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Le record de température au sol sur Terre dépasse les 80°C : le désert qui le détient n’est pas celui que tout le monde imagine

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Le thermomètre le plus affolant de la planète ne se trouve ni dans le Sahara, ni dans la Vallée de la Mort, ni même en Australie. Il est en Iran. 80,8°C au sol : c’est le chiffre enregistré par les satellites de la NASA dans le désert de Lut, au sud-est du pays. Un record qui redistribue complètement la carte des extrêmes thermiques de la Terre, et qui reste étonnamment méconnu du grand public.

À retenir

  • Un désert iranien inconnu du grand public dépasse tous les records de chaleur au sol jamais mesurés
  • Les satellites de la NASA capturent des températures 30°C plus élevées que ce que les thermomètres traditionnels enregistrent
  • Le Sahara, malgré sa réputation légendaire, ne figure nulle part dans le classement des lieux les plus chauds

Sommaire

  1. Un record mesuré depuis l’espace, pas depuis le sol
  2. Le désert de Lut, champion par accumulation de handicaps
  3. Et le Sahara dans tout ça ?
  4. 80°C : ce que ça signifie concrètement

Un record mesuré depuis l’espace, pas depuis le sol

La subtilité est là, et elle change tout. Contrairement aux températures de l’air, mesurées entre 1,5 et 2 mètres au-dessus du sol, la température de surface reflète la chaleur absorbée par la terre elle-même. C’est ce que capte l’instrument MODIS, embarqué à bord des satellites Terra et Aqua de la NASA : non pas l’atmosphère, mais la peau brûlante du sol. L’Organisation météorologique mondiale reconnaît officiellement 56,7°C comme la température atmosphérique record, mesurée le 10 juillet 1913 à Greenland Ranch dans la Vallée de la Mort, en Californie. Mais cela, c’est l’air à hauteur d’homme. Le sol, lui, joue dans une autre catégorie.

Pour s’en convaincre, une expérience banale suffit : poser le pied nu sur du bitume en plein août à 15h. La surface terrestre absorbe davantage de rayonnement solaire et retient plus de chaleur que l’air. Dans un désert aux conditions extrêmes, cet écart peut dépasser 30°C entre le sol et l’air ambiant. À la Vallée de la Mort, le 15 juillet 1972, une température maximale au sol de 93,9°C a été mesurée pendant qu’il faisait « seulement » 53,3°C à hauteur d’homme. Le sol vit dans un monde à part.

Le désert de Lut, champion par accumulation de handicaps

S’étendant sur environ 7 000 miles carrés (plus de 18 000 km²) dans le sud-est de l’Iran, le désert de Lut est un paysage d’extrêmes. En persan, « lut » désigne une terre nue, dépourvue d’eau et de végétation. Le nom dit tout. Mais c’est la géographie du lieu qui en fait une fournaise sans équivalent.

Le sable de Lut a été noirci par de la lave volcanique, ce qui le rend très absorbant, et les montagnes qui entourent le désert limitent la circulation de l’air. Résultat : une chaleur qui s’accumule sans jamais s’échapper. Les montagnes qui ceinturent le désert créent une ombre pluviométrique qui maintient la région en état d’hyper-aridité. Dasht-e Lut reçoit probablement moins de 30 millimètres de précipitations par an. Trente millimètres : c’est ce que Paris reçoit en une semaine ordinaire de novembre. Ici, c’est le bilan annuel.

Une étude s’appuyant sur 18 ans de données MODIS a établi que la température de surface la plus haute du monde, soit 80,8°C, a été observée dans le désert de Lut en Iran et dans le désert de Sonoran au Mexique. Ce chiffre dépasse de plus de 10°C le précédent record mondial de 70,7°C enregistré en 2005. La mise à jour du logiciel satellite de la NASA avait simplement permis de voir plus précis, en passant de pixels de 5 km à 1 km de résolution. Cette amélioration logicielle a fait apparaître des points encore plus chauds dans le champ de vision des instruments.

Et le Sahara dans tout ça ?

C’est le malentendu le plus répandu en géographie climatique. Le Sahara domine les imaginaires : immensité (plus de 9 millions de km²), soleil impitoyable, dunes à perte de vue. Mais le désert de Lut détient le record absolu de température de surface mesurée sur Terre, à 80,8°C au sol. Le Sahara, malgré sa réputation, ne détient pas ce titre. La température moyenne maximale dans le Sahara dépasse 38 à 40°C en période la plus chaude dans presque tout le désert, ce qui est certes redoutable, mais loin des 80°C de Lut.

Le désert Sonoran, à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, partage techniquement ce record de 80,8°C avec Lut. Mais il n’atteint ces températures extrêmes pas aussi fréquemment que le désert de Lut. Le record du désert de Sonoran coïncide d’ailleurs avec un épisode de La Niña particulièrement intense. : pour Sonoran, il faut un alignement climatique rare. Pour Lut, c’est structurel.

Un détail que peu d’articles mentionnent : la région semi-désertique de Djibouti a enregistré jusqu’à 80,7°C en 2017, soit 0,1°C sous le record de Lut. Le podium des sols les plus chauds de la planète s’étend donc de l’Iran à la Corne de l’Afrique, en passant par le nord du Mexique. Le Sahara, lui, n’apparaît dans aucune de ces positions.

80°C : ce que ça signifie concrètement

En 2020, il n’existait aucune station météorologique permanente dans le désert de Lut. Personne n’y vit, et pour cause : à 80°C, le sol carbonise en quelques minutes tout ce qui s’y pose. À cette température, un œuf cuit en moins de 3 minutes et la plupart des appareils électroniques tombent immédiatement en panne.

Et pourtant, la vie résiste. Des libellules, geckos, souris, lézards, renards et serpents ont pu être observés par des scientifiques dans cette zone. Des renards de Rüppell, des chats des sables et des geais terrestres iraniens prospèrent la nuit, tout comme des reptiles qui nichent dans des terriers. Ces animaux ont développé des stratégies d’évitement radical : activité nocturne exclusive, enfouissement diurne, cycles de vie calés sur les rares semaines tempérées de l’hiver.

Le désert de Lut est inscrit depuis 2016 sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce classement a été accordé notamment pour ses yardangs, ces sculptures naturelles créées par l’érosion éolienne, certaines atteignant 155 mètres de hauteur et visibles depuis l’espace. Un endroit qui détient le record de chaleur au sol et un classement UNESCO : c’est peut-être l’un des paradoxes géographiques les plus saisissants de notre planète.

Sources : demotivateur.fr | tresorsdumonde.fr

Yohan D

Rédigé par Yohan D

Vulgarisateur scientifique depuis plus de dix ans, je m’intéresse à la géographie, aux technologies et à l’environnement. J’espère attirer votre attention sur des sujets captivants !

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