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Le référendum en Alberta est un sujet qui intéresse au-delà des frontières du Canada, comme en témoigne l’abondante couverture médiatique dont il a fait l’objet et continue de faire l’objet dans la presse étrangère.
Au Royaume-Uni, d’illustres médias comme la BBC et The Economist ont couvert cette actualité.
En France, Le Monde a consacré en l'espace d’un mois deux articles de fond sur le mouvement sécessionniste en Alberta, l’un sous le titre En Alberta, les partisans du divorce avec le Canada persistent et signent, et l’autre intitulé Au Canada, l’Alberta relance le pari risqué du séparatisme en intégrant la question à un référendum.
Alexandre Lepoutre, l’un des correspondants de ce journal au Canada, indique qu’un autre article, sur le référendum lui-même, est prévu avant le jour du vote ou le lendemain. Un portrait de Danielle Smith signé par ce même journaliste est également attendu la semaine prochaine.
D’autres médias français, dont Le Monde diplomatique, Libération et Courrier international, se sont également intéressés au sujet.
En Espagne, pays confronté depuis longtemps aux élans indépendantistes en Catalogne et au mouvement souverainiste au Pays basque, le sujet du référendum en Alberta n’a pas manqué de trouver un écho dans les colonnes de grands journaux.
Dans un article du 23 mai, El Mundo évoque le mécontentement vis-à-vis de politiques du gouvernement fédéral en matière d'énergie, de fiscalité et d'environnement comme principale raison de la montée en puissance du mouvement séparatiste au sein de la population.
El País, dans son édition en ligne du 8 mai, explique pour sa part que, pendant des décennies, un référendum de ce type était exclusivement associé au Québec.

Les mèmes diffusés sur les réseaux sociaux diffusent l'idée qu'une Alberta indépendante du Canada est inévitable. (Photo d'archives)
Photo : (@RiseOfAlberta/X
Du pain bénit pour Trump?
Mais c’est particulièrement dans la presse américaine que le référendum en Alberta a eu le plus d’échos, en raison de la proximité géographique… et bien plus que cela.
Dans un article du 24 août sous le titre Le référendum sur l'indépendance de l'Alberta est un pari dangereux à l'ère Trump, l’auteur, Andy J. Semotiuk, contributeur au magazine Forbes, note que cette consultation populaire survient à un moment où le Canada subit des pressions économiques et politiques de la part de l'administration Trump, en plus de faire face à des ingérences à la fois américaines et russes.
À propos d’ingérence de Washington, l’article rappelle l’existence de rencontres secrètes entre des responsables du département d’État et des leaders séparatistes, tandis que le Financial Times a rapporté que l’un de ces leaders, Jeffrey Rath, a cherché à obtenir du Trésor américain une ligne de crédit de 500 millions $ (nouvelle fenêtre) pour financer le nouveau pays que deviendrait l’Alberta, ce que le principal intéressé à démenti.
Une Alberta indépendante serait enclavée et risquerait de troquer sa dépendance vis-à-vis d'Ottawa contre une plus grande dépendance vis-à-vis de Washington, affirme par ailleurs Andy J. Semotiuk.

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, avait tenu des commentaires qui ont été perçus comme une manifestation de sympathie à l'égard du mouvement indépendantiste en Alberta. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / Eduardo Munoz Alvarez
Dans un autre article de contribution publié le 15 mai sur The Hill — un média politique en ligne établi à Washington — Andrew Latham, professeur de relations internationales au Macalester College de Saint Paul, dans le Minnesota, rappelle que les griefs de l’Alberta contre Ottawa ne datent pas d’hier.
Il ajoute : « Ce qui est nouveau, c’est l’architecture juridique [l’assouplissement des règles en matière d’initiative populaire en Alberta, ndlr], une campagne de pétition efficace et quelque chose dont le mouvement n’a jamais disposé auparavant : l’attention du gouvernement américain. »
Cela dit, l’Alberta ne va pas quitter le Canada, écrit Andrew Latham dans sa chronique sous le titre L'Alberta s'apprête à organiser un référendum, Washington n'y est pas préparé, notant que l’administration Trump a toutefois déjà pris des décisions aux conséquences réelles, et ce, sans aucune stratégie.
Tout en avertissant que les intérêts américains seraient menacés en cas de crise constitutionnelle au Canada, le chroniqueur de The Hill met également Washington en garde contre les risques géopolitiques d’une telle situation. Selon lui, cela créerait un vide dont des pays, comme la Chine, pourraient tenter de tirer parti.
Dans un article d'opinion au vitriol publié dans le New York Times le 3 septembre, Curtis Gillespie, un collaborateur de ce journal établi à Edmonton, n'y est pas allé par quatre chemins pour accuser le président Donald Trump de tenter de fragmenter le Canada.
« Le plus grand service qu'il rend aux séparatistes de l’Alberta n’est pas de promouvoir l’indépendance de cette province, mais bien de saper la souveraineté du Canada. »


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