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Le recours à la force de la GRC remis en question dans l’arrestation d’une Autochtone

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La famille de Rose Angus, une Autochtone, est en quête de réponses après l'arrestation de la quadragénaire par deux agents de la Gendarmerie royale du Canada à la Première Nation Makwa Sahgaiehcan, lundi dernier.

Attention :

Cet article contient des détails et des images qui peuvent choquer des lecteurs.

L'arrestation, captée par des témoins et largement diffusée sur les réseaux sociaux, montre une bagarre survenue dans l'entrée d'une résidence impliquant deux agents du détachement de Loon Lake et Rose Angus.

Sur les images, un policier frappe la femme au visage à plusieurs reprises tandis qu'un second fait usage d'un pistolet à impulsion électrique (Taser) pour la maintenir au sol.

L'Équipe d'intervention de la Saskatchewan en cas d'incident grave (SIRT), l'organisme de surveillance indépendant de la province, a ouvert une enquête sur l'intervention des deux agents de la GRC impliqués dans cette affaire.

La Première Nation de Makwa Sahgaiehcan est située à environ 300 kilomètres au nord-ouest de Saskatoon.

Deux arrestations visées et des accusations déposées

Selon la version transmise par la GRC, les policiers ont été appelés vers 5 h pour la présence d'une personne intoxiquée par la drogue dans la rue. Sur place, les agents ont repéré un homme qui faisait l'objet d'un mandat d'arrêt entrer dans une maison.

L'intervention a mené à l'arrestation de deux hommes recherchés, soit un individu de 30 ans d'Edmonton et un homme de 28 ans, issu de la communauté.

Une capture d'écran de la vidéo de l'arrestation de Rose Augus. Elle est emmenée par la police, le visage blessé.

Une capture d'écran de la vidéo de l'arrestation de Rose Augus. Elle est emmenée par la police, le visage blessé.

Photo : Taynoah Angus

La GRC affirme que Rose Angus est alors devenue récalcitrante et qu'elle aurait frappé deux policiers. Après l'affrontement, elle a été traitée par du personnel paramédical pour des blessures qualifiées de mineures, avant d'être conduite au détachement.

Rose Angus fait face à plusieurs accusations, dont deux accusations de voies de fait contre des agents de la paix, deux accusations d'entrave, deux accusations de résistance à l'arrestation et une accusation de possession de cocaïne.

Appels à la responsabilité

Mabel Angus, la mère de Rose, dénonce le recours à la force des agents lors de l'intervention et remet en question la nécessité d'utiliser un tel niveau de violence à l'égard de sa fille.

Elle indique qu'elle compte entreprendre des démarches juridiques contre les agents impliqués.

Rose Angus.

Mabel Angus raconte que sa fille Rose défendait les familles et toutes les personnes souffrant de dépendances. Cependant, il y a environ deux ans, sa vie a pris un mauvais tournant et elle s'est retrouvée dans un mauvais environnement.

Photo : Taynoah Angus

La Fédération des nations autochtones souveraines (FSIN), le Conseil tribal de Meadow Lake (MLTC) ainsi que le chef de Makwa Sahgaiehcan, Melvin Mooswa, ont conjointement exigé des comptes et une totale transparence sur cet événement.

Nos femmes méritent d'être traitées avec dignité et respect en tout temps. Deux agents entraînés et équipés disposaient d'un avantage physique évident [...]. Notre communauté mérite des réponses.

Le chef de la FSIN, Bobby Cameron, a, pour sa part, rappelé que, si les policiers disposent du pouvoir légal d'employer la force, ce pouvoir s'accompagne d'une responsabilité de retenue et de discernement. Il insiste sur le fait que le contexte ne doit pas servir de justification à un manque d'imputabilité.

Initialement, la direction du district de la GRC avait estimé, après examen des caméras d'intervention des agents, que l'usage de la force était raisonnable et qu'il n'y avait pas lieu de saisir la SIRT en raison du caractère mineur des blessures.

Toutefois, devant la vive réaction du public et des dirigeants locaux, la GRC a changé sa position et a demandé formellement à la SIRT d'assumer la responsabilité de l'enquête au nom de la transparence.

La police fédérale a précisé que les vidéos des caméras d'intervention seront déposées comme preuves devant les tribunaux et que les deux agents impliqués demeurent en fonction pendant le déroulement de l'enquête.

Avec les informations de Creeson Agecoutay

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