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Politique 04/02/2026 09:24 Actualisé le 04/02/2026 09:27
Le ministère public a requis un an de prison et une peine d’inéligibilité de cinq ans à l’encontre de Marine Le Pen. Il ne demande pas, en revanche, d’exécution provisoire.

THOMAS SAMSON / AFP
Pourquoi le rêve élyséen de Le Pen s’éloigne malgré les réquisitions plus clémentes
Une étape bien plus aigre que douce pour Marine Le Pen. Malgré un petit coup de théâtre, et des réquisitions un brin plus clémentes que la condamnation en première instance, mardi 3 février lors du procès en appel de l’affaire dite des assistants parlementaires du FN, l’avenir politique de la cheffe de file du Rassemblement national s’assombrit encore singulièrement.
Les représentants de l’accusation ont effectivement pointé la responsabilité pénale de la leader d’extrême droite dans ces détournements de fonds publics, comme en première instance, et réclamé un an de prison et cinq ans d’inéligibilité à son encontre.
Surprise : ils n’ont pas, en revanche, demandé d’exécution provisoire, estimant que le risque de réitération n’est pas avéré. C’est pourtant ce point précis qui avait fondé la décision des juges au printemps dernier et provoqué l’application immédiate de la peine, au grand dam de la principale concernée.
Pas d’exécution provisoire, et alors ?
Le semblant de camouflet adressé aux juges de première instance peut revêtir l’aspect d’une victoire symbolique, comme l’a clamé l’avocat de Marine Le Pen à la sortie la Cour d’appel mardi soir. Mais il a surtout un goût amer pour l’intéressée car si ce même raisonnement avait été tenu il y a un an, la députée du Pas-de-Calais serait toujours éligible puisqu’un appel suspend la peine, tant que l’exécution provisoire n’est pas prononcée.
Il aurait alors suffi, par quelques artifices dilatoires et un appel à ne pas polluer la précampagne présidentielle par un inopportun procès, de faire en sorte que la nouvelle audience ne se déroule qu’après l’élection. Un délai de deux ans avant de voir un dossier à nouveau examiné est après tout fort banal.
Aujourd’hui, Marine Le Pen peut toujours envisager un recours en cassation. Si la cour d’appel suivait les réquisitions de non-exécution provisoire -elle n’y est pas formellement tenue-, un pourvoi suspendrait lui aussi la peine. Certes, mais les juges suprêmes ont déjà prévenu depuis plusieurs semaines : s’ils devaient être saisis, ils entendent bien rendre leur décision « avant la présidentielle », afin précisément de purger le cas.
Potentiel dilemme pour Le Pen
Un cadeau là aussi empoisonné ? Il aurait effectivement suffi que la Cour de cassation prenne son temps (ce qui n’est pas incongru) pour que Marine Le Pen, assurée que la décision soit postérieure au printemps 2027, puisse concourir.
Là voilà dès lors, dans ce contexte moins favorable, face à un dilemme potentiellement très délicat. En clair, si la cour d’appel confirme les réquisitions (la décision des magistrats est attendue « à l’été »), la double finaliste des présidentielles de 2017 et 2022 aura un choix à faire : soit elle se pourvoit en cassation, en misant tout sur une décision positive, au risque de retarder et de brouiller encore davantage la campagne présidentielle de son parti. Soit, elle range les armes, abandonne les ambitions d’une vie, et passe le relais à son dauphin Jordan Bardella.
Marine Le Pen avait de toute façon pris les devants, en annonçant qu’elle prendrait sa décision de candidater une quatrième fois dès la décision en appel, sans attendre que la Cour de cassation ne tranche. Tout laisse donc à penser que, exécution provisoire ou non, une peine d’inéligibilité de cinq ans aura pour conséquence une renonciation immédiate à ses prétentions présidentielles.
Pour conjurer ce sort, ses avocats vont donc devoir convaincre la cour de ne prononcer que deux années d’inéligibilité, le quantum maximum pour pouvoir candidater. Et moins de moitié moins que ce qui a été requis. La parole est à la défense.


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