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Des recherches récentes alertent sur les conséquences d'un ralentissement prononcé de la circulation océanique atlantique (AMOC) pour les grandes régions céréalières du globe, avec des répercussions directes sur la sécurité alimentaire et les prix des denrées de base. Une étude relayée par Live Science analyse en détail les effets néfastes qu'aurait une telle perte de vitesse.
L'AMOC, ce «tapis roulant» océanique qui transporte la chaleur des tropiques vers l'hémisphère Nord, est aujourd'hui au plus bas depuis plus de mille ans, ayant perdu entre 10% et 20% de sa force sous l'effet du changement climatique. Des estimations récentes suggèrent même un affaiblissement pouvant atteindre près de 50% d'ici la fin du siècle dans certains scénarios, renforçant l'urgence de comprendre ses impacts.
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Dans l'étude encore en prépublication, les chercheurs ont simulé 100 ans d'évolution climatique avec un réchauffement de +2°C par rapport à l'ère préindustrielle. Dans un premier scénario, ils ont imposé un ralentissement de l'AMOC sur les 50 premières années, et n'en ont forcé aucun dans un second. Les résultats reproduisent des signaux déjà documentés: refroidissement large dans l'hémisphère Nord et déplacement vers le sud de la ceinture tropicale de pluies, des effets considérés comme irréversibles à l'échelle humaine.
En superposant des modèles de cultures (blé, maïs, riz) aux simulations AMOC, l'équipe obtient une baisse moyenne de 5,3% des rendements mondiaux de ces céréales à l'horizon de 50 ans. Cependant, cette moyenne masque des pertes régionales sévères: jusqu'à 19% de rendements céréaliers en moins en Allemagne et en Ukraine, et environ 12% au Canada, en raison d'un refroidissement brutal.
Des zones critiques sous pression hydrique et thermique
Le modèle fait apparaître une forte réduction des précipitations sur le sous-continent indien, le Pakistan et de larges parties de la Chine, ainsi que des baisses marquées de pluies en Iran, au Soudan et en Érythrée, pays déjà en fort stress hydrique. Ces évolutions, couplées à un déplacement de la zone de convergence intertropicale, menacent la viabilité de certaines agricultures et accentuent les risques de sécheresses et d'échecs de récoltes.
Parce que le chiffre de 5,3% est une moyenne, certaines années pourraient enregistrer des pertes céréalières mondiales de 10% ou plus, ce qui ferait mécaniquement monter les prix. L'étude projette ainsi une hausse des prix alimentaires mondiaux de 17% à 40%, selon la rapidité d'ajustement de l'offre, le degré de préparation des États et la possibilité d'étendre durablement l'agriculture dans des zones comme le Sahel africain ou le Brésil.
Dans ces scénarios, les États-Unis ne seraient pas protégés: le modèle indique des pertes d'environ 3% pour le blé et le maïs domestiques, avec des effets en cascade sur les filières animales et transformées qui dépendent des céréales. Par ailleurs, un affaiblissement majeur de l'AMOC rendrait le commerce international encore plus indispensable, car des régions comme l'Inde, la Chine, l'Iran, la Russie, l'Ukraine ou le Canada ne pourraient absorber le choc qu'en important davantage.
Les auteurs soulignent le danger d'une mauvaise adaptation à ces changements: préparer les systèmes agricoles à un monde plus chaud puis subir un basculement climatique différent pourrait aggraver les pertes. Des réactions protectionnistes (restrictions à l'export, stockage massif) similaires à celles observées lors de crises passées (crise financière mondiale de 2008, pandémie du Covid) amplifieraient fortement l'impact du ralentissement de l'AMOC sur les marchés. En l'état, il n'existe pas de «mode d'emploi» clair face à un tel signal d'alerte, mais les chercheurs plaident pour des plans d'action rapides et coordonnés. Pour eux une chose est claire: un effondrement de ce courant serait catastrophique.





























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