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À l’aube de son accession au pouvoir, François Legault plaçait l’éducation au cœur de son engagement politique — au point d’affirmer être prêt à sacrifier son siège au nom de cette cause. Maintenant que le rideau s’apprête à tomber sur sa carrière politique, le premier ministre démissionnaire laisse derrière lui des écoles en plus mauvais état qu’à son arrivée aux commandes, il y a bientôt huit ans.
« La réussite éducative demeure l’objectif principal du gouvernement et se trouve au cœur des préoccupations », souligne le dernier budget de l’ère Legault.
Le portrait que celui-ci dresse de la vétusté des écoles québécoises s’avère toutefois accablant : 57 % des écoles primaires et 61 % des écoles secondaires se trouvent aujourd’hui dans un mauvais ou dans un très mauvais état. Une hausse respective de 13 et de 34 points de pourcentage par rapport au dernier budget signé par les troupes libérales de Philippe Couillard, en 2017-2018.
Remettre les unes et les autres en bon ordre, alors qu’elles accusent aujourd’hui un âge moyen de plus d’un demi-siècle, représente une somme qui excède 8 milliards de dollars, selon le plan annuel de gestion des infrastructures (PAGI) présenté mercredi en marge du budget — soit cinq fois plus qu’il y a huit ans.
Les chiffres dont a hérité le gouvernement caquiste à son arrivée au pouvoir « ne représentaient pas » la véritable détérioration du réseau de l’éducation, se défend le ministre responsable des Infrastructures, Benoit Charette. « Ça ne s’est pas dégradé, a-t-il affirmé mercredi. On est juste plus conscients de l’état réel de nos propriétés. »
« Le bilan de la CAQ en éducation, il est catastrophique, a rétorqué de son côté la porte-parole solidaire, Ruba Ghazal. Au lieu de se justifier, que le ministre aille les voir, les moisissures dans les écoles. »
Le gouvernement prévoit de consacrer, au cours des dix prochaines années, 23,5 milliards de dollars pour maintenir et développer les infrastructures du réseau de l’éducation, dont 78 % iront à la réfection du bâti actuel et 22 % à la construction de nouvelles structures.
Hausse des dépenses de 2,4 %
Le budget 2026-2027 hausse l’enveloppe consacrée à l’éducation de 2,4 %, pour l’établir à 24 milliards de dollars, une somme suffisante, aux yeux du gouvernement, pour couvrir les coûts récurrents de fonctionnement.
Plusieurs groupes, toutefois, voient les choses d’un autre œil. L’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) et la Fédération des centres de services scolaires estiment, quant à eux, que les coûts de système exigeaient une hausse chiffrée entre 3 et 4 %.
« Il manque près de 330 millions de dollars en éducation, déplore l’IRIS, pour simplement maintenir le seuil minimal de services. »
La Fédération autonome de l’enseignement fustige de son côté un budget qui place l’éducation « au bas des priorités » du gouvernement. « Ce n’est pas un bilan particulièrement reluisant pour un gouvernement qui disait que l’éducation était la priorité des priorités », critique sa présidente, Mélanie Hubert.
En enseignement supérieur, le budget prévoit une augmentation de 3,7 % en 2026-2027, pour établir le portefeuille de dépenses à 11,75 milliards de dollars. Le gouvernement ouvre sa bourse et engage 7,1 milliards de dollars sur dix ans pour maintenir en état les cégeps et les universités, dont 749 millions de dollars dès cette année.
Le déficit de maintien des infrastructures pour les cégeps, selon la Fédération qui les représente, s’élève toutefois, à lui seul, à près d’un milliard de dollars.


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