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Trouver un emploi à l’Île-du-Prince-Édouard relève souvent du défi, particulièrement pour ceux qui souhaitent travailler en français. Pour pallier cette difficulté, le RDÉE Île-du-Prince-Édouard a lancé un nouveau service d’appui à l’emploi. Ce programme gratuit vise à bâtir des ponts solides entre les chercheurs d’emploi francophones et les employeurs de la province.
Lancée en septembre dernier, cette initiative s'inscrit dans un réseau national déployé par les RDÉE à travers le Canada. Sur l'île, l'équipe accompagne déjà une vingtaine de personnes réparties entre Charlottetown, Summerside et Wellington.
Le service propose une gamme complète d'outils : aide à la rédaction de CV et simulations d'entrevues, stratégies de recherche d'emploi, et surtout un accès privilégié aux réseaux d'employeurs.

Le service d'appui à l'emploi du RDÉE dispose de bureaux à Charlottetown, Summerside et Wellington.
Photo : Radio-Canada / Marine Ernoult
Selon Kevin Quiblier, gestionnaire du service, l’objectif est d’offrir aux francophones et francophiles un point d’ancrage pour leurs recherches, qu'il s'agisse d'un premier emploi, d'un projet de carrière ou d'une reconversion.
Le principal obstacle à l’Île-du-Prince-Édouard réside dans la nature même de son économie : une petite communauté où le réseautage informel prime sur les annonces officielles.
Pour les nouveaux arrivants, briser la glace peut s’avérer complexe, d’autant plus que l’anglais reste souvent indispensable.
Ça peut être un défi, parce qu'on a quand même beaucoup d'emplois en priorité anglophone, avec moins de demandes de profils bilingues ou francophones.
Briser la barrière du marché caché
Athéna Quirin, originaire de l’île Maurice et diplômée de l’Université de l'Île-du-Prince-Édouard, illustre cette réalité. Malgré ses qualifications, elle cherche un poste depuis plus d’un an. Cette semaine, elle a eu son premier rendez-vous avec le service emploi du RDÉE à Charlottetown.
C'est vraiment difficile, surtout quand on est francophone. À l'île, c'est une communauté vraiment très liée, donc c'est un peu difficile d'entrer dans ces communautés.
Deb O’Hanley, sa conseillère, confirme que le marché du travail à l’île repose principalement sur le bouche-à-oreille.
Le problème ici, c’est qu’il faut connaître les gens pour qu’ils soient à l’aise avec vous et vous fassent confiance, explique-t-elle, confirmant que le marché caché est la véritable clé du succès.

« On a fait pas mal de réseautage à l'ouverture du service d'appui pour se faire connaître », explique Deb O’Hanley, conseillère en emploi du RDÉE Île-du-Prince-Édouard.
Photo : Radio-Canada / Marine Ernoult
Sans réseau et sans voiture, les options d'Athéna Quirin sont limitées et les réponses des employeurs se font rares. Elle place désormais beaucoup d'espoir dans l'accompagnement du RDÉE pour lui ouvrir des portes.
J'aimerais que ces communautés nous donnent la chance de pouvoir nous intégrer à l'île en tant qu’immigrant, confie-t-elle.
Redonner confiance
Pour contrer l'isolement des candidats, le RDÉE mise sur une approche proactive. Emmanuelle Camara, responsable des relations avec les employeurs, va directement à la rencontre des entreprises, notamment anglophones, pour leur démontrer qu'un profil bilingue est un avantage stratégique.
Après avoir rencontré une soixantaine d’entreprises, le constat est encourageant : si la communauté francophone est parfois méconnue des anglophones, l'intérêt est bien là.
Les employeurs sont très ouverts d’esprit, dans le sens où ils voient le bénéfice pour leur entreprise d'avoir une personne qui parle français dans leur équipe.

Emmanuelle Camara, responsable des relations avec les employeurs au sein du RDÉE Île-du-Prince-Édouard, démarche des entreprises dans tous les secteurs d'activités et dans toutes les régions de la province.
Photo : Radio-Canada / Marine Ernoult
Au-delà de l'aspect administratif, le service offre un soutien moral crucial. La conseillère Deb O’Hanley agit comme une véritable mentore auprès de ses 10 clients actuels.
Elle les aide à traduire leurs compétences pour le marché local et les suit de manière intensive pendant trois mois.
Je suis ton cheerleader, je t'accompagne, t'es plus seul et on va trouver ensemble.
Des résultats concrets
Pour elle, le travail consiste aussi à redonner de l'entrain à ceux qui se découragent, en leur montrant que leurs compétences sont transférables et que le niveau d'anglais requis n'est pas toujours un obstacle insurmontable pour tous les postes.
Le succès est déjà au rendez-vous. Leandro Passarini, un professionnel bilingue originaire du Brésil, formé en génie forestier, témoigne de l'efficacité du programme.
Le RDÉE m’a beaucoup aidé pour m’intégrer davantage et faire du réseautage dans le milieu francophone de l’île. Ça m'a ouvert de nouvelles portes.
Alors que le financement du projet est assuré jusqu'en 2030, Kevin Quiblier espère déjà pérenniser le service au-delà de cette échéance. Le lancement officiel du service d'appui à l'emploi aura lieu le 14 mai prochain au Carrefour de l'Isle-Saint-Jean.


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