locale solide et étendue. Elle pourrait gagner dans des villes importantes» telles que Toulon, Marseille, Nice et Carcassonne, en plus d’avoir déjà remporté Perpignan. «La question des alliances sera explosive au second tour. Y aura-t-il encore un barrage républicain contre l’extrême droite ?», se demande Le Soir.
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La problématique du barrage agite la plupart des rédactions. Le Telegraph cite directement l’éditorial d’Alexis Brézet qui, dans les colonnes du Figaro, appréhende «la traditionnelle comédie des anathèmes, des oukases, des barrages et des mains tendues - au nom, pour les uns, de la lutte contre le “fascisme”, et, pour les autres, du combat contre les idées nauséabondes de Jean-Luc Mélenchon». Le cordon anti-RN a «fonctionné lors des élections législatives de 2024» mais «depuis deux ans, de nombreux Français ont changé d’avis et considèrent désormais Jean-Luc Mélenchon comme le plus dangereux des extrémistes», analyse le Telegraph. Pour Le Soir, le front «antifasciste» est assurément «un piège pour le Parti socialiste, qui cherche depuis des mois à se démarquer des saillies jugées antisémites de Jean-Luc Mélenchon».
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L’abstention, séquelle de «mois de farces politiques»
La presse étrangère s’est aussi intéressée aux autres partis, prenant note du «bilan mitigé» des Écologistes (Le Soir), mais aussi et surtout des scores «déprimants» de Renaissance (The Telegraph). Nos confrères britanniques sont impitoyables avec le parti présidentiel : «Lorsqu’il a été élu en 2017, Macron [...] avait promis que “[sa] responsabilité serait de rassembler toutes les femmes et tous les hommes”. Il a fait le contraire. Il a poussé davantage de personnes vers les extrêmes. [...] Ce sont désormais les partis dominants en France, et les divisions entre les deux sont profondes et dangereuses.» Les résultats du premier tour sont ainsi un «camouflet» pour le président de la République, note le média italien Il Giornale.
Ville par ville, la presse étrangère souligne «le score plus important que prévu» du maire sortant Grégoire Doucet à Lyon, face à Jean-Michel Aulas (The Guardian). L’édile écologiste a «réussi à remonter la pente», selon El Pais. Surprise aussi à Paris, où le quotidien espagnol note que «Grégoire devance Dati de plus de 10 points alors que les sondages ne lui donnaient qu’une avance de 2». Nos confrères estiment que Rachida Dati «sera contrainte de chercher un pacte» avec Sarah Knafo, mais que «[s]es chances [...] s’amenuisent considérablement».
Enfin, un mot sur la participation à l’échelle nationale. Pour El Pais, le taux inférieur à celui de 2014 «témoigne des séquelles sous forme d’abstention, laissées par les derniers mois de farces politiques et électorales». Sévère, mais juste.


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